SCENE XIV
VAXMONT, MADAME D'HÉB \\< Y.
MADAME d'IIÉRANCV.
On vient de m'apprendre , Monsieur . que votre ehaise de poste était raccommodée.
VALMONT
Comment, c'est fini? (« part.) Ali ! mon Dieu! je m pensais pas à cela.
MADAME D'HÉRANCY.
Je craindrais d'abuser de votre complaisance en vous retenant davantage. Vos raomens sont précieux... et vous méditez sans doute d'autres conquêtes plu^ importantes que celle d'Adrienne.
VALMONT
Comment, Madame , elle vous a dit...
MADAME D'HÉRANCY.
Ah! elle m'a tout raconté... la déclaration... l'or... les menaces... enfin, les grands moyens; et il me semble, s'il m'est permis de donner mon avis , que vous les prodiguez un peu.
VALMONT
Quoi! Madame, vous pourriez croire que c'est sérieusement?...
MADAME I^HÉRANCY.
Du tout , Monsieur , je n'en crois pas un mot : vous vouliez rire , et voilà tout.
VALMONT
Maïs non... je vous atteste que je n'avais pas la moindre intention; et la preuve, c'est que je désirais vous voir et vous parler... parce que j'aurais une confidence à vous faire.
madame d'hérancy, riant.
Une confidence? à moi?
VALMONT
Oui; c'est un secret que j'étais fort embarrassé de vous dire... et dont, je suis bien sûr... vous ne vous doutez pas.
madame d'hérancy , le regardant en riant.
C'est ce qui vous trompe... et j'ai deviné d'avance ce que vous alliez me dire.
VALMONT
Comment!... Il serait possible?...
madame d'hérancy , toujours le raillant. Oui, sans doute... il n'y a pas moyen de s'y mé-
prendre... cet air ému , agile... ce trouble de rigueur!... Vous allez me dire que vou.s è^es amoureux?
VALMONT, se jetant vivement à ses pieds. Oui , Madame, c'est la vérité ! je n'osais p;is vous l'avouer; mais enfin, puisque vous daignez m'encourager...