‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 39 sur 412 · PREMIER JOUR DE JANVIER · texte numérisé non relu

PREMIER JOUR DE JANVIER

MARTYROLOGE ROMAIN

LA CIRCONCISION de Notre-Seigneur Jésus-Christ et l’Octave 1 de sa Nativité, — À Rome, saint ALMAQUE, martyr, qui ayant dit : C’est aujourd’hu l’Octave de la naissance du Seigneur, mettez fin à vos superstilions et ne sacrifiez plus aux idoles, fut, par l’ordre d’Alipius, préfet de la ville, massacré par les gladiateurs. Vers 404. — Dans la même ville, sur la voie Appienne, les couronnes remportées par trente bienheureux soldats, martyrs sous l’empereur Dioclétien 2, Vers 303. — Encore à Rome, sainte Martine, vierge, qui, après avoir enduré divers supplices, sous l’empereur Alexandre 5, obtint enfin, par le glaive, la palme du martyre; sa fête se célèbre

1. L'Octave est l'espace de huit jours qui s'écoulent depuis une fête jusqu'au jour qui en termine la solennité, et qui est, rigoureusement parlant, celui auquel ce nom convient, Ücfava dies, le huitième jour.

L'ancienne loi avait ses Octaves pour certaines fêtes. Elles ont dû passer naturellement et sans interruption de l’ancienne loi dans la nouvelle. C’est ainsi que les Octaves de Pâques et de la Pentecôte sont aussi anciennes que le Christianisme. Celles de l'Epiphanie et de Noël sont aussi d'une très-haute antiquité. Pendant l'Octave, on répète une partie de l'office de la fête, et le huitième jour est ordinairement d'un rang plus élevé que les autres jours.

2. Remarquons ici comment la sainte Eglise de Dieu, instruite par l'Esprit-Saint lui-même de la propriété des termes, a coutume d'appeler les horribles supplices des martyrs : elle les appelle couronnes, palmes, départ pour l’autre monde, jour natal, ete. Le supplice de ces trente bienheureux soldats immolés le jour même des calendes de janvier, une des grandes fètes des Romains, paraît en contradiction avec les lois et les usages de ce peuple, qui défendaient aux magistrats d'exercer aucuns sévices les jours de fète. Mais la fureur et l’impaticnce des persécuteurs les portaient souvent à la violation de ces lois et do ces asages. Nous en avons des preuves nombreuses dans les Actes des martyrs. D'ailleurs, Philon, historien juif, ne dit-il pas ceci en parlant de Flaccus, gouverneur d'Egypte : « C'est la coutume de ne livrer au supplice aucun condamné, les jours de fête et les jours de la naissance des empereurs; mais lui, pen— dant ces jours, il livrait à des châtiments injustes des hommes innocents ». (£xtrait de Baronius.)

3. Pourquoi un martyr sous un prince comme Alexandre-Sévère, qui passe pour avoir été sympathique aux chrétiens ? La réponse est bien simple : c'est que la persécution de la Religion chrétienne par l'Etat romain, si elle se ralentissait par intervalle, ne cessait jamais complétement. Une loi ancienne citée par Cicéron proscrivait tout autre culte que le culte national : Que personne n'ait ses dieux à part; que personne n'en honore ni de nouveaux, ni d'étrangers, à moins qu'ils n'aient élé admis par l'Etat, (Cicér., des Lois, liv. IL.)

Mécène excitait déjà Auguste à recourir aux supplices et à forcer les étrangers à embrasser le culte des dieux romains : il donnait poux raison que c'était un moyen de veiller à la sécurité de l'empire. (Dion., liv. LIL.)

11 y eut ensuite des édits particuliers contre les chrétiens, portés par les empereurs conformément

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