HT JOUR DE JANVIER
MARTYROLOGE ROMAIN
L'Octave de saint Jean, apôtre et évangéliste. — À Rome, sur la voie Appienne, la naissance au ciel ! de saint ANTÈRE, pape, qui souflrit sous l’empereur jules Maximin et fut enseveli dans le cimetière 2 de Calliste. 236. — Le même jour, saint PIERRE, qui, dans la ville d'Aulone, fut mis à mort par le supplice de la croix. 311. — Dans lHellespont, les saints martyrs Cyrinus, Prime et Théogène. Vers 320. — A Césarée, en Cappadoce, saint GORDE, ceuturion, sur l'éloge duquel il existe un discours magnifique de saint Basile le Grand, prononcé le jour de sa fête. Vers 320. — En Cilicie, les saints martyrs Zozime et Athanase le Greflier. 304. — Le même jour, les saints Théopempte et Théonas, qui, dans la persécution de Dioclétien, souffrirent un glorieux martyre. 304, — À Padoue, saint DANIEL, martyr. 168. — A Vienne, dans les Gaules, saint FLORENT, évêque, qui, envoyé en exil du temps de l'empereur Galien, y consomma son martyre. 252. — A Paris, sainte GENEVIÈVE, vierge, qui, ayant été consacrée à Jésus-Christ par saint Germain, évèque d'Auxerre, brilla par ses admirables vertus et par ses miracles. 512.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
Aux frontières de l’Angoumois et du Périgord, saint Ymas (Eumachius), prêtre et confesseur, dont le corps était à Barbézieux, en Saintonge, dans une église de son nom. ve s. — Dans l'abbaye de Saint-Valery, au pays de Vimeux, en Picardie, saint BLIMOND (Blithmundus), abbé, qui, ayant été guéri d'une maladie grave par saint Valery, embrassa ensuite son institut, dont il fut le restaurateur, après que l'abbaye eut été détruite par le malheur des guerres. vire s. — A Dijon, saint Eustade, grand-oncle de saint Grégoire de Tours, et premier abbé de Saint-Bénigne. vie s. — À Mareuil, près le Mont-Saint-Eloi, en Artois, sainte Bertille (Bertilia) 5, vierge et veuve, dont le corps fut mis dans une chässe en 1228. Vers 687.— A Gap, saint Constant, évèque de cette ville, qui assisla au Concile d'Epaone en 517, et à celui d'Orange en 519, — Commémoraison de la deuxième invention des reliques de saint Quentin. 647.
MARTYROLOGE DES ORDRES RELIGIEUX
Murlyrolage des Chanoines réguliers. — L'Octave de saint Jean, apôtre et évangéliste, cotitulaire de la basilique de Latran.
1. La naissance au ciel, c'est ainsi que se traduit en français l'admirable expression latine nafalis des, qui est très-ancienne dans l'Eglise, t par laquelle le christianisme, hardi à contredire le monde, appelle du nom radieux de naissance ce qui n'est pour celui-ci que la sombre et sinistre mort. Orixène en rend exactement compte dans le troisième livre de son commentaire sur Job. Et le pape Nicolas, dans sa lettre aux Bulgares, vers la fin du chapitre cinquième, s'exprime ainsi : « Quand quelqu'un sort de cette vie, nous disons qu'il naît, Si, lorsqu'un enfant sort du sein maternel pour venir à la lumière du jour, on dit dans un langage commun qu'il nait, combien n'a-t-on pas plus raison de le die de celui qui sort des ténèbres de ce monde pour s'élever à la lumière des vivants? » (Baronius.)
2. Le mot de cimetière, que nous trouvons pour la première fois dans le Martyrologe, mérite d'être remarqué. C'est une expression toute chrétienne, une création de cet esprit évangélique suivant lequel la mort est considérée comme une délivrance, comme une naissance à la vie céleste; il vient d'un verbe grec qui signifie Jormir, et veut dire proprement orloir, I] y avait à Rome un grand nombre de ces dortoirs chrétiens. Baronius en compte et en décrit plus de quarante. Ils étaient tous situés hors des murs : ainsi le voulait la législation païenne, inspirée par le sentiment de l'horreur de la mort. (Extrait de Baronius.)
2. La fête de sainte Bertille se célèbre le 11 octobre dans le diocèse d'Arras; sa légende est renvoyée à ce jour.
SAINT ANTÈRE, PAPE. M
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
En Afrique, les saints Martial, Statulien, Constance, Possesseur, Hilarin, Firmus, Candide, Rogatien, Eugénie, Lucide, Acuta, Pœnica, martyrs, mentionnés dans le Martyrologe de saint Jérôme.— À Tomes (Bulgarie), les saints Claudon, Eugène, Rhode, Diogène, Eugent, Khodon, Prima, martyrs, mentionnés dans le même Martyrologe. — En Sicile, saint Lucien, évèque de Lentini et confesseur. Vers l’an 330. — En Angleterre, saint Mélore ou Meilleur, fils d'un duc de Cornouailles, élevé dans un monastère de la même contrée, et tué, à quatorze ans, par les ordres de son oncle, qui avait usurpé le duché de son père !. Vers l'an 411. — En Italie, saint Sauveur, évêque de Bellune, d’après une antique tradition; à une époque inconnue. — À Arras, translation de la tête de l’apôtre saint Jacques, frère de saint Jean l'Evangéliste ; cette sainte relique, donnée au monastère de Saint-Vaast par Charles le Chauve, fut enlevée par Philippe, comte de Flandre, en 1174, puis rapportée sur les réclamations de l'abbé, en 1177; des miracles s’opérèrent sur son passage. — Le mème jour, l'enlèvement au ciel du patriarche RÉNOCE, fils de Jared, après qu'il eut passé 365 ans sur la terre.
SAINT ANTÈRE, PAPE
236, — Empereur : Maximin 1°".
Antère, Grec d’origine, dit le Z+ber Pontificalis, était fils de Romulus. Il siégea un mois et douze jours sous le consulat de Sévère et Quintianus. Il avait fait déposer, dans le lieu le plus caché de l'église, les Actes des martyrs, recueillis par les notaires. Le préfet de Rome, Maxime, fit rechercher ce précieux dépôt et envoya au supplice le bienheureux Antère qui refusa de le livrer. En une ordination, au mois de décembre, Antère consacra un évêque. Il fut enseveli dans la catacombe de Calliste, sur la voie Appienne, le III des nones de janvier (3 janvier 236). Le siége épiscopal demeura vacant treize jours. « Les glorieux Mémoires dont la rédaction était confiée aux notaires de l'Eglise romaine, dit dom Guéranger, devaient s'être considérablement accrus en nombre et en importance durant les persécutions de Trajan, d’Antonin, de Marc-Aurèle et de Sévère. Nous avons vu quelles pages sublimes la tyrannie d'Almachius, sous Alexandre, leur donna l’occasion d'y ajouter. Le saint pape Antère s’occupa de réunir ces Actes dont il se fit rendre compte par les notarii, afin de les recueillir dans les archives du Siége apostolique *». Une fresque, peinte au plafond du cubiculum du cimetière des saints Nérée et Achillée, qui est proche de celui de Calliste, semblerait avoir eu pour objet de conserver à la postérité le souvenir de cette mesure prévoyante d'Antère. On y remarque un personnage vénérable assis sur une chaire, entre deux ministres debout à ses côlés. Ses deux mains sont étendues pour bénir trois personnages, dont l’un est à genoux et les deux autres dans l'attitude d’une profonde vénération. Ils viennent de déposer à ses pieds une caisse de forme ronde, remplie de volumes roulés, dont ils semblent lui faire hommage. Le savant archéologue Bianchini n'hésite
1. La vie de saint Mélore commence ainsi : « Lorsqu'à l'origine de la foi chrétienne Ja doctrine des Apôtres était portée chez toutes les nations de la terre, la gentilité de la Bretagne se convertit... » Nous transcrivons ces mots à l'adresse des adversaires de l'apostolicité de l'Erlise des Gaules. et nous leur demanderons comment des \Missionnaires de l'époque des Apôtres ont pu aller prêcher dans la Cornouaille, sans songer à évangéliser les Gaules qu'iis traversaient d'un bout à l'autre?
Les reliques de saint Mélore étaient vénérées en France au xt siècle; mais il y a longtemps qu'on en a perdu la trace. (Acta Sanctorum, t. 1er.)