‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 333 sur 339 · M. l'abbé J, F, de Blaye — Imling, 20 décembre · texte numérisé non relu

M. l'abbé J, F, de Blaye — Imling, 20 décembre

saints Evêques et Protecteurs du diocèse, dont ils ne prévoyaient que trop la spoliation, Messieurs du Chapitre déléguèrent trois d’entre eux à l’effet de procéder à une distribution de ces restes précieux. criQ}

Onze de Messieurs les Chanoines et deux de leurs vicaires recurent chacun, entre autres reliques, des fragments plus ou moins notables de celles de saint Gérard. Lorsque les églises furent rendues au culte catholique et avant de quitter la vie, ces ecclésiastiques ne manquèrent pas d'offrir aux paroisses ou aux chapelles de leur choix, les fragments des saints corps dont ils étaient en possession, et c’est ce qui en explique la présence dans les lieux où ils sont :: aujourd’hui vénérés. M

Lorsque les Vandales sacriléges de 1793 eurent versé, sur le pavé nu de la cathédrale, les reliques du trésor pour en emporter les châsses précieuses, M. Aubry, alors vicaire du chapitre, assisté de quelques pieux fidèles, les recueillit et les enferma dans un reliquaire en forme de chapelle, qui ne peut être que celui confectionné, par les soins des chanoïnes, en 1635, pour y déposer les restes mortels de saint Amon. Il fit transporter, en lieu sûr, ce dépôt sacré, puis, devenu curé de Saint-Gengoult, il le placa provisoirement sous l’autel majeur de son église paroïssiale, dans une armoire fermant à clé.

La châsse, dont il est ici question, n’est ni vermoulue ni fort peu décente, comme l’a écrit l'auteur de la notice, imprimée au tome 1v, page 431, de la sixième édition du présent ouvrage ; elle n’était que bistrée par le temps et légèrement écornée à l’un des angles; élégamment rajeunie et décorée de fines peintures assez bien conservées, elle fait le principal ornement de l’autel où elle est exposée.

Mieux que personne, le même auteur pouvait savoir la provenance du pêle-mêle et de la confusion dont il parle et que d’autres ont fait disparaître. Ainsi qu'il le dit, la partie la plus considérable des ossements de saint Gérard est dans l’église Saint-Gengoult de Toul: ce qu'il faut maintenant ajouter, c’est que les deux chefs des saints Mansuy et Gérard , sont aujourd'hui parfaitement déterminés par l'examen anatomique qu’en a fait, en septembre 1863, M. le docteur Godron, doyen de la faculté des sciences de Nancy, et leur authenticité constatée par les procès-verbaux de révision dressés le 45 juillet 1776 ; c’est que ces deux chefs sont rentrés dans l’église cathédrale de Toul, d’où ils n’ont été tirés que pour n’être ni profanés ni peutêtre anéantis.

Au centre du transept de cette basilique, était autrefois le tombeau de saint Gérard, objet de la vénération des peuples et l'instrument de grâces nombreuses ; il n’en reste plus que le sarcophage de pierre dans lequel le corps du Bienheureux fut d’abord déposé. Ce sarcophage, entièrement vide, est fermé par une longue dalle dans laquelle on a incrusté un losange en marbre noir et portant cette courte inscription : Hic est sepulcrum hominis Dei, B. Gerardi. Une plus longue épitaphe avait été gravée en creux sur la pierre elle-même : le frottement des pieds l’a rendue complétement illisible.

Une autre précieuse relique, possédée par la cathédrale de Toul et dont ne parle pas l’historien primitif de saint Gérard, est la pointe de l’un des clous qui servirent au crucifiement de Notre- Seigneur. Saint Gérard l’avait apportée de Trèves, et l’évêque Henri de Ville l’enferma dans un magnifique reliquaire que l’on cacha soigneusement pendant la Révolution, et que l’on s’empressa de rendre à la dévotion des fidèles, après le rétablissement du calme. D’après la plus serupuleuse confrontation, ce fragment, vénéré encore aujourd'hui à Toul, faisait partie de la relique dont sainte Hélène avait enrichi Trèves. Une fête en son honneur, établie en -1481, et que l’on célébrait solennellement le vendredi de la deuxième semaine après Pâques, donna lieu à l’établissement d’une foire assez considérable, nommée du Saint-Clou t.

S'il en faut croire une pieuse tradition, la sainte Vierge aurait inspiré à son dévot serviteur Gérard, évêque de Toul, la pensée de lui élever un sanctuaire sur la montagne de Sion, située dans cette partie du département de la Meurthe qui formait autrefois le comté de Vaudémont, en Lorraine, entre Lunéville au levant, Mirecourt au midi, Vaudémont au couchant et Vézelise au nord. Quoi qu'il en soit, c’est à ce saint prélat qu'est due la première construction de la chapelle qu'a rendue célèbre la dévotion des peuples et des princes de Lorraine.

La Vie de saint Gérard a été écrite en détail par le Père Benoît, capucin, en 1700. Il en fait entrer

l'abrégé dans son Histoire ecclésiastique et politique de la ville et de l'évêché de Toul. Celle que nous don= mons est en grande partie la reproduction littérale de cette dernière.

1, M. l'abbé Guillaume, de Nancy.

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