‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 51 sur 412 · QUATRIÈME ABBÉ DE CONDAT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ABBÉ DE CONDAT

49-510. — Papes : Saint Léon le Grand; Vac., ap. Symmaque. — Rois des Burgondes : Hundioc; Gondebaud.

Et ungebant oleo mullos ægros, et sanabant.

Et les disciples oignaient d'huile un grand nombre de malades et ils les guérissaient.

Marc, vi, 18.

Saint Oyend (/Æugendus) naquit vers l’an 449, dans le Bugey ?, à Izernore, foyer d’idolâtrie devenu un foyer de christianisme ; Romain, Lupicin et leur sœur Jole illustraient à cette époque Izernore par leur sainteté. La mère d'Oyend étant ou morte ou retirée dans quelque monastère, son père reçut le sacerdoce pour offrir les saints mystères dans une église qu’on venait d'élever sur les ruines d’un temple païen. Il initia son fils, dès l’âge le plus tendre, aux cérémonies sacrées. Ce saint enfant montrait déjà, nonseulement par ses vertus, mais par des faveurs céiestes, ce qu’il serait un jour. A l’âge de six ans Dieu se révéla à lui dans un songe : il lui sembla que les deux abbés Romain et Lupicin, qui embaumaient les déserts du Jura du parfum de toutes les vertus monastiques, et dont il avait souvent entendu parler, venaient l’enlever du lit où il reposait ; l’ayant placé sur le seuil de la maison paternelle, la face tournée vers l'Orient, ils lui montrèrent les astres innornbrables dont la lumière embellissait la nuit, et lui firent entendre, comme autrefois le Seigneur à Abraham, ces paroles mystérieuses : « Ainsi sera ta postérité ». Bientôt, en effet, l'avenir se déroulant devant lui, il vit accourir vers lui des essaims de religieux ; alors le ciel s’ouvrit, et une pente douce et lumineuse y conduisait, comme l'échelle de Jacob, et des anges allaient et venaient en chantant, et parmi leurs chants, le jeune Saint remarqua ces mots, répétés à deux chœurs : « Je suis la voie, la vérité et la vie ». Cette vision a été racontée par Oyend lui-même, et son historien assure qu'il la tient de sa bouche. Son père, à qui il communiqua cet avertissement du ciel, lui fit apprendre, pendant un an, dans sa maison, les premiers éléments des lettres, et le conduisit ensuite, âgé de sept ans, à Romain et à Lupicin. À partir de cette époque, jusqu’à l’âge de soixante ans, Oyend ne sortit presque jamais des solitudes de Condat ; quoique encore enfant, tous les jours, après avoir accompli la tâche que lui imposait le supérieur ou l'abbé, il s’appliquait pendant de longues heures à l’étude et à la lecture ; il y consacrait même une partie de la nuit, et c’est ainsi qu’il devint habile dans les lettres latines et grecques. Il avait le plus grand soin de conserver son cœur pur; aussi Dieu le récompensa par des visions célestes. Un jour qu'il s'était endormi sous un arbre, il reçut la visite des saints apôtres Pierre, Paul et André. Après la mort de saint Romain, Minase, son successeur, veilla

1. La célèbre abbaye de Condat, bâtie sur le Mont-Jou, autrement Mont-Jura en Franche-Comté, porta le nom de Saint-Oyend jusqu'au xt siècle, qu'elle prit celui de Saint-Claude. Il s'est formé peu à peu une ville auprès de cette abbaye. En 1743, le pape Benoit XIV y érigea un évêché et fit une cathédrale de l'église. Ses chanoïnes, pour être reçus, devaient prouver seize quartiers de noblesse, huit paternels et huit maternels.

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