‹ Les petits appartemensChapitre 85 sur 356 · A.MÉLIE ET ADRIENNE · texte numérisé non relu

A.MÉLIE ET ADRIENNE

Qu'a-t-il donc? comme il est tremblant!

valmont , s' approchant d'Amélie.

Certainement... Mademoiselle...

La circonstance ou je me voi Est étrange... autant que nouvelle, Car on semble... exiger de moi Ce que d'abord. . et de moi-même...

M. de sauvré , bas à Val m on t.

Du positif...

VAL3IOXT.

Ce que d'abord, Et comme une laveur extrême, J'aurais imploré... de moi-même, Oui... de moi-même... et sans effort... {il s'arrête et ne peut continuer.)

ENSEMBLE

VALMOXT. M. DE SAUVRE, ADRJENXE ET

MAD. d'hÉRAXCY. AMÉLIE.

Ah! c'est vraiment trop difficile, Il se trouble, il reste immobile. Il se trouble, il reste immobile. Bien n'égale mon embarras : Voyez d'ici son embarras : D'où provient doue son embarras? J'ai beau faire, c'est inutile, Oui, cette épreuve est inutile. Mais est-ce donc si difficile? lucidement je ne peux pas. Décidément il ne veut pas. Décidément il n'ose pas.

M. DE SAUVRÉ , à Val mon t.

Eh quoi! vous cardez le silence?

VALMONT, a Jmel/c-.

Eh bien! si vous did^nez d'avance M'approuver, et si l'espérance...

M. de sauvré, bas à Valmont.

Entendez-vousr. du positif!

VALMOM , de même.

3 ewiénas bien.

(à Amélie.)

Et si l'espéi aVicé De voir approuver le motit , C'csl-à-dire... ou plutôt... non pas que fe bal niée...

M;ns vous-même uVvez bien voir...

Que la crainte. j. et l'espoir.

ENSEMBLE

VALMONT. M. DE SAUVRE , ADRIEXNE ET

MAI). d'HLRANCY. AMÉLIE.

Abl c'est >raiminl trop difficile. Il b< site... il reste immobile , Il se trouble, il reste immobile. Rien D'égale mon embarras; Voyez d'ici fou embarras: D'où provient donc son embarras? J'ai beau faire , c'est inutile. Oui, cette épreuve est inutile, Mais est-ce donc si difficile?

Décidément. ..je ne peux pas. Décidément il ne veut pas. Décidément il n'ose pas.

M. DE sai'VUÉ , prenant ralmont par la main et V emmenant &u bord du tin-titre.

J'en suis fâché, Monsieur, mais après Pbntrage que vous venez de faire à la famille, vous allez avoir la bon lé* de vous battre avec rnoi ou de l'épouser. VALMONT , avec joie.

Comment, Monsieur, vous voulez...

M, DE sauvrî;.

Oui, Monsieur, vous l'épouserez.

VAL.iioxt . vivement.

Eh! Monsieur, voilà tout ce que je demande... c'est là mon seul espoir, mon seul vœu... ( apercevait Saint- Ernest qui se tient au fond du théâtre.) et voici mon cousin tpii va vous r'attèsterl!. Viens donc, mon ami . parle pour moi et dis à ces dames que je veux épouser Mademoiselle... positivement !

MADAME D'HÉRAVCY.

Ah! vous le voulez enfin !

VALMONT

Oui, Madame!

MADAME d'hÉRANCY.

Cela est fâcheux: car c'est moi, maintenant , qui ne le veux plus.

VALMONT

Allons, encore un obstacle; il est dil que nous n'en sortirons pas. Mais au moins. Madame, on ne refuse pas les gens sans leur donner des raisons. M \dam1e d'hi-kancy.

La raison <f»1 que je dois veiller au boTitveur de ma

sœur, et je ne permettra jamais qu'elle épouse un séducteur et un mauvais sujet.

VALMONT

Moi, un mauvais sujet ! vous n'avez donc p >o été aux informations; or je vous demanderai qui a pu vous dire... M. DE SAUVRÉ.

Une personne dont vous ne récuserez point le témoignage.

MADAME d'hÉRANCY, montrant Saint- Ernest.

Votre cousin lui-même.

VALMONT , douloureusement en se tournant vers

Saint-Ernest.

Et toi aussi, mon cousin? oh! bien, alors si on est trahi par ses païens...

SAINT-ERNEST

Que veux-tu? mon ami : lorsque dans une famille quelqu'un a une bonne réputation tout le monde s'en empare, et je voulais spéculer sur la tienne, mais jamais aux dépens de ton bonheur, et puisque les qualité; sont connues , puisqu'il faut avouer la vérité... madame d'hÉRANCY , à Saint-Ernest.

Comment, Monsieur, ce mauvais sujet?

VALMONT

C'est lui, Madame.

madame d'hérancy.

Celui qui s'est battu pour la comtesse de Lii'/y l

VALMONT

C'est lui. Madame.

madame d'hérancy.

Cette aventure au bal de l'Opéra?

VALMONT

C'est lui , c'est toujours lui.

MADAME D'HÉRANCT.

même vous me trompiez encore?

s.u\t-er\ést.

Pour la dernière fois; car depuis le jour ou je vous ai vue je suis aussi sage, aussi timide, je dirais même aussi gauche que mon cousin.,. Et quand je reviens à la vertu , quand je reviens à vous , vous ne voudrez pas me décourager, vous vous laisserez fléchir; nous vous en prions fous. ( montrant M. de Suiivrc. Kl voilà Monsieur, qui est un ami de mon oncle ,un ami de la famille , qui daigne aussi s'intéresser à moi.

M. DE SAUVRÉ.

Du tout, Monsieur, (montrant la lettre.) car j'ai aussi des prétentions, et tout ce que je peux faire est de garder la neutralité... que Madame décide elle-même. M LDAME n'ilÉRAXCY.

Mon ami.,., mon cher tuteur.. , j'ai besoin de toute votre amitié... , de toute votre raison... car je crains bien de faire une folie.

RI. DE sauvrÉj remettant la lettre dans sa poche. Une folie! c'est fini! (à Saint-Ernest. ) C'est vous qu'on préfère !

M \dame d'hÉrancy, à M. de Sauvrè.

Vous allez me blâmer et m'en vouloir peut-êlre?

M. DE SAUVRÉ.

Non, non!... c'était moi qui étais un insensé; et dès que j'aurai eu le temps et l'esprit de réfléchir, je vous dirai encore comme à mon ordinaire: Vous avez bien fait! {montrant Saint-Ernest.) Quant à lui , qu'il vuu> rende heureuse, et je sens que j'aurai aussi le courage de lui pardonner.

SAINT-ERNEST

Oh! je vous le jure! une fois marié, je ne m'occuperai plus d'aucune autre femme que de la mienne! plus

d'amour, plus de galanterie, pas la moimlre petite déclaration !

VALMONT

C'est comme moi!., voilà la dernière... (s' essuyant le front.) cela donne trop de peine !

CHŒUR

Oui, que l'amour nous guide , Qu'il charme notre cœur, L/amant le plus timide Bientôt n'aura plus peur.

FIN

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