XXIIT JOUR DE JANVIER
MARTYROLOGE ROMAIN
À Barcelone, la fête de saint RAYMOND DE PENNAFORT; sa naissance au ciel est mentionnée le 7 janvier. 1215. — À Rome, sainte Emérentienne, vierge et martyre, qui, étant encore catéchumène, fut lapidée par les païens, pendant qu’elle priait au tombeau de sainte Agnès dont elle avait été la sœur de laitt.— À Philippes, en Macédoine, saint PARMÉNAS, un des sept premiers diacres, Tandis que, s’abandonnant à la grâce de Dieu, il s’acquittait avec une foi entière du devoir de la prédication que ses frères lui avaient imposé, il gagna, sous Trajan ?, la couronne du martyre. 11e 8.
1. Voir cet épisode dans la vie de sainte Agnès, au 21 janvier.
2. La persécution de Trajan fut la troisième persécution universelle et officielle que l'Eglise endura : les deux premières avaient eu lieu sous Néron et sous Domitien. Elle ne commença point par les édits impériaux, mais par des mouvements populaires qui éclatèrent spontanément dans les villes. Néanmoins, les édits de Trajan en augmentèrent beaucoup la violence et l’universalité. Après une lettre de Pline le Jeune, restée fameuse, les rigueurs déployées au commencement se radoucirent, et l'empereur défendit de rechercher les chrétiens, tout en maintenant qu'ils continueraient d'être punis s'ils étaient dénoncés, inconséquence singulière, qui prouve que l'on connaissait l'impossibilité d'abolir désormais le nom chré-
— À Césarée, en Mauritanie, les saints martyrs Sévérien et Aquila, son épouse, qui furent consumés dans les flammes. — A Antinoë, ville d'Egypte, saint Asclas, martyr, qui, après divers tourments, fut précipité dans la rivière, où il rendit sa précieuse âme à Dieu. 1v9 8. — À Ancyre, en Galatie, saint CLÉMENT, évêque, qui, après avoir été plusieurs fois tourmenté, consomma enfin son martyre sous Dioclétien. Règne de Dioclétien. ve 8. — Au même lieu, saint Agathange, qui souffrit le même jour sous le gouverneur Lucius. 1Ve 8. — A Alexandrie, saint JEAN L'AUMÔNIER, évèque de cette ville, très-célèbre pour sa compassion envers les pauvres. 619. — À Tolède, saint ILDEFONSE, évêque, qui, pour prix de la rare intégrité de sa vie, et de la défense qu'il fit de la virginité de la Mère de Dieu, que les hérétiques attaquaient, reçut d'elle une robe éclatante de blancheur, et, devenu célèbre par sa sainteté, fut appelé dans la demeure céleste. 669, — Dans la province de Valérie (Abruzze-citérieure), saint Martyr, solitaire, dont le pape saint Grégoire fait mention. VI° 8.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
La fête des fiançailles de la sainte Vierge avec saint Joseph. — A Besançon, saint MAINBŒUF, Irlandais, massacré par des voleurs, près d’un lieu nommé Dampierre, au diocèse de Besançon. Son corps est honoré à Montbéliard. Vers 480. — A Langres, le décès de saint Urbain, évêque de cette ville, dont les reliques étaient à Saint-Bénigne de Dijon 1, — A Romans, en Dauphiné, saint BARNARD, qui, d'abbé d'Ambronay, fut fait évèque de Vienne. 842, — En Anjou, saint Machaire des Mauges, abbé et apôtre du Bocage. ves.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe de l'Ordre de Saint-Basile. — À Jérusalem, les fiançailles de la bienheureuse Vierge Marie avec saint Joseph.
Martyrologe des Chanoines réguliers. — À Tolède, saint Idefonse ou Alfonse, d’abord clere régulier et chargé de la direction du monastère d'Agaly, et bientôt après évèque de cette ville, qui etc., comme au romain,
Martyrologe de l'Ordre de Saint-Benoît, des Camaldules et de la Congrégation de Vallombreuse. — À Jérusalem, les fiançailles de la bienheureuse Vierge Marie. — A Tolède, saint Hdefonse, évèque. comme au romain.
Murtyrologe de l'Ordre de Cileaux, — À Jérusalem, les fiançailles de la bienheureuse Vierge Marie avec le patriarche saint Joseph.
Martyrologe de l'Ordre des Frères Précheurs. — À Barcelone, en Espagne, saint Raymond de Pennafort, confesseur, troisième général de l’Ordre des Prêcheurs, remarquable par sa doctrine, sa sainteté et la gloire des miracles, fondateur de l'Ordre de la bienheureuse Vierge Marie de la Merci, pour la rédemption des captifs. Jacques, roi d'Aragon, institua par son conseil le saint office de
tien, quoiqu'on en conservât le désir. Il y a dans la lettre de Pline plusieurs traits frappants qui peignent æu vif les progrès prodigieux que la religion avait faits en moins d'un siècle : les temples étaient abandonnés, on ne trouvait plus à vendre les victimes. Pour agir contre les chrétiens, Trajan se fondait sur la raison d'Etat; ce n'étaient pas les individus que l'on proscrivait, mais la société religieuse, l'Eglise. Les édits de l'empereur défendaient les associations et les réunions, et ne disaient rien de la doctrine. Les chrétiens ne reconnaissaient pas le dogme de la divinité de l'Etat personnifié dans l'empereur : c'était là tout leur crime. Partout où le vrai D:'eu est inconnu ou méconnu, aussitôt l'Etat, quelle que soit sa fürme, se fait adorer à sa place. L'esclavage complet des âmes comme des corps se constitue naturellement en l'absence du christianisme,
Peu d'hommes ont reçu autant de louanges que Trajan, soit pendant sa vie, soit après sa mort. Com— ment le bourreau d'un saint Ignace d’Antioche et de tant de milliers de chrétiens innocents, comment l'émule des Néron et des Héliogabale en fait de débauche a-t-il été loué à ce point depuis Pline le Jeune jusqu'à Montesquieu? Les louanges des contemporains s'expliquent, si l’on songe que le règne de ce prince ne fut séparé du règne affreux de Domitien que par le passage rapide de Nerva sur le trône. L'horreur de Domitièn est pour la moitié dans les louanges dont les contemporains ont accablé Trajan. Quant aux louanges non moins exagérées de la postérité, je ne vois pour les expliquer que l'élan une fois donné, que 12 continuation d'un mouvement imprimé d'abord. Ce prince régna vingt ans. Tacite, je crois, dit quelque part que l'empire, fatigué du règne de Domitien, respira sous lui dans la paix et dans la gloire. On voit bien que Tacite n'était pas chrétien. Il s’acquit cette espèce de popularité que les princes gagnent à si peu de frais quand ils veulent s’en donner la peine, et qui les suit toujours quand ils ne prennent pas à tâche de la repousser. Il vainquit les Daces et les Parthes, et étendit l'empire romain déjà trop vaste du côté de l'Orient. Voilà tout. Du reste, aucune grande et bienfaisante révolution ne s'accomplit par lui dans le monde. I1 fallait donc beaucoup surfaire un tel homme pour le comparer à nos Charlemagne et à nos snt Louis. ‘
1. Novs donnons sa vie le 2 avril, jour auquel le menttonne le Martyrologe romain. Voyez encore le 8 avril, jour de sa fôte à Langres.
l'Inquisition dans son royaume. Il traversa la mer depuis l'ile Majorque jusqu'à Barcelone, soutenu et poussé miraculeusement sur les flots, après avoir étendu son manteau sur les eaux. Il entra dans son monastère, les portes closes ; il ressuscita, dit-on, quarante morts. Presque centenaire, il s’envola dans la gloire céleste le jour mème de l’Epiphanie. Son tombeau produit, sans que la matière s'épuise et par un perpétuel miracle, une poussière très-menue qui sert à guérir les langueurs. Il fut mis au rang des Saints par Clément VIII.
Martyrologe Romano-Séraphique et Séraphique. — À Jérusalem, les fiançailles de la Sainte Vierge Marie avec le patriarche saint Joseph.
De même chez les Carmes Chaussés et Déchaussés.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
En Grèce, la mémoire du sixième Concile œcuménique, tenu contre les Monothélites 1, — A Foligno, sainte Messaline, vierge et martyre ; elle endura un glorieux supplice, encouragée par l'évêque saint Félicien, qui la dirigeait dans les voies de la vie spirituelle : l’évêque fut jeté en prison avec défense de lui porter aucune nourriture : alarmée du danger que courait son père en Dieu, elle brava tous les obstacles : cette œuvre de charité la conduisit au martyre : règne de Vempereur Dèce. Son corps fut retrouvé en 1599 et transporté à Notre-Dame de Lorette. Le pape Paul V permit, en 1613, de célébrer sa fête. — A Rome, les saints Beau, Florus, Saturnin, Minutius, Castule et Basile, martyrs, dont fait mention le martyrologe de saint Jérôme ; saint Corneille, exorciste, et sainte Cortille, vierge et martyre. — A Tarragone, saint Anastase, soldat, né à Lérida, avec soixante-treize de ses compagnons d'armes, et aussi le moine saint Serge, martyrs, qui périrent sous Dioclétien. — A Ancyre, outre les saints Clément et Agathange, mentionnés ci-dessus, saint Christophore et saint Chariton, diacres, et plusieurs enfants, martyrs. Au commencement du 1ve s. — À Tiano, en Campanie, saint Amase, évêque de cette ville. Le pape saint Jules Ier l’envoya prêcher la vraie foi à Sora ; chassé par les Ariens, il vint continuer son apostolat à Tiano, où il mourut sur le siége épiscopal. Vers 350.— En Syrie, saint Eusèbe, abbé du Mont-Coryphe, au 1ve s.; et saint Mausime ou Maysime, prêtre d'Antioche. Vers l’an 400. — En Orient, saint Salaman, ermite, qui vécut de longues années sans parler, d’où lui vint le surnom de Stlenliaire. Vers l'an 400. — À Rome, sainte Grégorie, vierge. vie s. — En Ecosse, saint Boisile, prévôt du monastère de Melros. Vers l’an 664.— À Ravenne, la bienheureuse Marguerite, vierge, fondatrice d'une société de religieuses dite du Bon Jésus. 4505. — A Lille, la translation de saint Victor et de son compagnon, martyrs, dont les reliques furent envoyées de Rome dans cette ville en 1611.— A Novare, saint GAUDENCE, évêque, mentionné hier au Martyrologe romain.