Voir le Martyr. cist. au treizième jour d'Août
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avenues. Cherchant un endroit qu’il pût traverser, il vit sur la rive opposée douze ou quatorze pauvres qui lavaient leurs tuniques. L’un d’eux avait un vêtement d’une blancheur éblouissante, et il aidait tour à tour chacun de ses compagnons. — « Qui êtes-vous ? » leur dit le clerc.— « Ces pauvres sont des moines qui font pénitence et se purifient de leurs péchés; je suis, moi, Jésus-Christ. Cette cité, c'est le Paradis, où je règne avec ceux qui ont lavé leur vêtement et fait pénitence; voici le chemin que tu demandes à connaître depuis si longtemps. » — Le clerc raconta sa vision à l’évêque de Châlon, qui lui dit de se faire moine et lui indiqua le chemin de Citeaux. Il obéit. A la porte d’osier pendait un marteau de fer, il le souleva et ce fut l'un des pauvres de sa vision qui vint ouvrir! [1 reconnut de même tous les autres moines et leur raconta comment il les avait déjà vus, ce qui les ravit de joie. Ce clerc, qui avait nom Robert, devint un excellent religieux et fut prieur !.
Nous ne finirions point si nous voulions rapporter tout ce que nous trouvons à la gloire de ce saint fondateur dans les mémoires de son Ordre ; il nous reste à dire quelque chose de son pieux décès. Ce saint abbé ayant donc heureusement accompli ce que la divine Sagesse avait désiré de lui pour l'institution d’une des plus saintes et des plus célèbres congrégations, fut jugé digne d'aller posséder l’objet céleste après lequel on l'avait vu si fréquemment soupirer ; cette récompense lui fut procurée à l’occasion d’une fièvre qui fut assez violente pour causer la mort à celui qui ne pouvait plus vivre que de la vie des Bienheureux. Etant à l’extrémité et voyant ses religieux baignés de larmes et atiristés de l’état de souffrance où ils le voyaient, il les consola et releva leur courage, leur disant qu'ils ne devaient pas le plaindre dans les douleurs qu'ils lui voyaient souffrir, puisqu'elles allaient le mettre en possession d’un grand bonheur ; ajoutant que, s’ils savaient quel était le degré de gloire auquel Dieu lui avait fait connaître qu'ils étaient appelés, la vie présente leur deviendrait tout à fait ennuyeuse, et ils ne travailleraient uniquement que pour le ciel. Ensuite il récita d’une voix fort distincte, et qui marquait le contentement de son cœur, le Symbole des Apôtres ; après quoi, il dit les Zifanres de la sainte Vierge, et après ces paroles, Sancta Maria, ora pro nobis, Marie, priez pour nous, sa vénérable figure devint rayonnante comme un soleil, et il rendit doucement sa belle âme à son Dieu, le 26 janvier l’an 4409. On raconte qu’il apparut plusieurs fois à ses religieux lorsqu'ils étaient au chœur, ou à l’oraison, ou à l’ouvrage manuel], les exhortant à travailler efficacement à leur sanctification.
Saint Etienne, qui lui succéda, fit sur ce sujet, à ses religieux, un discours admirable qui a été heureusement conservé, et où, après avoir exprimé, d’une part, la douleur dont il est pénétré lui-même pour cette perte commune, il les anime aussitôt, en leur disant qu'ils doivent néanmoins se souvenir qu'il n’y a rien au monde de plus avantageux, pour ceux qui ont longtemps combattu sur la terre pour la gloire de Jésus-Christ, que d’être délivrés de la chair mortelle dont nous sommes enveloppés, afin d'aller jouir avec plus de liberté de celui qu’on aime par-dessus toutes choses, et qu'il faut verser des larmes bien plutôt sur ceux qui demeurent ici-bas dans le combat, toujours en doute s’ils remporteront la victoire, que sur ceux qui, étant victorieux, sont allés, comme le saint abbé Albéric, recevoir la palme due à leurs travaux. On pourra voir ce discours plus au long dans l’histoire de l'Ordre.
On peut représenter saint Albéric de la manière suivante : la sainte