‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 291 sur 412 · XIX° JOUR DE JANVIER · texte numérisé non relu

XIX° JOUR DE JANVIER

MARTYROLOGE ROMAIN

Saint CANUT IV, roi et martyr, dont la naissance au ciel est mentionnée le 7 janvier. 1086. — À Rome, sur la voie Cornélienne, les saints martyrs MARIS ou MARIUS, MARTHE son épouse, et leurs fils, AuDIFAX et ABAQUE, nobles Persans, qui étaient venus à Rome pour y prier au temps de l’empereur Claude : après qu’ils eurent enduré les bâtons, le chevalet, les feux, les ongies de fer ‘et l’amputation des mains, Marthe fut noyée dans une mare !, les autres eurent la tête tranchée et leurs corps furent brûlés. 270. — A Smyrne, la naissance au ciel de saint Germanique 2, martyr, qui, sous Marc-Antonin et Lucius Aurelius, étant encore dans la fleur de la première jeunesse, bannissant par la grâce de Dieu la crainte qui vient de la fragilité corporelle, provoqua de luimême, lorsqu'il fut condamné par le juge, la bête féroce destinée à le dévorer : broyé sous ses dents, il mérita ainsi d’être incorporé au pain véritable, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour qui il mourait. 468. — En Afrique, les saints martyrs Paul, Géronce, Janvier, Saturnin, Successus, Jules, Cat, et deux femmes, Pie et Germaine 3, — A Spolète, le supplice de saint Pontien #, martyr, sous le règne de l’empereur Antonin ; après lavoir très-violemment battu de verges 5 pour Jésus-Christ,

1, 7n Nymphà, dit le texte latin. Quel est le lieu appelé ad Nymphas, où s'accomplit le supplice de ces martyrs et de beaucoup d’autres? Il était sur la voie Cornélienne, à 13 milles de Rome. La voie Cornélienne était située entre la voie Aurélienne et la voie Triomphale.

2. Eusèbe décrit le noble combat de cet athlète de Jésus-Christ au chapitre 14e du livre 1rv de son histoire.

8. Ces Martyrs et leurs compagnons étaient au nombre de six cents.

4. On 2 les actes de saint Pontien. Ils se trouvent dans Surius, t. 1er, 14 janvier.

5. Virgis cæsum, dit le texte latin. Quoique ce supplice fût ignominieux, il était cependant léger en comparaison des autres. C'était avec des verges de bois d'orme que l'on châtiait généralement les esclaves, nisi mihi supplicium uLMEuM de te detur, dit Plaute, dans le Soldat fanfaron. Cet auteur emploie encore 1e même terme, wlmeus, d'orme, dans plusieurs autres passages où il fait allusion à ce même supplice. Les verges des magistrats étaient faites de bouleau. Pline nous l'apprend dans son Histoire naturelle, livre xvi, chapitre 18; il dit : « Cet arbre de la Gaule est admirable pour sa blancheur et sa flexibilité; terrible sous forme de verges dans la main des magistrats, il sert encore, étant fort souple, à arrondir des cerceaux et à tisser des corbeilles ». A défaut de bouleau, les verges étaient de saule. Ainsi, Prudence dit, hymne sur le martyre de saint Romain : « Chaque fois que le saule avait frappé son corps, les verges étaient rouges et humides de sang ». Les arbres qui fournissaient les verges étaient dits infelices, malheu-—

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le juge Fabien le fit marcher les pieds nus sur des charbons ardents ; comme il n’en fut pas blessé, le juge ordonna qu’il fût mis sur un chevalet, puis suspendu par des crochets de fer 1; après quoi il fut jeté en prison, où il eut le bonheur d’être fortifié par la visite d’un ange ; ensuite ayant été exposé aux lions et arrosé de plomb fondu, il fut enfin frappé de l'épée. 119 s. — A Lodi, saint BASSIEN ?, évêque et confesseur, qui lutta courageusement contre les hérétiques, de concert avec saint Ambroise. Vers 413. — À Worcester, en Angleterre, saint VULSTAN, évêque et confesseur, illustre par ses vertus et par ses miracles, et mis au nombre des Saints par Innocent III. 1095.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ

À Cologne, la fête particulière de sainte Antoinette. vierge et martyre, et l’une des compagnes de sainte Ursule. Fin du 1ve s. — A Rouen, saint REMÈDE ou REMY, loué par le pape Paul Ier, dans une de ses lettres. 712. — À Bayeux, saint CONTEST, évêque, successeur de saint Manvieu. Vers 513. — À Chartres, saint LAUMER, abbé, fondateur de deux monastères dans le Perche, et que de nombreux miracles ont rendu très-célèbre. 594. — A Viviers, la fête de saint ARCONCE, dont l’entrée au ciel est marquée le 8 de janvier —AÀ Ajaccio, saint Appien 5, évêque et martyr. — À Trèves, saint AGRICE, évêque et confesseur, dont le décès est marqué au Martyrologe romain le 43 de janvier. — Encore à Chartres, saint Malard ou Malchard, évêque de cette ville. Vers 660. — À Lens, au diocèse d'Arras, la bienheureuse Béatrix de Lens, de famille noble, qui fonda un monastère de l'Ordre de Citeaux, près de Mons, en Belgique. Vers 1216.

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe des chanoines réguliers. — À Saïint-Jean-de-Latran, etc., saint Melaiñe, confesseur, évêque de Rennes, qui augmenta la gloire de l'Ordre des chanoines et émigra au ciel le 6 janvier #, illustre par ses vertus et ses miracles.

Martyroloue de l'Ordre de Saint-Benoît, des Camaldules et de la Congrégation de Vallombreuse. — À Rome, saint Agathon, pape, qui fut, dit-on, d’une si grande sainteté et d’une telle mansuétude qu'il délivra de son mal un lépreux qui se trouva sur son passage, et que jamais personne ne prit congé de lui la tristesse dans le cœur. Il est fait mention de lui le 10 de janviers.

Martyrologe de l'Ordre de Citeaux. — Saint Agathon, confesseur, qui, n'étant encore que moine de l'Ordre de Saint-Benoït, fut si célèbre par ses vertus et ses miracles, qu'il mérita le surnom de Thaumaturge. Elevé à la dignité de la chaire suprême, il assembla le sixième concile général pour la condamnation de l’hérésie des Monothélites, rendit d'immortels services au siége de

reux. (Pline, livre xvi, chapitre 16.) Une loi romaine, la loi Porcia, écartait les verges du corps de tout citoyen romain. C’est de cette loi que se prévalait saint Paul, lorsqu'il adressait ce reproche aux magistrats de Philippe : « Vous nous avez battus de verges, nous qui sommes citoyens romains (art. 16) »; lorsqu'une autre fois encore, sur le point d'être fouetté, il repousse de lui cet opprobre par cette seule parole : « Vous est-il permis de fouetter un citoyen romain, un homme qui n’a pas même été jugé ?» Josèphe (De la querre de Judée) regarde comme une énormité que Cæsius Florus ait fait battre de verges, puis attacher au poteau des Juifs, des citoyens romains.

1. Le croc ou crochet, uncus, uncinus, était employé comme instrument de supplice. S/ridentibus laniatur unes, dit Prudence, il est déchiré par des crochets avec un bruit strident ; et Ammien Marcellin, div. vint : On dressait des chevaleis, et le bourreau préparait les crocs. On s'en servait aussi pour traîner le coupable au châtiment : Zmpactus Sejanus ducitur unco, lit-on dans Juvénal, satire x. Sejan, saisi, est mené au croc.

On trainait aussi à l'aide du croc les cadavres des condamnés : Cadavera quoque uncus trahens, le croc à traîner les cadavres. (Sénèque, livre r11 de la Colère.) Sur la fin des actes de saint Sébastien, on lit ceci : « Cherche dans l’égoût qui est près du cirque, et 1à tu trouveras mon corps suspendu à un croc ». Saint Sébastien parle ainsi de son corps traîné au croc et jeté dans le grand égoût.

2. I1 est question de saint Bassien dans le Concile d'Aquilée, tenu sous l'empereur Gratien. Il y assista avec saint Ambroise, auquel il s’unit pour combattre Jovinien, hérésiarque nouveau. Son nom se trouve au bas de la lettre de saint Ambroise au pape Sirice, contre les hérésies monstrueuses de ce Jovinien et de ses compagnons. (Liv. ref, lettre vin.) Le même saint Ambroise parle de saint Bassien dans sa cinquième lettre à Félix. On trouve sa vie écrite assez au long dans Mombrizio, t. rer, et AA. SS., t. rer de janv. p. 584.

3. On honore en Corse saint Appien, parce qu'il était le Patron de l'église cathédrale de Sagone, l'un des cinq évêchés qui existaient dans notre diocèse avant 1789. Il n'y a plus de trace de cette église.

Il n'y a pas de légende du Saint dont il est question. On lit au deuxième Nocturne des Matines une partie Sermonis S. Maximi Episcopi de S. Cypriano, Homelia 11.

On ne connaît pas sa vie et on ignore par conscquent l'époque où il a vécu.

Nous n'avons aucune relique de ce Saint,

Ajaccio, le 23 août 1871. — F, A. DonzeLLA, chan. hon., secrét. gén. de l'évêché,

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