SCÈNE XVI
les mêmes, ADELE , à la fenêtre de Denise.
DENISE
Quevois-je, ôCiel! c'est lui, c'est ce monstre, l'auteur <îe tous mes maux !
hyacinthe.
Ah! madame, est-il possible que la vue de ma présence yous irrite a ce point?
adèle, à part.
Bon ! il s'enilamme déjà !
denise, plus tendrement.
Hyacinthe , venez-vous jouir de ma douleur ?
HT ACINTHF.
Moi je serais assez barbare!... Ah! non, ne voyez en. moi qu'un amant, que l'amant le plus tendre, le plus soumis , le plus
DENISE
Vous m'aimeriez encore ?
HYACINTHE
Si je vous aime !.... Demandez à mon ami Finnin? il sa-.. ce qui eu est.
FJRMIN.
Oh! pour cela, il ne cesse de me parler d 5 vous.
Mais comment justifier votre oubli?
HYACINTHE
Je n'avais plus d'espoir.
HhMSE.
Ingrat! avez-vous pu le noue!
HYACINTHE
Vous m'aviez dit cjue vous ne m'aimeriez jamais.
DENISE
Hélas! mon cœur vous disait le contraire!
HYACINTHE
Vous m'aviez défendu votre porte.
DENkSE.
Cruel! je craignais de céder au tendre sentiment que vous m'inspiriez.
HYACINTHE
Enfin, vous avez épousé M. Duclos.
DENISE
Je voulais éprouver vôtre tendresse.
firmin , bas.
Vous l'entendez {
Ah ! vous me ravissez.... De grâce , levez ce voile qui vous, dérobe à mon amour.
Denise , jouant le dépit.
Lever mon voile , perfide $ le méritez-vous.' Je sais tout, monsieur, je sais tout.... Malheureuse que je suis ! la mort d<? M. Duclos me rend maîtresse de mon sort. Je pars aussitôt, je vole, j'arrive; j'apprends qu'oubliant vos promesses, vous allez épouser une petite fdle , une villageoise !
HYACINTHE
Ah! ne le rroyez pas! c'est une petite paysanne d'une figuré fort commune, sans esprit, sans grâce, sans tournure. adele , à part.
Oh ! le monstre!
firmin, bas.
Courage ! je suis sûr qu'elle est enchantée!
DEBISE.
Ce qui me déplaît le plus, c'est qu'on croira peut-être que* je suis venue vous éblouir par ma richesse ; mais combien on se tromperait! De toute la fortune de mon mari , il n* Uie reste plus que dix mille écus à-peu-près
HYACINTHE
Dix mille écusî
DENISE
Oui , et le peu d'attraits que j'ai , voilà toute ma dot.
HYACINTHE, arre frit.
Et comptez-vous pou* rien la bonté , la douceur, ce es» ratère heureux?
DEMSE.
Oh! pour le caractère, j'en conviens.
Air ; Ma fortune est assez minci-
Je suis d'un bon caractère , Chacun vante ma douceur; îilais coquett', vive ou légère, J'e change souvent d'humeur.
Pour peu que Ton me raisonne , Je m'emporte à tout instant j Et jamais je ne pardonne Une offense, un mot piquand
HYACINTHE
Quel bon coeur !
Qa'ell1 candeur!
C'est un modèr de douceur! (bis.),
DENISE
Cette petite Adèle était sans doute mieux partagée? Hyacinthe, se passionnant.
Que dites-vous ?... Ah ! qu'elle est loin de posséder tant de charmes !..,. Non , elle ne peut avoir cette taille élégante et majestueuse , cette tournure mélancolique , cette bouche aérienne, ces bras romantiques , ces yeux , ce teint, ces dix mille éctis, ce caractère égal Enfin tous les agrémens !
DENISE
Vous me jurez donc que vous ne l'épouserez jamais ?
HYACINTHE
Je le jurerai devant l'univers , s'il le faut, (à part) Ell« est a moi !
denise , à part.
\\ est pris .'
firmin , à part.
Nous le tenons!
adeee , à Firmin.
Cours chercher tout not' monde.
firmin , en s or tarir.
J'y vole. Oh.' pour cette fois , il sera bien fin s'il s'en tire.