OEUVRES, RELIQUES ET MONASTÈRE DE SAINT-MACAIRE
Nous avons de saint Macaire des homélies spirituelles, quelques opuscules et quelques maximes ou apophthegmes, dont les mystiques font beaucoup de cas, et où l'on trouve, dit Feller, toute la substance de la théologie ascétique. La règle insérée dans le recueil de saint Benoit d'Aniane est attribuée avec assez de fondement à l’autre saint Macaire, celui d'Alexandrie, qui devint aussi le père spirituel de cinq mille moines.
Il existe encore au désert de Nitrie, aux environs d'Alexandrie, un monastère du nom de Saint- Macaire.
Ce monastère est très-ancien et fort ruiné. Ses murailles sont très-hautes, l’église très-vaste, et quoiqu'’elle ait souffert beaucoup de plusieurs dévastations successives, il est aisé néanmoins d'y reconnaitre les traces de son ancienne splendeur. On y voit encore cinq ou six tables d'’autel d’un marbre très-précieux.
Le corps de saint Macaire, son fondateur, y repose dans un sépulcre de pierre, environné et fermé d’une grille de fer et couvert avec une chässe qui lui sert de pavillon. Au dire des religieux, plusieurs autres Saints seraient inhumés dans celte église. Celte maison, jadis remplie de solitaires, n’en a plus qu'un petit nombre qu'on appelle moines cophtes ou maronites. Ce qu'il y a de mieux conservé dans le bâtiment qui reste de l'antique édifice, est une tour carrée où l’on entre par un pont-levis. C’est là que les religieux tiennent leurs livres, leurs provisions de chaque jour, et qu'ils se retirent quelquefois pour se mettre à l’abri des cruelles persécutions des Arabes. On voit aussi de pareilles tours dans les trois autres monastères qui sont non loin de celui-là, et dont l’un est sous l’invocation de saint Georges. Les portes de ces couvents, comme celles de celui de saint Macaire, sont recouvertes et protégées par d'épaisses lames de fer.
Le couvent fondé par saint Macaire jouissait de plusieurs privilèges, entre autres de celui-ci : Le patriarche d'Alexandrie, après son ordination, devait aller célébrer la Liturgie, comme on parlait alors, sur l'autel de saint Macaire. Il s’y rendait, comme le divin Maitre, sur une paisible monture, sur un âne. À son approche, les religieux allaient au-devant de lui; l’archimandrite du monastère le conduisait, on chantait des psaumes et des hymnes de joie, et on le proclamait solennellement comme à Alexandrie et au Caire. Un autre privilége du monastère, et une autre obligation du patriarche d'Alexandrie, était d'aller demeurer, au moins pendant la majeure partie du Carème, dans le couvent avec les religieux, pour y consacrer ce saint temps au jeùne et à la prière.
Le costume des religieux de saint Macaire consistait en une longue robe de drap bleu, un capuce et un scapulaire noir. Leur tête était couverte d’une grande calotte noire à oreilles. Les religieux qui vinrent à Rome en 1595 étaient encore habillés de cette manière. Il parait même que les religieux de saint Antoine étaient costumés à peu près, ce qui a fait qu'on les a souvent confondus.
On dit que les religieux du grand monastère de Saint-Macaire sont, en outre, possesseurs de la maison sacrée qu'habitèrent Jésus-Christ, sa sainte Mère et saint Joseph, lorsqu'ils s’enfuirent de Bethléem en Egypte, pour se dérober aux poursuites sanguinaires d'Hérode.
Voyez l'Histoire des Ordres religieux, t. x°r, Relig. de saint Macaire.