‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 109 sur 339 · Voir la vie de sainte Irène au 5 avril · texte numérisé non relu

Voir la vie de sainte Irène au 5 avril

2. Les Bollandistes pensent que Baronius & eu en main une mauvaise version, puisqu'il n’a pas déterminé l'âge et le sexe de ces cinq Martyrs, ou que plutôt il a donné à entendre qu'il s'agit de cinq Martyrs du sexe masculin. Plusieurs manuscrits grecs et les Ménées s'accordent à dire que les Martyrs de Lesbos étaient cinq jeunes filles et qu’elles périrent par l'épée.

Felice pugna ensis puellas Lesbias Unam, duas, tres, quattuor /sic), quinque abstulit.

3. Le mot alleluia est d'origine hébraïque et signifie : Louez Dieu. Allelu inspire une idée de louange joyeuse ; iah est un des noms divins et peut se traduire par celui qui donne l'être. Tobie et les psaume emploient ce mot que saint Epiphane dit avoir été chanté d'abord par le prophète Aggée, qui le fit entendre lorsqu'il vit debout les bâtiments du nouveau temple. Il fut adopté de très-bonne heure dans l'Eglise, comme le témoignent saint Augustin, saint Jérôme et d'autres écrivains ecclésiastiques. I1 fu introduit dans l'Eglise latine sous le pape Damase, et non point, comme on l'a dit, sous le pape saint Grégoire le Grand qui s'en défend : ce dernier décréta seulement que l'alleluia serait chanté toute l'année. Alexandre II régla qu'on l'omettrait depuis la Septuagésime jusqu'à Pâques. L'histoire de sainte Radegonde nous apprend que du temps de cette sainte Reine, le chant de l'alleluia était déjà en usage dans l'église de France. Voir une dissertation complète sur l'Alleluia, par M. l'abbé Ant. Ricard, de Marseille.

4. Ce Martyr est indiqué par Du Saussaye. Les Bollandistes, qui, en leur qualité de Belges, étaient parfaitement à même de se renseigner, n'ont rien découvert à son sujet.

5. Claude Ménard. — Le père de cette sainte Religieuse était Claude Ménard, le savant critique auquel on doit l'{linéraire d’Antonin, l'Opus imperfectum de saint Augustin contre Julien; trois vies de saint Louis : celle de Joinville, celle de Geoffroy de Beaulieu, confesseur du monarque, et la troisième par Guillaume de Chartres, son chapelain. Très-expert dans la critique des manuscrits, il les publia d'après d'anciennes copies et les accompagna de notes encore estimées aujourd'hui,

Mais Claude était aussi pieux chrétien qu'il était savant écrivain : sa place était marquée dans toutes les bonnes œuvres à faire, et l'on sait que le xvzre siècle en a beaucoup vu naître. Lieutenant de la prévôté d'Angers, il était plus connu encore par sa compassion envers les pauvres que par le poste distingué qu’il remplissait,

Dès l'âge de trente-trois ans, il fit, avec le consentement de sa femme, le vœu de continence perpétuelle. Son lit fut désormais une couchette semblable à celle des religieux les plus austères; il ne fit plus qu'un repas par jour, se levait dès quatre heures et récitait son bréviaire. Comme tous les vrais chrétiens pour qui la terre est un exil et nos églises le portique du Paradis, il aimait passionnément nos saints tabernacles. Il assistait aux offices de sa paroisse autant pour donner le bon exemple à ceux qui, dans la société, se trouvaient au-dessous de lui, que pour satisfaire à sa dévotion. Dès que sa femme eut fermé les yeux, il voulut se consacrer plus étroitement encore au Seigneur, et entra dans les saints Ordres : il était diacre lorsqu'il mourut à Corzé, le 20 janvier 1652. Tel était le père de la vénérable mère Marie de Saint-Joseph; telle était une de ces belles et énergiques figures de chrétiens comme en offrait souvent la magistrature française au grand siècle.

Martyrologe des Cisterciens. — Au monastère de Villiers, en Brabant, de l'Ordre de Cîteaux, sainte Julienne, vierge de Cornillon, qui, éclairée par des révélations divines, fit instituer la fête du Saint Sacrement, et, après de grands travaux, un long exil et de graves misères, comblée de mérites, honorée du don des miracles, de l'esprit de prophétie et des consolations d’en haut, passa de cette vie à son céleste Epoux.

Martyrologe des Frères Précheurs. — À Vannes, en Bretagne, saint Vincent Ferrier.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

En Mésopotamie, saint Claudien, martyr, de la nation des Perses. On croit qu’il souffrit sous Chosroès. vie s. — Chez les Grecs, saint Therme, martyr ; les saintes Domina et Ancilla, ou plus probablement une sainte matrone et sa servante, également martyres. — En Irlande, saint Tigernac, évèque. Emmené captif en Angleterre, il ressuscita les deux fils d’un roi, et, après un long apostolat, fut consacré évêque sur un ordre divin transmis par sainte Brigitte. Il mourut aveugle dans un monastère qu’il avait fondé en Irlande. Vers 550. — A Thessalonique, sainte Théodora, veuve et re‘igieuse. 880. — À Monte-Corvino, dans la Pouille, saint Albert, évêque. Ses larmes, ses jeûnes et ses macérations lui firent perdre la vue; il n’en continua pas moins jusqu'à sa mort l'exercice des plus rares vertus épiscopales. 1427. — A Douai, saint Mercure, martyr romain, dont les reliques furent données, en 1650, aux Carmes déchaussés de cette ville. — Mémoire des principaux disciples de saint Vincent Ferrier : le bienheureux Antoine Fuster, de l’Ordre de Saint- Dominique. Il avait un talent merveilleux pour pacifier les ennemis : il exerça particulièrement ce talent dans la ville de Vich, en Catalogne, qui était déchirée par les factions ; — le bienheureux Joffre de Blanes du même Ordre. Ce bienheureux Père avait une grande éloquence. Plusieurs évéques et archevèques, pour attirer les fidèles à ses prédications fructueuses, accordèrent diverses indulgences à tous ceux qui assistaient à ses sermons ou entendaient sa messe. L'histoire nous le montre comme ayant une très-grande dévotion envers la Très-Sainte Vierge, qui lui apparut plusieurs fois. Pendant sa vie et après sa mort il opéra nt vrand nombre de miracles. Il mourut à Barcelone en 1414 ; — le bienheureux Pierre Cerdan, de 1 Grece des Frères Prècheurs encore. Quand il se mit à la suite du Saint, il était simple et illettré. Mais, lorsque son maitre spirituel mourut, il sembla avoir hérité de son éloquence. On le vit soudain prêcher avec tant de science et d’entrainement, qu’il étonna tous ceux qui le connaissaient. Il mourut, en 1422, dans la ville de Graus, en Catalogne. Au moment où il expira sur un lit de sarments, sa couche habituelle, les cloches se mirent en branle d’elles-mêmes, et une clarté céleste environna ses saintes dépouilles. Son corps fut précieusement conservé, et l’on en fit plusieurs translations solennelles. On l’a toujours honoré d’un culte public dans l’église de son Ordre, et l’on attribue à son intercession la guérison de plusieurs maladies ; — le bienheureux Blaise d'Auvergne, qui renonça généreusement à son riche patrimoine pour entrer aussi dans l'Ordre des Frères Précheurs. Il mourut après la canonisation de son maitre, Ses reliques furent conservées au couvent de Sisteron, en Provence, où on lui rendit toujours le culte des Saints; — le bienheureux Pierre Quéralt, autre dominicain. [l brilla d’un vif éclat dans la compagnie de Vincent. Sa vie se prolongea jusqu’en 4462. Son corps, ayant été enseveli dans le couvent de Lérida, en Espagne, se conserva intact jusqu'aux guerres de 1708, où il fut mis en pièces par les soldats ; — les bienheureux Jean d’Alcoy et Pierre de Maya, de l'Ordre encore. Ils furent des premiers à se mettre àla suite de saint Vincent. Aussi étaient-ils ses disciplesles plus chers ; ils le remplaçaient quand il était malade; — le vénérable Jean de Gentilpré. Il étudiait à Toulouse, en 1417, lorsque, gagné par la parole du Saint, il prit avec deux autres l’habit des Frères Prêécheurs et se joignit à sa compagnie. Il avait demandé à Dieu la grâce de prêcher tous les jours et de mourir en préchant. Le jour de sa mort, les religieux et plusieurs séculiers remplissaient sa cellule ; il ramassa toutes ses forces, leur parla du royaume de Dieu, et mourut au milieu de cette suprême exhortation ; — le vénérable Martin de Vargas, cistercien, réformateur du couvent de Piétra, et de la plupart des monastères de son Ordre en Espagne ; — le bienheureux Jean Gilabert, de l'Ordre de la Merci. L'obéissance aux ordres du Saint lui fit quitter sa compagnie ; en arrivant à la porte du monastère qu’on lui avait assigné, il rendit l’âme. Saint Vincent fut instruit de sa mort par une révélation ; il célébra pour lui le saint sacrifice, et il fit en chaire l’éloge de ses vertus ; — le bienheureux Boniface Ferrier, frère du Saint, qui, devenu veuf, entra, d’après ses conseils, dans l'Ordre des Chartreux, mérita par ses vertus d’en être élu général, et fut considéré comme un Saint ; — saint Bernardin de Sienne, que, dans une entrevue, Vincent engagea à embrasser l'Ordre de Saint-François, en lui prédisant même publiquement ses futurs succès dans le ministère apostolique; — la bienheureuse Marguerite, princesse de Savoie, que le Saint reçut à l’habit du Tiers Ordre de Saint-Dominique, et dont la sainteté a été reconnue par l'Eglise ; — la bienheureuse Agnès de Moncada, pauvre jardinière, qu'une de ses prédications détermina à vouer à Dieu une perpétuelle virginité, et qui, suivant une inspiration particulière, alla comme Madeleine se retirer dans une grotte inconnue, où, après sa mort, Dieu manifesta sa sainteté par d’éclatants prodiges. x1ve et xve 5,

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