LE BIENHEUREUX ÉVRARD OU EBERHARD
COMTE DE NELLENBURG, FONDATEUR DU MONASTÈRE ET DE LA VILLE DE SCHAFFHOUSE
1075. — Pape : Saint Grégoire VII.
Pendant que nous en avons le temps, faisons le bien. Galat., vi, 10.
Vers l’an 1004 de Jésus-Christ florissait en Souabe, province de la Germanie supérieure, Ebbon, comte de Nellenburg, riche en champs et en toutes sortes de biens. Il avait épousé Edwige, fille d’un prince hongrois, et parente de l’empereur saint Henri. Or, Edwige était éminemment pieuse : la prière et l’exercice de la charité faisaient ses plus chères délices. Chaque nuit elle se levait en silence pour adorer Dieu : cette sainte habitude de sa femme irrita Ebbon, qui n’était rien moins que dévot. Une fois il lui arracha des mains son livre d'heures et le jeta dans le feu. Le lendemain le livre fut retrouvé intact au milieu des charbons incandescents. Ce prodige frappa tellement Ebbon, qu'il ne s’opposa plus aux exercices de piété de sa femme, et que lui-même professa, dès ce moment, des sentiments plus religieux.
Tels étaient le père et la mère du bienheureux Evrard.
Ebbon mourut de bonne heure; sa sainte épouse, seule chargée de l’6ducation de leur unique enfant, en confia la direction à un prêtre aussi pieux qu’éclairé, nommé Lupard.
Quand il en fut temps, elle chercha pour son fils une épouse digne de lui : son choix tomba sur une jeune personne nommée Itta. Puis, son œuvre étant accomplie ici-bas, Edwige se retira à Mayence et termina heureusement ses jours dans un monastère qu’elle avait fait bâtir aux environs de cette ville.
Des six enfants que Dieu avait donnés au bienheureux Evrard, un seul lui restait, celui qui devait hériter de son nom et de sa fortune. Celle-ci était assez considérable pour que le noble comte pût en consacrer une partie à de bonnes œuvres sans nuire à l'établissement de son héritier dans le monde.
Il commença donc par aller porter son offrande au tombeau des Apôtres, à Rome, et à Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne. Revenu à son manoir, il résolut de mettre à exécution une pensée qu’il nourrissait depuis longtemps, celle de la fondation d’un monastère de Saint-Benoît. Ayant fait part de son dessein à sa femme, celle-ci l’agréa complétement. Restait à choisir l’endroit où s’assoirait la nouvelle fondation, car à cette époque un monastère était toujours le noyau d’une ville, et il ne fallait pas négliger les avantages de la situation, soit pour le commerce, soit pour lagriculture. Après s’être recommandé aux prières d’un saint homme de la contrée, batelier de sa profession, Evrard arrêta son choix sur un lieu que lui désigna le batelier , à trois kilomètres environ de la chute du Rhin et déjà marqué par quelques huttes de pêcheurs : là devait être Schaffhouse. Il érigea d’abord une chapelle en l’honneur de la Résurrection de Notre- Seigneur (1052).
Dès que la maison de Dieu fut debout, pour bénir les travaux qu’on allait entreprendre, on commença la construction du monastère, qui dura douze ans. En 1064, l’évêque de Constance vint consacrer l’église et bénir le monastère, placés tous deux sous l’invocation du divin Sauveur et de tous les Saints.
Cependant Evrard ne renonça pas encore au monde. Son premier pèlerinage à Rome lui avait apporté trop de douces jouissances pour ne pas l’entreprendre de nouveau. Peut-être aussi voulait-il obtenir du souverain Pontife et sa bénédiction et ces garanties spéciales qui ne suffisaient pas toujours pour mettre à couvert du vol et de la violence les plus pieuses fondations. À son retour, il eut la douleur de trouver malade le seul fils qui lui restait, Burchard ; mais Dieu lui réservait la consolation de l’appeler comme une seconde fois à la vie en le guérissant d’une manière toute miraculeuse.
Une circonstance qui fut de la part de notre Saint une bonne œuvre le détermina enfin à cacher le reste de son existence dans le monastère qu’il avait fondé.
Un certain Mangold, abbé de Saint-Georges, à Stein, près de Schaffhouse, avait quitté la vie monastique et était rentré dans le monde. Evrard, le rencontrant un jour, lui fit à ce sujet de si vifs reproches, qu'il se repentit de sa faute, et sollicita du couvent qu'il avait abandonné la grâce de pouvoir entrer comme le dernier des frères à celui de Schaffhouse. La demande lui fut accordée ; il fut absous du péché d’avoir quitté son couvent, et mourut à Schaffhouse, après avoir fait tous ses efforts pour expier son erreur. Evrard, à qui il devait ce retour sur lui-même, intercéda pour le défunt par des prières et d’autres œuvres de piété. C’est pourquoi Mangold lui apparut un jour, et le remercia de l'avoir délivré du purgatoire par ses bonnes œuvres. Il lui dit en même temps que sa conduite était agréable à Dieu et qu’elle le serait encore davantage s’il continuait à croître en vertus. Cest cet événement qui engagea Evrard à demander le consentement de sa vertueuse épouse Itta pour entrer au couvent qu'il avait lui - même fondé. Il y prononça ses vœux, y remplit fidèlement les devoirs que lui prescrivaient l’obéissance, l’humilité et la pratique de toutes les autres vertus, el mourut dans le Seigneur vers l’an 1075, le 7 avril, à l’âge de soixante ans, après avoir été six ans moine. Beaucoup de miracles, dit-on, se sont faits sur son tombeau. Sa veuve Itta, voulant suivre l'exemple de son époux, entra à Schaffhouse, dans une communauté de religieuses également fondée par les deux époux, et y mourut en odeur de sainteté.
SAINT AÏBERT, RELIGIEUX.
Le couvent de l'Ordre de Saint-Benoît de Schaffhouse a produit un grand nombre de saints et de savants !,
Acta Sanctorum, trad. nouv.
SAINT AIBERT, RELIGIEUX
1060-4140. — Papes : Nicolas II; Innocent II. — Rois de France : Philippe Ier ; Louis VII, le jeune.
Nous savons que si cette maison de terre où nous habitons vient à se dissoudre, Dieu nous donnera dans le ciel une autre maison qui ne sera point faite de main d'homme et qui durera.éternellement. II Cor., *, 1.
Saint Aïbert était natif d’un village nommé Espain, près de Tournai, en Flandre. Son père s'appelait Albade et sa mère Elvide. Il donna, dès sa jeunesse, des marques de ce qu’il serait un jour, par son amour pour la retraite, son assiduité à l’oraison, ses jeûnes presque continuels et extrêmement rigoureux, sa charité pour les pauvres, et le zèle très-ardent qu’il avait de la gloire de Dieu. Il se levait la nuit pour prier ; et, de peur d’être découvert dans l’abondance des larmes qu’il versait et dans les rigueurs qu’il exerçait sur son Corps, ilse retirait dans la bergerie, où il ne pouvait être aperçu de personne. Ayant un jour entendu un trouvère qui chantait la conversion de saint Thibauld de Provins ?, ses austérités, ses vertus et son heureuse mort, il en fut si touché, qu’il résolut, dès l'heure même, de se sevrer de toutes les satisfactions de la chair, et d'entreprendre une vie de pénitence et de croix continuelles. Il alla trouver un saint ermite, religieux et prêtre du monastère de Crespin, qui s'était retiré dans une cellule à l'écart, par la permission de son abbé, pour n’avoir plus de conversation que dans le ciel. Aïbert se mit donc sous la conduite de ce saint homme, et, comme ils avaient tous deux les mêmes inclinations pour la pénitence, on ne saurait croire de quelle manière ils affligèrent ensemble leur corps durant plusieurs années. [ls passaient souvent plusieurs jours sans pain, et n'ayant point d'autre aliment que des herbes sauvages, qu’ils étaient quelquefois obligés d’arracher au milieu des glaçons pendant l'hiver. Le froid ne les tourmentait pas moins que la faim, parce qu'ils étaient presque nus et qu’ils n'avaient point de feu pour se réchauffer, lorsque la rigueur de la saison leur avait glacé le corps. Par ces austérités, ils devinrent si maigres et si pâles, qu’à peine pouvait-on les reconnaître, et que les bergers mêmes avaient horreur de les regarder. Mais cela n’empêchait pas leur esprit d’être plein de vigueur : ils passaient avec joie les jours et les nuits à célébrer les divins Mystères dans la chapelle de l’ermitage, et à chanter des psaumes et
1. L'abbaye de Schaffhouse. (Etymologie : Schaff, vaisseau; aus, maison : Navium domus.) — Elle fut peuplée, à l’origine, par douze moines venus d'Hirschau :.le premier abbé fut Sigefroi. C'est à ce monastère célèbre que la ville de Schaffhouse doit son origine et son accroissement, Devenue riche, elle s'affranchit de la domination des religieux.
À l'époque de la réforme, tous les religieux eurent la lâcheté d’apostasier : au moment où les premiers Bollandistes écrivaient, leur couvent était devenu un hôpital d'accouchement !
2, Voir au 90 juin et au 1er juillet.
268 Ft 7 AVRIL
des cantiques à la louange de Dieu. Cependant, ils se virent contraints de quitter pour un temps leur solitude et de faire un voyage à Rome : car l’abbé de Crespin, nommé Régnier, étant obligé d’aller vers le Pape pour faire confirmer les priviléges de son abbaye !, voulut avoir ces deux saints solitaires en sa compagnie. Ils firent tous trois ce voyage les pieds nus, la haire sur le dos et sans autres richesses que l’abondance de leur pauvreté ; ils souffrirent beaucoup pendant le chemin, et l’un d’eux tomba malade. Lorsqu'ils furent à Rome, ils apprirent que le pape Urbain II était allé à Bé6névent. Régnier, voyant que ses deux compagnons avaient besoin de repos, les fit entrer dans le monastère de Vallombreuse, où ils furent reçus par les saints religieux de cette maison, avec une charité digne des véritables enfants de saint Benoît ; pour lui, il poursuivit son chemin et alla à Bénévent, où le Pape lui accorda ce qu’il demandait. A son retour, il les reprit à Vallombreuse et les ramena aveclui en Haïnault ; ils se renfermèrent dans leur ermitage et y continuèrent leur vie angélique que leur voyage n’avait point interrompue.
Quelque temps après, Aïbert eut une vision, dans laquelle il s’imaginait être monté sur un grand arbre, entre Asnon et Saint-Amand, abbayes du Hainault, tandis qu’un aigle ou un vautour blanc lui présentait de son bec un habit religieux. Il crut que Dieu l’avertissait par là d’entrer dans un monastère, et, sans différer davantage, il alla supplier l'abbé de Crespin de le recevoir au nombre de ses religieux. Quelques-uns d’entre les frères s’y opposèrent d’abord, parce qu’ils ne voyaient en son extérieur rien qui leur plût; mais l’abhé lui tendit les bras d'autant plus volontiers qu’il avait connu, par son expérience, sa sainteté et les qualités admirables de son âme. Il brilla bientôt, au milieu d’eux, par le concert de toutes sortes de vertus, comme un soleil au milieu des étoiles, de sorte qu’ils changèrent leur mépris en admiration, et leur indifférence en un amour et une bienveillance toute singulière. Il fut fait prévôt et cellérier de la maison, et il s’acquitta si bien de ces offices, qu'ils le jugeaient digne des premières dignités de leur maison. En effet, tandis qu’il faisait son possible pour assister les malades et pour donner à chacun ce dont il avait besoin, il était si sévère envers lui-même, qu'il n’avait pour lui que du pain, de l’eau et un peu de légumes, une fois le jour. Jamais ni chair, ni lait, ni fromage n’entrèrent dans sa bouche. Un banc était tout son lit ; le plus vieil habit et le plus déchiré était celui qu’il aimait le plus; il ne quittait son cilice que pour en prendre un autre, ou pour raccommoder celui qu’il avait. Il récitait tous les jours à genoux, avant Matines, les cent cinquante psaumes de David; il assistait aux divins offices avec une ferveur et une attention merveilleuses. Hors le temps des prières communes, il faisait souvent des génuflexions pour adorer Ja majesté de Dieu présente en tous lieux. En un mot, on voyait en lui un modèle parfait d’un véritable religieux.
Cependant il soupirait toujours après sa première solitude ; et, après vingt-cinq ans de vie cénobitique, il reconnut que c’était ja volonté de Dieu qu'il y retournât. Il en obtint la permission de son abbé, selon l'intention de la règle de saint Benoît. Sa vie, en cette dernière retraite, surpassa incomparablement tout ce qu’il avait fait auparavant. Au bout de trois ans, un grand débordement d’eau ayant environné sa cellule, il fut plusieurs jours, non-seulement sans vivres, mais aussi, Ce qui lui était beaucoup plus
1. Cette abbaye, depuis saint Landelin, son fondateur, au vire siècle, avait toujours été occupée par
des chanoines. Les Bénédictins ne l'occupaient que depuis dix ans : c'était pour faire confirmer cette possession par le Pape, qne Régnier allait à Rome, (Voir la vie de saint Landelin au 15 juin.)
SAINT AÏBERT, RELIGIEUX. 269
intolérable, sans pouvoir entendre la messe. Dans cette extrémité, il invoqua la Sainte Vierge : elle lui apparut, le consola et lui mit un morceau d’un pain extraordinaire dans la bouche; il en reçut une si grande force, que le reste de sa vie, qui fut encore de vingt-deux ans, il n’eut point besoin de manger de pain, mais un peu d’herbes et de racines lui suffirent. Il resta aussi vingt ans sans boire, quoiqu'il ne se fût jamais obligé, par vœu, à cette mortification si extraordinaire.
La bonne odeur de ses vertus se répandant de tous côtés, et attirant une infinité de monde à sa cellule, Burcard, évêque de Cambrai, le fit prêtre et lui donna le pouvoir d’administrer les sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie à ceux qui viendraient vers lui. Il reçut même des papes Pascal IT et Innocent II, l’autorisation de remettre toutes sortes de cas réservés; mais il ne s’en servait que dans l’extrémité, et obligeait ordinairement les pénitents, dans ces occasions, à demander l’absolution à leurs évêques. Il disait tous les jours deux messes, l’une pour les vivants et l’autre pour les morts !. Il récitait cent cinquante Ave Maria, partie à genoux, partie prosterné en terre. Il avait aussi coutume de chanter les Vigiles des morts à neuf leçons, et de dire à chaque Nocturne cinquante psaumes, en sorte qu’il récitait tout le Psautier chaque jour. Il ajoutait tous les jours de nouvelles austérités aux précédentes. Enfin, son historien assure qu’il eût été difficile de trouver un tyran qui l’eût traité aussi rigoureusement qu'il s’est traité lui-même durant tant d'années ; il en conclut qu’il haïssait véritablement son corps, et qu’il mérite avec justice la glorieuse qualité de martyr de Jésus-Christ.
Il n’était pas seulement visité du peuple, mais des évêques, des religieux, des chanoinesses, dont il y avait plusieurs communautés dans ce pays. De grands seigneurs et des dames de la plus haute condition venaient à sa cellule pour y recevoir de la lumière dans leurs difficultés, de la consolation dans leurs peines et du remède dans leurs tentations. En un mot, il était comme le miracle de son siècle et l’asile de tous les malheureux. Le comte Arnoul, frère de Baudoin, comte de Hainault, étant attaqué d’une dangereuse maladie pour laquelle les médecins ne trouvaient point de remède, se fit porter à son ermitage. Après s'être confessé à lui, il le pria de lui faire donner à boire, parce que la fièvre le brûlait et le tourmentait. Le Saint lui dit qu'il n’y avait point en ce lieu d’autre liqueur que de l’eau de puits : le comte en soubaita ; et le Saint lui en ayant fait tirer, fit la bénédiction dessus et la lui présenta. Mais cette bénédiction fut si puissante, que l’eau se changea en un vin plus généreux et plus agréable que n’est celui des coteaux les mieux situés ; que dis-je ? elle fit un si grand changement dans son corps et le fortifia tellement, qu’il fut guéri au même instant, et qu'il s’en retourna chez lui en parfaite santé et sans aucun reste de son incommodité.
Enfin, il plut à Dieu de couronner les mérites de cet admirable solitaire, qui avait joint les rigueurs de la plus sévère pénitence à une vie si pure et si innocente, qu’on ne croit pas qu'il ait jamais perdu, par un péché mortel, la grâce qu'il avait reçue au baptême. Il tomba donc malade peu de jours avant Pâques, et, sentant que sa fin approchait, il envoya chercher Dom Angilbert, prieur de Crespin, pour lui administrer les derniers sacrements, qu’il reçut avec une dévotion toute angélique. Enfin, le jour même de Pâques de l’année 1140, le 7 avril, il rendit son esprit à Dieu pour être couronné de sa gloire.
Son corps fut enseveli dans son propre ermitage, par les vénérables
1. I1 n’est plus permis aux prêtres, sans une autorisation expresse de l'évêque, de dire plusieurs messes par jour, excepté à la fête de Noël. La défense de biner a été portée par Honorius III (1216-1227).
210 è 7 AVRIL.
abbés de Crespin et de Saint-Amand; depuis, il a été transféré en l’abbaye de Crespin ; quelques ossements ont été donnés, partie à l’abbaye d'Haulmont, en Hainault, et partie aux Sœurs noires de Mons et à l’église paroissiale d'Esparu, lieu de la naissance de ce grand Saint.
On rencontre, à peu de distance de Condé et de Crespin, une chapelle qui porte le nom de Saint-Aïbert, et qui a été érigée en église paroissiale. Il y a aussi au village de Blaheries, entre Saint-Amand et Tournai, une chapelle placée sous l’invocation de l’humble reclus. On l’invoque surtout pour la guérison de la fièvre. Les malades prennent avec confiance, pour cet effet, de l’eau d’un puits qui porte son nom. Voici une prière ancienne qu'ont coutume de réciter les personnes qui se recommandent à son intercession. « O très-saint père Aïbert, fidèle et juste serviteur du Dieu très-haut, vous qui portez secours à ceux qui ont la fièvre et donnez le remède aux personnes attaquées de diverses maladies, je vous en prie, par votre compassion accoutumée, ayez pitié de moi, et rendez à la santé par vos prières, celui qu'une fièvre longue et douloureuse tourmente, afin que, sain d’âme et de corps, je puisse rendre des actions de grâces au Dieu tout-puissant et le servir tous les jours de ma vie ».
Voici quels sont les attributs populaires de saint Aïbert dans les arts : un aigle laisse tomber près de lui l’habit bénédictin ; ce qui détermine sa vocation ; — il est debout près d’un puits, avec une écuelle à la main, pour rappeler que pendant vingt ans, il se priva de toutbreuvage, même d’eau.
Nous nons sommes servi, pour faire ce résumé, de sa vie écrite par Robert, archidiacre d'Ostrevand, et rapportée par Surius et par les continuateurs de Bollandus,