‹ Les petits Bollandistes (volume 2)Chapitre 95 sur 412 · Voir la vie de saint Oyend, au 1er janvier · texte numérisé non relu

Voir la vie de saint Oyend, au 1er janvier

diocèse de Reims, le bienheureux Roger, de l'Ordre de Citeaux, moine du monastère de Lorrois (Louis Régis), en Berry, puis abbé d’Elan. 4175 1,

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe de l'Ordre de Saint-Basile le Grand. — Près de Caccabe, en Sicile, saint Théoctiste, abbé de l'Ordre de Saint-Basile, fondateur du monastère de Saint-Nicolas Cucumien, célèbre par l’austérité de sa vie et par la gloire de ses miracles. Vers 800.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES,

A Limbourg, en Allemagne, sainte Néophyte, vierge et martyre ; cette jeune princesse, nièce du roi de Northumbrie, Osvald, fut demandée en mariage par un puissant personnige d'Espagne, et refusa de le suivre pour s’enfermer dans un monastère voisin. Enlevée de furce avec huit de ses compagnes, elle méprisa les menaces comme les séductions ; elles furent égorgées toutes les neuf par leurs ravisseurs. Ensevelie pieusement par ses parents, son corps fut d’abord t'ansporté à Rome, puis ramené au monastère de Limiourg, fondé en 1034 par l'empereur Conrad. vie siècle. — Saint Æduus, évêque, mentionné dans le martyrologe de saint Jérôme, sans désivnation de siége, — À Brème, le bienheureux Libentius, archevèque de cette ville. Le roi des Danois, Suénon, ayant résisté à ses prières en faveur des chrétiens, fut deux lois varncu et emmené captif par les Slaves, Le courageux archeêque lança l’excommunication contre des pirates qui dévastaient son diocèse, et consacra plusieurs évêques qu'il envoya prècher la foi chez ces barbares. An 4043. — En Italie, la bienheureuse ANGÈLE DE FOLIGNO, près d'Assise, siinte veuve dont la vie a été écrite par son coniesseur, le trère Arnaud, franciscain, et par plusieurs antres ensuite; on en trouver: ci-après l'analyse. Après de longues souffrances, elle alla recevoir la palme céleste le 4 janvier 4309. — En Ancleterre, saint Rumon, évêque de Tavistock. Epoque antérieure au xe siècle, mais absolument inconnue, — En Augleterre, saint David de Bangor, évêque et confesseur de l’empereur Henri V. — Au munastère de la Vallée-d s-Roses ou de Rosenthal, près de Malines, sainte Elisabeth, de l'Ordre de Citeaux, célèbre par sa piété et sa pénitence. 1560. — En Portugal, saint Cisinand, disciple de saint Bernard.

ÉVÊQUE DE CRÈTE Vers la fin du 4er siècle.

Oportet episcopum sine crimine esse. sicut Dei dispensatorem.

Il faut qu’un évêque soit sans tache, comme il convient à un dispensateur des dons de Dieu. Ep. ad Tit, 1,7.

« Le 4 janvier, en Crète, dit le Martyrologe romain, fête de saint Tite, que l’apôtre saint Paul avait ordonné évêque de cette île, et qui, après avoir rempli avec une grande fidélité le ministère de la prédication évangélique, finit heureusement ses jours, et fut enterré dans l’église qui avait été confiée à ses soins par le saint Apôtre ? ».

Entrons maintenant dans quelques détails traditionnels. Voici, sur la

1. Elan, abbaye de l'Ordre de Citaux, était fille de Lorrois, comme Lorrois l'était de la Chaise-Dieu, £lan, fondée par Withier, comte de Rethel, devint le lieu de sépulture de sa famille et de sa descendance, Le bienheureux Roger, qui en fut le premier abbé, était Anglais de nation : il mena, dit son biographe, ne vie toute angélique (Acta Sanctorum, t. 1er, janv., p. 182 et suiv.).

2. Martyrolog. Rom. 4 januarii ; Beda, ac cæteri Latinorum, Græci autem 7 Menologio, 25 augusti.

VIES DES SAINTS. — TOME Ier, 8

conversion de saint Tite, ee que nous trouvons dans les anciens monuments orientaux et occidentaux :

Zénas, l’un des 72 disciples, homme apostolique et versé dans la science des lois, a écrit sa vie, où il témoigne que Tite était né de parents nobles, et qu'il était de la race royale de Minos, roi de Crète. Il avait consacréses premières années à l'étude des lettres profanes, des poésies d’Homère et des ouvrages des philosophes : étude très-estimée parmi les Grecs et réputée la seule capable de mettre un jeune homme sur la voie des honneurs.

Tite vaquait donc à cette occupation et avait déjà atteint sa vingtième année, lorsqu'il entendit une voix du ciel qui lui dit de quitter ce lieu et de sauver son âme.

Cette science profane des Grecs, ajouta-t-elle, vous sera peu utile pour le salut.

Tite souhaitait entendre encore une fois la voix mystérieuse, pour s’assurer si elle venait du ciel; car il savait que quelquefois les idoles faisaient entendre des paroles superstitieuses. Il attendit donc encore une année entière. Alors il eut une révélation, où il lui fut recommandé de lire les Ecritures des Hébreux. Lors donc qu’il eut ouvert Isaïe, il tomba sur ce passage :

« Toutes les îles de la terre, prêtez à mes paroles une oreille attentive. Israël doit être sauvé par un salut (ou par un Sauveur) éternel?..... » Et ce qui suit.

C'est pourquoi le proconsul de Crète, qui était l’oncle de Tite, ayant appris la prodigieuse et heureuse naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ainsi que les miracles qu’il opérait à Jérusalem et aïlleurs, sur l'avis des grands qui l’environnaient, envoya Tite à Jérusalem pour y être témoin oculaire des prodiges du Christ. On le jugeait, en effet, très-capable d’apprécier les faits de Jésus-Christ, de l'entendre et même de lui parler avec àpropos, puis de rapporter aux grands de la Crète ce qu’il aurait vu et entendu.

Tite se mit donc en route pour Jérusalem. Lorsqu'il y eut vu Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qu’il lui eut rendu ses hommages et ses adorations, il demeura dans cette ville, et fut ainsi le spectateur de ses miracles. Il crut en lui et devint son fidèle disciple. Il fut compté au nombre des 725. Il fut également témoin de la Passion, source de notre salut, de la sépulture et de la résurrection de Jésus-Christ, de son ascension dans les cieux, de l’avénement du Saint-Esprit et de sa descente sur les Apôtres. Il se trouva présent parmi les cent vingt, et vit les trois mille hommes qui, après avoir entendu la prédication de saint Pierre, crurent en Jésus-Christ.

Les Apôtres le consacrèrent évêque ou apôtre, et l’envoyèrent avec saint Paul évangéliser les Gentils. Il vint d’abord avec Paul à Antioche, @e là à Séleucie, puis en Chypre, à Salamine, à Paphos. De là il partit pour Pergé, ville de Pamphylie, et pour Antioche de Pisidie ; il alla ensuite à Icône, où

1. Ce qui suit se trouve répété plus ou moins longuement dans les divers Ménées et Ménologes des églises grecques et orientales; dans les auteurs latins, et en particulier dans Pierre des Noels. (Ap. Bolland. 4 janv.)

2. Isaïe, xLr, 1, etc., selon la version des Septante, qui était alors entre les mains de Tite et de Zénas : TZnnovamini ad me, Insulæ mulltæ. Zsrael salvatur a Domino (Jehova) salutem sempiternam. In Vulgata autem : Taceant ad me Insulæ, etc.

3. Saint Hippolyte et saint Dorothée assurent que « saint Tite fut l'un des soixante-douze disciples de Jésus-Christ; que plus tard il fut évêque de Crête, prêcha l'Evangile dans cette île et dans les autres adjacentes; qu'il mourut en Crête, et qu'il y fut enseveli avec gloire ». (S. Doroth. x synopsi.) La célèbre chronique d'Alexandrie le compte le soixante-troisième parmi les septante disciples de Notre-Scigneur. In Biblioth. SS. PP., t. xv, p. 62.)

il logea dans la maison d’Onésiphore. Puis il vint à Lystre et à Derbé, préchant en tout lieu avec saint Paul la parole évangélique. Il y avait déjà plus d’un an que Rutilius, le mari de sa sœur, gouvernait l’île de Crète en qualité de proconsul, lorsque Paul et Tite débarquèrent dans cette île et commencèrent à y prêcher Jésus-Christ. — Rutilius, parent de Tite, tournait en dérision les deux apôtres. Mais quelque temps après, son fils étant venu à mourir et ayant été ressuscité par saint Paul, Rutilius se convertit à la foi et reçut le baptème avec toute sa maison. Les deux apôtres firent construire une église dans l’île, et Tite fut institué archevêque de Crète, et de toutes les îles adjacentes, Après que ce disciple illustre et zélé eut gouverné quelque temps cette vaste église, il accompagna de nouveau saint Paul dans ses courses apostoliques, et reçut de lui mission particulière pour aller évangéliser la Dalmatie !, comme saint Paul lui-même nous le fait connaître dans son épiître à Timothée. C’est la raison pour laquelle ce pays honore saint Tite comme son premier apôtre. On rapporte que ce saint disciple ordonna premier évêque de Salone saint Domnius, qui est honoré le 7 de mai. La dignité de métropole, dont jouissait autrefois ce siége, a été depuis transférée à Spalatro.

Saint Paul avait une telle estime et un tel attachement pour saint Tite, qu'il en fit son interprète ordinaire ?. Il l’appelle son frère et le coopérateur de ses travaux. Il le représente comme un homme brûlant de zèle pour le salut des âmes °. Lorsqu'il parle de la consolation qu’il en recevait, il se sert des expressions les plus tendres : « Dieu », dit-il, « qui console les humbles et les affligés, nous a consolé par l’arrivée de Tite ; et non-seulement par son arrivée, mais encore par la consolation qu'il a lui-même reçue de vous, m’ayant rapporté l’extrême désir que vous avez de me revoir, la douleur que vous avez ressentie, et l’ardente affection que vous me portez : ce qui m'a été un plus grand sujet de joie * ». I1 va jusqu’à dire qu’il n’avait point eu l'esprit en repos, pour ne l’avoir point trouvé à Troade ÿ.

L’an 51 de Jésus-Christ, Tite suivit saint Paul à Jérusalem, et assista avec lui au concile que tinrent les Apôtres pour décider la question qui s’était élevée au sujet des observances légales. Quelques faux frères d’entre les Juifs l'ayant voulu assujétir à la loi de la circoncision, l’Apôtre réclama la liberté de l'Evangile. Il est vrai qu’il avait circoncis Timothée ; mais les circonstances étaient changées, et faiblir en celles-ci, c’eût été reconnaître la nécessité des rites anciens.

Vers la fin de l’année 56, saint Paul envoya saint Tite d'Ephèse à Corinthe, avec plein pouvoir de remédier à plusieurs sujets de scandale, et de terminer les différends et les divisions qui troublaient l’église de cette ville. Il y fut reçu avec les plus vives démonstrations de respect, et tous les fidèles s’empressèrent de lui procurer toutes sortes de secours. Mais en excellent imitateur du grand Apôtre, il ne voulut rien recevoir, pas même ce qui était nécessaire aux plus indispensables besoins. Son arrivée produisit de très-heureux effets : les coupables se repentirent et rentrèrent dans le devoir. Sa tendresse pour les Corinthiens était extraordinaire, et il se chargea de solliciter en leur nom la grâce de l’incestueux corinthien excommunié par saint Paul. Les affaires de l’église de Corinthe étant en bon état, il alla rejoindre le saint Apôtre, auquel il rendit compte du succès de son voyage. Quelque temps après, il fut envoyé une seconde fois dans la même ville, afin de faire préparer les aumônes destinées aux pauvres de Jérusalem.

1. II Timoth., 1v, 10. — 2. Comme saint Pierre, dans le même temps, avait fait saint Marc son interprète accoutumé. — 8, IL Cor., vint, 16; xxx, 18. — 4. II Cor., var, 6, 7. — 5, II Cor., xx, 15.

Après que saint Paul fut retourné en Orient, samt Tite revint à l’île de Crète, où il y avait une église nombreuse très-florissante, qui était regardée par les anciens, et notamment par saint Jean Chrysostome, comme l’une des plus importantes. Mais l’apôtre saint Paul ne put longtemps se passer d’un compagnon tel que notre Saint. Ce fut ce qui l’engagea à lui adresser, dans l'automne de l’année 64, l’épître qui fait partie de nos divines Ecritures. I] lui mandait de le venir trouver à Nicopolis, en Epire, où il comptait passer l'hiver, aussitôt après l’arrivée d’Artémas et de Tychique, qu'il envoyait pour le remplacer. Il le chargeait ensuite d'établir des prêtres, c’est-à-dire, selon saint Jérôme, saint Chrysostome, Théodoret, etc., des évêques, dans toutes les villes de l’île. Plusieurs auteurs font voir, par les paroles de saint Paul à Tite, que ce dernier était revêtu de la dignité archiépiscopale, et ensuite que les archevêques sont d'institution apostolique. — Après le détail des qualités nécessaires à un évêque, l’Apôtre donne à Tite de sages avissur la conduite qu’il doit tenir envers son troupeau, et sur l’accord de la fermeté et de la douceur dans la manutention de la discipline. Les pasteurs puisent dans cette épître la connaissance des vraies règles, et s’excitent à s’y conformer avec la même fidélité que saint Tite.

Après que saint Paul eut été martyrisé par Néron, saint Tite ne s’occupa plus de courses apostoliques comme auparavant ; il s’attacha au soin de l’église de Crète, séjourna dans la métropole, et établit dans les divers lieux des prêtres et des diacres. Il s’acquittait lui-même avec zèle du devoir de la prédication. — Un jour qu’il dissertait avec éloquence sur la foi que l’on doit avoir en Jésus-Christ, il se trouva des païens qui résistèrent à sa parole et qui demeurèrent incrédules. Dans cette circonstance, il adressa une prière au Seigneur, et à l’heure même l'idole de Diane, qu'adoraient ces idolâtres, tomba et fut réduite en poussière. A la vue d'un tel prodige, cinq cents personnes se convertirent à Jésus-Christ et reçurent le baptême.

Un autre jour, saint Tite passait devant le palais et l’édifice sacré que, par ordre de l’empereur, le proconsul Secundus avait fait construire en l'honneur de Jupiter. Il maudit ce temple, qui à l'instant même tomba en ruines. À ce spectacle, Secundus vint trouver saint Tite, et le pria avec larmes de ne pas permettre que la perte d’un ouvrage si dispendieux pesât sur lui et le rendit responsable devant l’empereur. Saint Tite lui commanda de recommencer la reconstruction de l'édifice au nom du seul Dieu des chrétiens, en l’assurant que par ce moyen il pourrait le rétablir conformément au vœu qu'il venait d'exprimer, ce qui fut ainsi exécuté. L'ouvrage achevé, Secundus reçut avec son fils le sceau du baptême.

Ce fut vers ce temps que saint Tile, qui, comme il a été dit, avait recu de saint Paul une lettre précieuse, en reçut de saint Denis une autre plus étendue !, relative à la théologie et à des matières de l’Ecriture sainte. C’est l’épiître 1x°, qui se trouve parmi les œuvres de saint Denis. Cet autre disciple de saint Paul lui envoya en même temps son traité de la théologie symbolique.

Dexter, dans sa Chronique ?, assure que saint Tite est venu évangéliser l'Espagne ; qu'il y opéra de grands miracles, dont on conservait parfaitement le souvenir au 1v° siècle. Il ajoute même que Pline le Jeune, après avoir quitté le Pont et la Bithynie pour venir en Crète, où il avait bâti un temple à Jupiter par l’ordre de Trajan, fut converti à la foi dans cette île par saint Tite 8, |

1. Ité Bolland.; Pctr. Ialioix; Pachymerus, ete, — 2. Chron. an, 220. — 8. Ibid.

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