‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 203 sur 412 · On la trouvera à la fin de cette vie · texte numérisé non relu

On la trouvera à la fin de cette vie

conseils pour le gouvernement des communautés qu’il laisserait après lui, Il leur dit qu’il était indigne du nom d’abbé, qu'il avait rempli cette charge sans fruits, qu’il la remettait entre leurs mains, pour qu'ils la donnassent à un plus digne, ou du moins le déchargeassent d’une partie. On exauça ses demandes, mais on le pria de désigner lui-même ses successeurs. C’est ce qu'il fit dans son testament, que nous avons encore : « J'ai », dit-il, « du consentement des moines mes frères, choisi deux d’entre eux pour me succéder : Guy, mon parent, et Odon, qui m’est également cher... Le bien-aimé Guy gouvernera les monastères de Gigny, de Baume et d’Ethice, ainsi que la Celle de Saint-Lautein, avec tous les biens qui appartienent aux susdits monastères, à l'exception du village appelé Alafracte (la Frette, arrondissement de Louhans), etc. Notre bien-aimé frère Odon recevra de la même manière les monastères de Cluny, de Massay et de Déols avec leurs cépendances, pour les gouverner régulièrement, selon son pouvoir, avec l’aide de Dieu... Quant au village d’Alafracte, avec toutes ses dépendances et le quart des chaudières que nous possédons (dans les salines) à Lons-le-Saulnier, ainsi que la moitié du pré qui a appartenu au seigneur Saimon (ou Simon), je les donne à Cluny, sous la condition que ce monastère paiera à Gigny une rente annuelle de douze deniers, pour l'investiture. (Cette rente fut payée jusqu’en 1056, époque à laquelle Gigny devint un simple prieuré de Cluny.) Et qu’on ne trouve pas injuste que je donne ces biens à Cluny, puisque c’est là que j’ai choisi le lieu de ma sépulture, et que cet établissement est comme un enfant posthume, qui reste imparfait à cause de ma mort prochaine et de celle du glorieux duc Guillaume, précédemment décédé... » Ce testament, qu’il termine en conjurant, au nom de la miséricorde divine, tous les abbés et religieux actuels et futurs de conserver toujours entre eux la concorde, et de garder les usages observés jusqu’à ce jour, est daté de la quatrième année du règne de Raoul, roi de France (926), et porte les signatures de Bernon, de Guy, d’Odon, de Geoffroy et de Wandalbert. Notre saint abbé, le bon père, comme on l’appelait, mourut quelque temps après, le 43 janvier 927. Il fut inhumé à Cluny, selon ses désirs, dans l’église de Saint-Pierre-le-Vieux, derrière l’autel de saint Benoît, où son tombeau se voyait encore à la fin du siècle dernier. Bernon emportait dans la tombe la gloire d’avoir été un @es plus zélés restaurateurs de la discipline monastique, et d’avoir formé des disciples qui surpassèrent encore leur maître et qui ont porté au plus haut point de splendeur l'institut qu’il avait formé. Son nom resta parmi eux avec le titre de bienheureux et de saint ‘. Sa fête se célébrait tous les ans au monastère de Cluny, le 43 janvier. Le même jour, on célébrait un office solennel au prieuré de Souvigny et l’on y donnait à manger à douze pauvres. Son nom est inscrit dans les martyrologes de Ménard, de Bucelin, de Chatelain, de Du Saussay, etc., etc. Son office n’est pas célébré dans le Bréviaire de Besançon.

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