‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 12 sur 229 · SAINT HÉLIODORE, ÉVÊQUE D’ALTINO, EN ITALIE · texte numérisé non relu

SAINT HÉLIODORE, ÉVÊQUE D’ALTINO, EN ITALIE

ET DISCIPLE DE SAINT JÉRÔME (vers 390).

Héliodore naquit au milieu du rve siècle, en Dalmatie, dans les Etats autrichiens, et s'attacha de bonne heure à saint Jérôme dont il était le compatriote et dont il devint le disciple et l'ami. 11 vivait dans le monde comme un anachorète, tout entier aux exercices de la piété et à l'étude des sciences, surtout des sciences divines.

Saint Jérôme ayant quitté Aquilée, ville du royaume d’Illyrie, où il avait passé quelques années avec Héliodore, celui-ci l’acçcompagna dans le voyage qu’il fit en Orient vers l’an 371 et le suivit dans la Thrace, le Pont, la Bithynie, la Galatie, la Cappadoce et la Cilicie, visitant les serviteurs de Dieu dont ces pays étaient peuplés. Arrivés à Antioche, ils s’y arrêtèrent quelque temps pour suivre les leçons d’Apollinaire qui expliquait l’Ecriture sainte avec beaucoup de réputation ; et quoique ses erreurs n’eussent pas encore percé dans le public, Héliodore ne fut pas longtemps à s’apercevoir du venin que renfermaient ses leçons. D’Antioche, les pieux voyageurs se retirèrent dans un désert de la province de Chalcide, entre la Syrie et l'Arabie. Après y avoir passé quelque temps, Héliodore, tourmenté par le désir de revoir ses parents et sa patrie, voulut revenir en Europe, malgré tout ce que put faire saint Jérôme pour le retenir près de lui. Il obtint pourtant que son disciple viendrait le rejoindre après avoir satisfait à ce qu’il regardait comme un devoir de la piété filiale.

Après avoir attendu longtemps, saint Jérôme, ne le voyant pas revenir, lui écrivit une lettre pressante pour l’exhorter à rompre entièrement avec le monde; mais Dieu avait d’autres desseins sur Héliodore. Après avoir quitté son pays et ses proches, il repassa en Italie, et fut admis dans le clergé de l'Eglise d’Aquilée alors très-florissante par le grand nombre de savants et vertueux ecclésiastiques qui la servaient. Quelques années après, il fut élevé à la prétrise et choisi ensuite pour être évêque d’Altino, ville suffragante de la métropole d'* quilée, peu distante de Trévise, mais ruinée depuis par les Huns, et dont le siége a été transpe ‘4 à Torcello. Il fut du nombre des prélats catholiques qui soutinrent la foi orthodoxe contre les Ariens. Il assista, pour ce sujet, au concile d’Aquilée (381), assemblé sur l’ordre de l’empereur Gratien. Depuis ce concile, saint Héliodore, retiré dans son église, s’appliqua tout entier à conduire son peuple dans les voies sûres de l'Evangile, à le nourrir de la parole de Dieu, et à le soutenir par l'exemple qu'il lui donnait de toutes sortes de vertus.

fl mourut vers l’an 390. Saint Jérôme n’oublia jamais son ancien élève, et, dans une de ses lettres, il lui rend le témoignage d’avoir vécu dans l’épiscopat avec autant de ferveur et de régularité que dans un monastère.

Baillet : Vies des Saints.

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