M. DE S AU Y II É
11 me semble que cela en avait tous les caractères.
VALMONT
Eli bien! vous éios dans l'erreur, et ce n'était qu'un» déclaration indirecte.
M. DE SAUVRÉ.
Indirecte !... qu'est-ce que cela veut dire?
VALMONT
Cela veut dire que ce n'était pas à Madame qu'elle était adressée ; et , si j'étais à ses genoux , c'était pour la supplier de parler pour moi auprès de sa sœur. MADAME d'hÉRANCY.
J'avoue que je ne m'attendais pas à celui-là !
M. DE SAUVRÉ.
Ni moi non plus; et, quetqu'e'loge qu'on m'eût fait de vos talens, je ne vous aurais jamais supposé tant de ressource et tant de présence d'esprit.
VALMONT
Comment , Monsieur, vous ne me croyez pas?
M. DE SAUVRÉ.
A d'autres , Monsieur , je ne m'y laisse pas reprendre deux fois.
VALMONT
Mais je vous répète que je ne suis venu ici que pour Amélie , que je l'aime , que je l'adore I MADAME D'HÉRANCY.
Eh! mais, sans doute , ce ne peut être autrement : c'est ce que vous disiez à Adrienne ; c'est ce que vous me disiez à moi-même.
M. DE SAUVRÉ.
Enfin, Monsieur, calculez... depuis une heure trois femmes à la fois !... Il est vrai qu'il n'y en a pas d'autres dans le château.
Quoi! je ne pourrai pas vous convaincre; je ne sais pas , dans mon désespoir , de quoi je ne serais pas capable !
MADAME D'HÉRANCY.
Je m'y attendais... quelques scènes de pistolets!
VALMONT
Eh! non, Madame; mais vous croirez du moins à la
parole d'un homme d'honneur... el quand je vous atteste que je n'aime et que je n'ai jamais aimé qu'Amélie, votre pupille...
M. DE S UYRÉ.
Parbîeù! c'est trop fort! et je veux me donner le plaisir de le convaincre, [apercevant Ami-lie.}
SCEIVE XVI.
les précédens , AMELIE , ADRIENNE.
M. DE SAUVRÉ , bas à Valmont.
Puisque vous l'aimez, Monsieur, puisque vous l'adorez, vous allez avoir la bonté de lui faire votre déclaration, ici , à l'instant même, ( on la voit.) car elle vient de ce coté.