LES SAINTS DU NOM D'ISIDORE EN ÉGYPTE
L'Egypte a produit quatre saints plus particulièrement célèbres du nom d’Isidore. Le premier est saint Isidore de Nitrie, évêque d’Hermopolis 1 ; le second est saint Isidore de Scété, prêtre et ermite, mentionné aujourd'hui au martyrologe romain. Il avait coutume de dire : « Pourrions-nous rester oisifs, ou même nous ménager lorsque nous considérons ce que le Fils de Dieu a fait pour nous ? » Le troisième est saint Isidore l'Hospitalier, à qui saint Athanase confia le soin des pauvres et des étrangers dans la ville d'Alexandrie. Il eut la gloire, comme son illustre maitre Athanase, d’être en butte à la persécution des Ariens. Lorsqu'il était à table, il lui arrivait souvent de dire : « Moi qui suis une créature raisonnable, faite pour jouir de la possession de Dieu, je me sers de la nourriture des animaux, au lieu de manger le pain des anges ».1l mourut en 404 à Constantinople. Le quatrième est saint Isidore de Péluse, abbé d’un monastère dans le voisinage de cette ville 2. 450,
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SAINTE TARCICE, VIERGE A°RODEZ (vers 600).
Sainte Tarcice était, selon les généalogistes, fille d’Ambert et de Blitilde. Riche seigneur de l'Aquitaine, Ambert est la tige de la seconde race de nos rois. Quant à Blitilde, sa mère, elle était fille de Clotaire Ier, fils de Clovis et de sainte Clotilde,
Sainte Tarcice eut trois frères : Arnoal, trisaïeul de Charlemagne; saint Ferréol, évèque d'Uzès; et saint Modéric, qui fut le second évêque de Larzac, diocèse du Rouergue, vers le vie siècle, dont il ne reste plus que le souvenir. Les premières années de Tarcice s’écoulèrent dans le service de Dieu. Pour être plus libre de le servir, elle renonça même aux avantages d’une maison opulente et elle quitta son pays par une inspiration particulière du Saint-Esprit. Après divers pèlerinages, elle vint dans le Rouergue, et se fixa dans la paroisse de Rodelle, au milieu des bois, dans une profonde solitude, isolée de tous rapports avec le monde. Là, comme une autre Marie, elle choisit la meilleure part. Son occupation habituelle était de s’entretenir avec son Dieu par la prière, vivant seule dans une grotte que l’on visite encore, dont l'entrée était comme fermée par des broussailles. Le Seigneur voulut pourvoir lui-même à son entretien et fournir miraculeusement sa nourriture : on raconte qu’une chèvre venait lui offrir son lait à heures fixes.
Sainte Tarcice passa plusieurs années dans cette solitude. Puis, un jour, on aperçut une lumière extraordinaire qui brillait sur la grotte; on accourt, et on trouve le saint corps de Tarcice inanimé qui exhalait une odeur céleste. Transportées à Rodez par l’évèque assisté de son clergé, au milieu d’un immense concours de peuple, les reliques de sainte Tarcice ont été l’objet d’une vénération universelle, surtout dans le monastère de Saint-Sernin, sous Rodez, où, jusqu’en 1793, les religieuses, presque toutes issues de familles nobles, se faisaient gloire de l'invoquer comme une de leurs patronnes et l’honoraient d’un culte particulier. Les reliques de sainte Tarcice, qui ont échappé à la tourmente révolutionnaire, sont aujourd’hui conservées dans un des riches reliquaires de la cathédrale, et sont entourées, comme autrefois, de la confiance et de l'amour des pieux fidèles. — Les hagiographes mettent à tort les reliques de sainte Tarcice dans l’église de Saint-Vincent, à Rodez; cette église n'existe plus, si elle a jamais existé,
Non loin de la grotte où s’écoula la vie sainte de notre bienheureuse Tarcice, dans le bois de Rodelle, se trouve une fontaine dont l’eau est regardée comme très-efficace contre les maux d’yeux, grâce aux bénédictions que Tarcice avait données à cette fontaine témoin des mérites de sa vie 3.
1. V. au 2 janv. — 2. V. au 4 fév. — 3. Propre de Rodez et notes fournies par M. le chanoine Eousquet,
SAINT MAUR, OU MORT-NÉ, ERMITE A HUY (fin du vnr siècle).
Ce Saint vint au monde mort; ce qui l’a fait appeler saint Mori-Né.
Andenne, au comté de Namur, fut sa patrie.
Son père, qui exerçait l’humble métier de charbonnier, dans la forêt voisine, le porta à la chapelle de Notre-Dame de la Vigne et obtint du ciel la grâce de le voir revenir à la vie. Quand il fut grand, Mort-Né embrassa la profession de son père; mais celui-ci étant mort, il prit la résolution de se retirer dans la solitude pour vaquer entièrement à la prière.
Il mourut octogénaire.
Les habitants d'Andenne, ne le voyant plus sortir, se transportèrent à sa cellule où ils le trouvèrent étendu sur son grabat les mains jointes. Ils voulurent l’enterrer chez eux. Mais un signe céleste leur fit connaitre qu’il fallait le transporter en l’église de Saint-Jean l’Evangéliste à Huy : le Bienheureux avait durant sa vie visité une fois chaque mois, ce sanctuaire dédié à l’Apôtre bienaimé : ce fut sans doute en récompense de sa dévotion que le ciel lui réserva cette sépulture glorieuse.
On l’invoque contre la maladie de la pierre, les maux de tête, les maux de jambe, la goutte et la paralysie.
Acta Sanctorum.