‹ Les petits appartemensChapitre 95 sur 356 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

les MÊMES, JACOTIN, habillé en grand costume.

Encore une, c'est ça même, à merveille.

ESTELLE

Ah! Monsieur , vous me vdyez toute tremblante; |i gnorece que me veut ce jeune homme.

Je le sais bien ! Qu'est-ce. qu'il vous disait

ESTEI r E.

Il disait qu'il m'aimait , qtie je devais être sa femme.

C'est cela , il n'en l'ait jamais d'antres : c'est sa folie, ESTELLE , regardant Ernest.

( ,<miin. ni! c'est un l'on... eh bien! c'est étonnant : e< qu'il disait n'avait pas de suite, cl pourtant ça avait un tir raisonnable. Gomment cet accidenl là lui !ét-il arrivé?

Mi loi , demandea-lui.

ESTELLE

Je n'oserais...

Bah ! avec un fou est-ce qu'il y a à gêner ?

Estelle , à Ernest.

Est-il vrai, comme vous me le disiez tout à l'heure, que vous ayez perdu tout ce que vous aimiez?

ERNEST

AIR : Vaudeville de Psyché.

Au sort d'une femme charmante

On voulait unir mon destin ;

Mais libre et d'humeur inconstante

Hélas! j'ai refusé sa main.

De mes dédains pour venger cette belle ,

L'amour, justement irrité, Me la fit voir, et j'ai perdu près d'elle

Ma raison et ma liberté.

Ta... ta, voilà-t-il pas une belle histoire? où diable a t-il été chercher tout cela?

ESTELLE

C'est égal , laissez-le dire. ( à Ernest. ) De sorte que vous n'avez plus l'espoir d'être à elle ? ernest , gaîment.

Au contraire , je l'ai retrouvée.

ESTELLE

Depuis quand ?

Depuis que je vous ai vue. Vous ne connaissez donc pas tout mon bonheur?... elle sera ma femme, je l'épouse aujourd'hui.

A la bonne heure au moins , voilà qu'il s'y met.

ERNEST

Quoi ! vous gardez le silence! seriez-vous fâchée d'être ma femme? Voyez cependant, étant du même âge, du même caractère , combien dans notre ménage il nous serait plus facile d'être heureux que dans ces unions formées par les convenances ou par l'intérêt! tous les jours de ma vie seraient consacrés à embellir les vôtres ; quel bonheur de trouver dans sa femme , sa maîtresse , son amie , et, quelqu'amour qu'on ait pour elle, de n'avoir à se reprocher que des extravagances raisonnables ou des folies légitimes! voilà quel sera notre hymen; ce tableau-là peut-il vous déplaire?

JAC0T1N

Eh bienl répondez- lin donc.

ESTELLE

Vous êtes bien sûr au moins qu'il est fou ?

Parbleu l écoulez-le.

ERNEST

AIR : Fille jeune et jolie, (de Sobicsl.i.1

Premier Couplet.

Gentille fiancée, Toi seule auras toujours Et ma seule pensée Et mes seules amours.

( lui donnant une bague. )

Que cet anneau , ma chère , Brille à ce doigt joli.

ESTELLE

Je puis le laisser faire :

C'est devant mon mari.

C'est charmant, et j'admire Son amoureux délire :

C'est charmant, je l'admire.

|(à Estelle.)

Faites ce qu'il dira ; Ensemble. \ Calmez-vous, je suis là.

ERNEST

C'est charmant , et j'admire • Son complaisant délire ; C'est charmant, je l'admire.

C'est charmant, il est là.

F.RNEBr.

Deuxième couplet.

Crois-moi, ma douce amie , Je t'aimerai toujours, Puisqu'on dit la folie Compagne des amours.

De mon ardeur sincère Reçois le gage ici.

(il lui baise la main. ) estellk, lui laissant sa main.

Je puis le laisser faire :

C'est devant mon mari.

jacotin , de même C'est charmant , etc.

l7 SCENE IX.

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