‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 260 sur 412 · LA BIENHEUREUSE STÉPHANIE DE QUINZANI · texte numérisé non relu

LA BIENHEUREUSE STÉPHANIE DE QUINZANI

Stéphanie, née à Orzi-Nuori, dans le Bressan, de parents pieux et honnètes, commença à aimer Dieu dès son enfance ; elle n’était âgée que de sept ans, dit-on, lorsqu'elle fit un vœu perpétuel de chasteté et d’obéissance. Bientôt, pour resserrer encore les liens qui l’unissaient à son céleste époux, ayant pris la ferine résolution de ne jamais commettre un péché mortel, elle le sollicita ardetimént de lui faire part de sa croix ; des signes particuliers lui indiquèrent que ses vœux seraient comblés. On la sollicita vainement à des noces terréstres : toujours inébranlable dans ses refus, elle coupa ses cheveux, aiguillon de vanité à ses yeux. À l’âge de quinze ans, elle embrassa l’institut du Tiers Ordre de Saint-Dominique, dans lequel elle dompta entièrement sa chair par des jeûnes, des veilles, des cilices et des flagellations ; en cultivant dans son âme tous les genres de vertus, elle parvint en peu de temps au faîle de la perfection religieuse. Pour déjouer les attaques du tentateur, de l'ennemi du genre humain, elle ne reculait pas devant les moyens les plus énergiques : elle alla jusqu’à rouler son corps sur des épines.

Elle n'avait de désirs et d’aspirations que pour Dieu, tant était puissant l'amour dont elle brülait pour lui. Le mystère de la Passion la touchait tellement, qu’elle souhaitait de tout son cœur de devenir conforme au Crucifié. Il paraît qu’elle obtint ce qu’elle désirait : les tourments que le Sauveur a soufferts pour la rédemption du genre humain, elle les ressentit tous les vendredis dans $on propre corps, pendant quarante ans : elle-même l’a assuré ; elle éprouvait aussi une douleur intérieure qui la pressurait avec l'effet d'une roue qui aurait foulé son cœur. Plusieurs témoins éùt affirmé avoir vu sur son corps l'impression des stigmates sacrés. Elle rapportait du banquet eucharistique, quotidien pour elle, une telle allégresse d'âme et de corps que, grâce à la force qui lui venait de cette nourriture, eile passait quelquefois, dit-on, quarante jours sans en prendre d'autre. D'une extrême charité pour les pauvres, elle leur donnaït jusqu’à ses vêtements. La renommée de sa sainteté était grande même dans les villes voisines qui auraient voulu l’appeler dans leur sein, mais elle déclarait ne vouloir vivre et mourir que dans un lieu obscur.

Dans le désir de travailler à la gloire de Dieu, elle accueillait les jeunes filles qui venaient la visitér et s'appliquait à les former à la religion et à la piété; quand elle leur eut inspiré le désir de la vie religieuse, elle érigea, non sans de grands soucis et de grandes peines, un monastère de son Ordre, sous l’invocation de saint Paul, près de Soncino, au diocèse de Crémone. Elle le gouverna pendant plusieurs années très-saintement. Enfin, comblée de mérites et des faveurs du ciel les plus extraordinaires, telles que des extases, des prophéties, des apparitions et des miracles, «lle s'endormit dans le Seigneur le 2 janvier 1530, à l’âge de soixante-treize ans. Bénoît X approuva son culte et concéda, en vertu de l’autorité apostolique, que sa fète serait célébrée avec office et messe dans tout l'Ordre des Frères Précheurs et dans les diocèses de Brescia et de Crémone. Le monastère de Saint-Paul qu’elle avait fondé a été supprimé : les habitants de Soncino l’honorent et la regardent toujours comme leut protectrice auprès de Dieu, et plus d'une fois ils ont éprouvé les effets de sa protection,

Pr

SAINT FRITZ. (Voir le Supplément à la fin de ce volume.)

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