S G È NE XI V
frTRMiN, ]1YAC1NTHE.
HYACINTHE, un peu pris de vin.
Ah! mon ami t que viens-tu dem'apprendre?...Lucette...« Quoi ! Lucetle , cette femme adorable et cruelle serait ici ?
FIRMIN
Je vous dis que je l'ai parfaitement reconnue; d'ailleurs , le cocher de la di'ipence l'a nommée devant moi 5 elle est descendue chez Denise, son ancienne amie.
HYACINTHE
Ah! Dieu, quel événement!.... Tu dis qu'elle est en noir?
FIRMIN
Le conducteur m'a assuré qu'elle était veuve.
HYACINTHE
Veuve!.... vous verrez que son mari sera mort.
FIRMIN
Case pourrait bien. Mais que vous est-il donc arrivé ?
HYACINTHE
Ne m'en parle pas. En le quittant, je trouve un de mes amis intimes, que je n'ai jamais vu, qui me fait compliment sur mon mariage , et me force d'entrer dans un cabaret. A deux pas de là , je trouve deux autres amis intimes, qui me font aussi leur compliment: si bien que, de complimens en, complimens , nous avons visité tous les cabarets du village.
FIRMIN
Comment donc! cela vous donne un air entreprenant qui vous sied à merveille!
HYACINTHE
Tu crois donc, mon cher Firmin, que c'est pour moi qu« Lucette fuit Paris , le monde , les plaisirs ?
Firmin.
La chose est assez claire : elle vous aimait, on l'a sacrifiée ; elle redevient libre, et toujours aussi tendre; elle accourt? vous offrir sa main et sa fortune.
hyacinthe, chancelant.
Sa fortune!.... ah! mon ami!.... l'émotion
Firmin.
D'abord, en entrant chez Denise, elle n'a rien eu de plus pressé que de parler de vous.
hyacinthe.
Vraiment !.... pauvre petite !
Firmin, avec la voix da femme.
Comment se porte M. Hyacinthe ?.... que fait M. Hyacinthe?.... M. Hyacinthe ne songe-t-il pas à Se marier? hyacinthe.
Je te l'avais bien dit: cette femme-la m'aime, comme oa n'aime pas! si je pouvais la voir un seul instant?
FIRMTN.
Pas d'imprudence, au moins; Songea qu'une veuve a des Juénagemens à garder.
Certainement : la vertu, là ; udeur ! Diable*'.... pourvu 'que mon oncle ne l'ait fis aperçue.
firmin.
Il est sur le port, occupé de ses bateaux, de ses filets; à votre place, je craindrais davantage cette, petite Adèle. Que va-t-elle devenir, en apprenant votre changement ?
HYACINTHE
Au fond, j'en suis navré ; mais de bonne-foi , puis-je désespérer une femme qui se jette a ma tète?
FlR Ml ri.
Fi donc , ce serait barbare !
HYACINTHE
Puis-je repousser une fortune qui va me donner une existence, uurang?... là... le puis-je:'
11 n'y a pas a balancer Chût ! tenez, tenez , on ouvre
la porte; en vous a sans doute entendu.
HYACINTHE
Quel moment! mon ami , ne m'abandonne pas.
FIRMIN
Cachons-nous d'abord, pour ne pas l'effrayer.
( Ils se retirent au fond. )