SCENE VIH
ENSEMBLE
ALICE et BERTRAND. ALBERIC.
O surprise extrême ! O bonheur extrême ! C'est lui!... c'est lui-même! C'est celle que j'aime ! Oui, defiaveurje tremble, hélas! Dieux! que de grâces et d'appas! Et n'ose pas faire un seul pas. Que j'aime ce tendre embarras ! CATHERINE. RAIMBAUD.
O bonheur extrême ! O surprise extrême ! C'est celui qu'elle aime ! C'est lui!... c'est lui-même ! Ils n'osent pas faire un seul pas : Je crains quelques fâcheux éclats , Je conçois bien leur embarras. Et pour lui seul je tremble, hélas ! RATMBAUD.
Oserais-je vous demande)1 au moins par quelle imprudence je veux dire par quel hasard nous vous voyons
en ces lieux ?
ALBÉRIC
L'événement le plus simple... j'avais à parler à un ancien serviteur du comte Albéric... au brave Raimbaud.
BERTRAND , à part.
Oui , brave... pas plus que nous...
ALBÉRIC
Et en entrant dans ce village, j'allais m'imformer de sa demeure, lorsqu'une gentille demoiselle est venue avec courtoisie me prier de vouloir bien dîner chez lui... en famille...... Vive Dieu ! j'ai accepté sur-le-champ;
d'abord , parce que dans mon état de chevalier errant je n'ai jamais refusé une jolie fille... et puis ensuite, s'il faut vous le dire, j'ai un appétit d'enfer. BERTRAND , bas à Alice.
C'est ça ; c'est la faim qui le chasse hors du bois.
ALBÉRIC
Et si vous en douiez, bienlôt j'espère vous en donner la preuve. Mais qu'as-tu donc? d'où vient cet air d'inquiétude?
BERTRAND
Il n'y a peut-être pas de quoi...
RAIMBAUD
Qui , moi... je n'ai rien... mais je voulais seulement
2i LE LOUP-GAKOU,
vous faire observer, pour vous et dans votre intérêt, que nous avons beaucoup de monde à ce repas... l'intendant de messieurs les ëchevius...
ALICE
Trois arquebusiers!...
BERTRAND
Et moi , qui suis là... Faut l'effrayer pour qu'il s'en aille.
ALBÉRIC
Tant mieux; j'aime la bonne société, et nous ferons connaissance car, excepté toi, je présume que personne ici ne me connaît...
RAIMBAUD
Il peut s'en trouver d'autres, et il ne serait pas prudent , peut-être...
ALBÉRIC, j-egardant Alice.
De quitter ces lieux... je m'en garderai bien... j'y suis trop heureux... Seulement, je te demanderai de me placer à table à coté de cette gentille enfant. BERTRAND.
Oui, gentille à croquer!... Eb bien ! c'est sans gêne... Est-ce qu'il se croit ici chez lui?... Est-ce que nous sommes dans un bois?...
CATHERINE
Aimez-vous mieux qu'il soit à côté de vous?
BERTRAND
Non pas, non pas; surtout après la pointe d'appétit qu'il a manifestée ; parce que dans ce cas-là , on n'est pas dillicile et on prend ce qu'on trouve... Mais quand je pense, mademoiselle Catherine, que c'est vous qui l'avez mené dans la bergerie...
CATHERINE
Qu'est-ce que vous dites donc?
BERTRAND
C'est bon, mademoiselle, je m'entends.... car, ces jeunes filles, qui ne pensent à rien, vont comme ça,