‹ Les petits Bollandistes (volume 3)Chapitre 37 sur 339 · XXX° JOUR DE MARS · texte numérisé non relu

XXX° JOUR DE MARS

MARTYROLOGE ROMAIN

À Rome, sur la voie Appienne, le supplice de saint Quirin f, tribun, qui, ayant été baptisé avec toute sa maison par le pape Alexandre, qu'il était chargé de garder, fut livré au juge Aurélien, sous l’empereur Adrien ; comme il persistait dans la confession de la foi, il eut la langue coupée, fut suspendu au chevalet, subit les mutilations des pieds et des mains, et consomma son martyre par le glaive. 130. — À Thessalonique, la naissance au ciel des saints martyrs Domnin, Victor et leurs compagnons, — À Constantinople, la mémoire de plusieurs saints Martyrs de la communion catholique, qu’au temps de l’empereur Constance, l’hérésiarque Macédonius fit périr par des supplices inouïs ; entre autres tortures, il coupait les mamelles aux femmes fidèles, en les comprimant entre les bords d’un coffre, puis il brûlait la plaie avec un fer rouge. 351. — À Senlis, le Aécès de saint RÉGULE ou RieuL, évêque d'Arles. 430. — A Orléans, en France, saint Pasteur, évèque et confesseur. 557. — Au mont Sinaï, saint JEAN CLIMAQUE, abbé. 605. — À Aquin saint Cligne, confesseuxr 2, ve 5, :

1. Voir les Actes de saint Quirin et la translation de ses reliques en Lorraine, dans les Actes de saint Alexandre, pape, au 3 mai, ;

2. Originaire de Grèce et moine du Mont-Cassin, saint Cligne est patron de l'église paroissiale de Saint-Pierre de la Foresta, près de Pontecorvo.

MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTE

À Auxerre, saint MAMERTIN, abbé du célèbre monastère de Saint-Germain. 462. — En Hainaut, saint Véront, confesseur. 1xe s. Sa fête se célèbre à Malines, le 31 janvier. — Le mème jour, sainte Vérona 2. — Dans la Frise, le bienheureux Dodon, de l'Ordre de Prémontré, confesseur$. — En Grèce, le vénérable Brunon, chapelain des religieuses de Saint-Antoine des Champs de Paris. 4227. — A Verceil, le bienheureux AMÉDÉE, neuvième du nom, duc de Savoie, né à Thonon, en Chablais. 1472. — A Cordes, petite ville située à vingt-trois kilomètres d’Albi et fondée par les Albigeoiïs, trois Bienheureux Martyrs de l'Ordre de Saint-Dominique, du couvent de Toulouse, dont Dieu seul connaît les noms #, 1234.

MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX

Martyrologe de Saint-Basile. — Au mont Sinaï, saint Jean Climaque.

Martyrologe des Camaldules. — À Costacciario, dans l’'Ombrie, le bienheureux Thomas, ermite camaldule et professeur, qui brilla par la sainteté de sa vie, et qui, épuisé d’austérilés, s’endormit dans le Seigneur le 25 de mars 1337.

Martyrologe des trois Ordres de Saint-François. — À Foligno, dans l’Ombrie, la bienheureuse Angèle, veuve, du Tiers Ordre de Saint-François, très-célèbre par son oraison, sa pauvreté, son abstinence et sa charité. Elle s’envola au ciel le 4 de janvier. Son corps repose en la même ville, dans l'église de Saint-François des Frères Minenrs conventuels, où le peuple l'entoure d’une grande vénération 5.

ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES

En Judée, mémoire du saint prophète Joad. I} était de Samarie. À l’époque où Jéroboam, serviteur de Roboam, fils de Salomon, entraîna les dix tribus d'Israël dans le schisme — en les séparant de celles de Juda — et en leur faisant adorer des veaux d’or à la place du vrai Dieu, le Seigneur commanda à Joad d'aller reprocher son idolâtrie à Jéroboam. Il lui ordonna en même temps de ne pas manger de pain, de ne pas boire d’eau et d'accomplir sa mission avec la plus grande célérité. Il alla donc et trouva Jéroboam qui sacrifiait aux idoles. Le Prophète l’apostropha au nom de Dieu et lui æeprocha son infidélité. Jéroboam ayant étendu la main pour se saisir du serviteur de Dieu, elle se dessécha. À cette vue, Jéroboam se repentit et pria le Prophète de le guérir : celui-ci s’adressa au ciel et obtint la guérison demandée. Jéroboam lui offrit le pain de l'hospitalité, mais il le refusa, disant que Dieu lui avait défendu de manger sur la terre des idolàtres. En retournant, # rencontra sur son chemin un autre prophète qui l’engagea à entrer chez lui et lui offrit du pain dont il mangea. En punition de cette désobéissance, qui était légère d’après saint Augustin et d’autres Pères cités par Corneille de la Pierre, Dieu permit qu'un lion lui Ôtàt la vie, mais sans toucher à son corps, car c'était le corps d’un Saint. Il fut enseveli à Béthel par les soins du Prophète ehez lequel il s'était arrêté, et plus tard les cendres de ce dernier allèrent dormir à côté de celles de Joad. L'an du monde 3315, 645 avant Jésus-Christ. — A Asti, ville du

1, Véron acheva heureusement sa carrière à Lambec, près de Halles, sur les confins de Brabant et du Hainaut. 11 vivait au temps des invasions des Normands, qui exercèrent tant de ravages en Belgique. Dieu manifesta la sainteté de son serviteur par les fréquents miracles qui éclatèrent à son tombeau. Comme le lieu de sa sépulture était sans cesse exposé aux insultes des guerres continuelles que se faisaient entre eux les comtes de Brabant et du Hainaut, Ragines III, comte de Hainaut, fit transporter k saint corps de Lambec, place sans défense, à Mons, en Hainaut : il le déposa dans l'église collégiale de sainte Vaudru, dont le chapitre célébra l'office de saint Véron jusqu'à sa suppression par les Français, sur la fin du xvrrre siècle. Ses reliques furent dispersées sacrilégement; néanmoins, une portion insigne qui avait été laissée à Lambec, s'y conserve très-pieusement dans une châsse d'argent et reçoit les hommages des fidèles, {Propre de Mulines.)

2. On lui rendait un culte public dans la basilique de Sainte-Vaudru, à Mons. Les leçons du jour supposent qu’elle était sœur de saint Véron.

3. Le bienheureux Dodon avait une énergie remarquable pour annoncer la parole de Dieu. Son influence fut telle, que non-seulement il porta plusieurs personnes à changer de vie, mais il parvint, par son éloquence, à faire tomber beaucoup de coutumes anciennes et cruelles qui régnaient en Frise, Il était d'usage, par exemple, que lorsqu'une personne avait été assassinée, au lieu d'enterrer le corps de la victime, on le gardait jusqu’à ee qu’un membre de la famille eût pris vengeance du meurtre, en tuant soit l'assassin, soit quelqu'un des siens. Cette coutume barbare, Dodon eut le bonheur de l’abolir à force d'exhortations. On ne le redira jamais trop, les Saints ont partout fondé la civilisation.

4. Une croix marque encore l'emplacement du puits où furent précipités les trois religieux.

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