XXIV' JOUR DE JANVIER
MARTYROLOGE ROMAIN
La naissance au ciel de saint TIMOTHÉE, disciple de saint Paul, qui fut ordonné évêque d'Ephèse par cet apôtre, soutint de nombreux combats pour Jésus-Christ, et, ayant repris les païens qui sacrifiaient à Diane, fut accablé sous une grêle de pierres, et peu après s’endormit dans le Seigneur. 97. — A Antioche, saint BABYLAS, évêque, qui, après avoir souvent glorifié Dieu, dans la persécution de Dèce, par ses souffrances et ses supplices, eut le sort glorieux de terminer sa noble vie dans Les fers, avec lesquels il voulut que son corps fût enseveli. On rapporte qu'avec lui souffrirent trois enfants, Urbain, Prilidien et Epolone, qu'il avait instruits dans la foi de Jésus- Christ. 250. — A Néocésarée, les saints martyrs Mardoine, Musone, Eugène et Métellus, qui tous furent brûlés, et dont les cendres furent jetées dans la rivière . — A Foligno, saint Félicien 2, que le pape Victor ordonna évêque de cette ville, et qui, après de nombreux travaux, parvenu à une extrème vieillesse, fut couronné du martyre sous l’empire de Dèce. 251.— De plus, saint Thyrse et saint Prix, martyrs 3. 1119 s. et 674. — A Bologne, saint Zamas, premier évêque de cette ville, qui fut ordonné par le pontife romain saint Denys, et propagea la foi chrétienne d’une manière admirable dans son diocèse #, 111 s. — De plus, saint Suran, abbé, qui fleurit en sainteté du temps
des Lombards 5, vie s.
1. On ne sait rien du temps et du lieu précis où cés martyrs ont souffert. ;
2. Le bienheureux Thierry, évêque de Metz, dans un voyage qu'il fit en Italie, en 969, à la suite de l'empereur Othon le G'and, son cousin, leva le corps de saint Félicien ou Félibien,.et l'envoya à Metz, où il fut reçu au milieu de l’allégresse publique. Thierry déposa les reliques du saint martyr dans l'abbaye de Saint-Vincent de la même ville, qu'il venait de fonder.
3. On ne sait rien de certain au sujet de saint Thyrse. Ce que nous avons recueilli de plus probable de 1a lecture des notes de Baronius et de la dissertation des Bollandistes, se résume à ceci : Saint Thyrse aurait souffert à Apollonie de Bithynie, sous l'empereur Dèce : son supplice aurait été celui du prophète Isaïe, la scie. Les historiens espagnols le font natif de Tolède, tout en admettant qu'il fut mis à mort en Bithynie, Les martyrologistes français placent le lieu du supplice en Afrique, à Césarée. Quoi qu'il en soit, le culte d’un saint Thyrse quelconque était autrefois fort célèbre : des reliques attribuées à un Saint de ce nom avaient été apportées à Limoges et Mgr de la Martonie, évêque de cette dernière ville, lui avait consacré un office à neuf leçons dans le bréviaire de 1696. Saint Thyrse est aussi patron de Sisteron. Pour l'édification des habitants de cet ancien diocèse, nous donnerons sa vie le 28 janvier.
Quant à saint Prix, c’est l'évêque de ce nom qui a siégé à Clermont; nous parlerons de lui demain.
Ce qui a mis notre esprit à la torture, c'est de voir ces Saints cités deux fois au Martyrologe romain : saint Thyrse le 24 et le 28 janvier; saint Prix le 24 et le 25. Sont-ce des saints du même nom, différents par leur être moral et leur état civil, comme on dirait aujourd'hui ? nous n'avons pu éclaircir la question. Avec les Bollandistes, nous faisons de chacun des deux Saints un même personnage.
4. Saint Zamas, dit Baronius, est le premier évêque de Bologne dont le nom soit parvenu à la postérité. Dioclétien, ayant ordonné la destruction par le feu des livres sacrés et autres papiers appartenant aux églises, cet ordre impie atteignit surtout les villes d'Italie. De là vient que l'on connaît si peu les successions épiscopales ; de là vient surtout que les monuments primitifs de l'église de Rome — ces Actes des martyrs, par exemple, recueillis avec tant de religion par les papes — ont péri à jamais. Il a fallu le promesse d'éternelle durée faite # Pierre pour que le nom même de ses successeurs n'ait pas péri dans le naufrage de la persécution de Dioclétien.
5, Of. Saint Grégoire le Grand, Dial., 1. v, ch, 22 et Poll., t. II, p. 221, nouv. éd.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
Au diocèse de Troyes, le triomphe et la fête de saint Savinien 1, martyr, qui souffrit des tourments incroyables sous l’empereur Aurélien et mourut en généreux défenseur du nom de Jésus- Christ. Il est fait mention de lui au martyrologe romain, le 29 de ce mois. — À Clermont, en Auvergne, saint ARTÈME, évêque, en l'honneur duquel on bâtit une église aux faubourgs de la ville. 394. — A Marseille, la translation de saint Victor, martyr 2. — Au diocèse de Besançon, la fète de saint Déicole ou Desle, disciple de saint Colomban, fondateur du monastère de Lure. Il est fait mention de lui au martyrologe romain, le 18 de ce mois 5. — Au diocèse d'Arras, saint Caïdoc, aussi disciple de saint Colomban, et apôtre des Morins #. — À Saint-Quentin de Vermand , saint Bertran ou Ebertram, abbé du monastère de cette ville, compagnon de saint Bertin, et l’un des auxiliaires de saint Omer dans ses courses apostoliques 5,
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe de l'Ordre des Frères Précheurs. — À Forli, dans l’Emilie, le bienheureux MAR< COLIN, confesseur, de l'Ordre des Frères Prêcheurs. 14387.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
Chez les Grecs, mémoire de saint MACÉDONE, prètre et solitaire. 420. — En Afrique, les saints Epictète, Ruppe, Publien, Galée, martyrs, mentionnés dans le martyrologe de saint
Jérôme. — A Rome, les saints Emetrius, Maxime, Félicissime, martyrs, mentionnés par le même. — En Grèce, saint Hellade, le commentateur, martyr. — A Cléopatris, en Egypte, les saints Paul, Pausirion, Théodotion, tous trois frères, martyrs sous Dioclétien. — En Sicile, les saints
Babylas, Timothée, Agape, martyrs; on a quelquefois confondu le premier avec saint Babylas, évêque d’Antioche, mentionné ci-dessus. Babylas avait dans sa jeunesse étudié les sciences saintes, ce'loe qui montrent le chemin le plus court pour arriver à Dieu. 1119 s. — En Syrie, saint Barsime et ses deux frères, martyrs. — A Clermont en Auvergne, les saints Vère et Supporine, dont les corps reposaient dans l’église de saint Artème, évêque de la même ville. Après 395. — En Grèce, saint Ephrem, évêque de Mylase, en Carie, et sainte Eusébie ou Xène, c’est-à-dire étrangère sur la terre, vierge, honorée autrefois dans le même pays. Eusébie, née à Rome, avait pris la fuite avec deux de ses servantes pour embrasser la vie monastique, et devint diaconesse à Mylase. Le jour de sa mort, une croix étoilée parut en plein midi dans le ciel. ve s. — A Cingoli, ancienne ville du Picenum, en Italie, saint Exupérance, évèque, originaire d'Afrique ; ses prières délivrèrent Rome de la peste. Saint Exupérance est patron titulaire de Cingoli. ve s. (probablement). — A Bénévenne, aujourd'hui Wedon, dans le comté de Northampton, décès de saint Cadoc 6, fondateur du monastère de Nan-Carvan, ou de la Vallée-des-Cerfs. Commencement du vie s. — À Bénévent, en