LE BIENHEUREUX ARCHANCE DE CALATAFIMI
les saints mystères avec tant de dévotion qu’il excitait à la piété tous ceux qui assistaient à sa messe. On l’a vu plusieurs fois ravi en extase pendant l’élévation. Mais quelques consolations qu’il goûtât dans les exercices de piété, il savait s’en arracher pour remplir les devoirs que la charité lui imposait à l’égard du prochain. Pénétré de l’importance de ces devoirs, il se dévouait tout entier au service deses frères. Il donnait des conseils à ceux qui réclamaient le secours de ses lumières, instruisait par ses prédications, et consacrait chaque jour un temps considérable à entendre les fidèles dans le tribunal de’ la pénitence. Une conduite si charitable, jointe à sa réputation de sainteté, le rendit l’objet de la vénération non-seulement du peuple, mais aussi des grands et des princes mêmes. Loin de s’élever en son cœur à cause de ces marques d'estime qu’il recevait fréquemment, il avait de si bas sentiments de lui-même qu’il se croyait pire que les démons, et il ne craignait pas de l’assurer. Son mérite le fit deux fois choisir pour gouverner des maisons de son Ordre, en qualité de supérieur. Il se trouvait à la tête de celle de Valladolid, lorsque le Seigneur lui fit connaître que sa mort était prochaine. Il semblait que le ciel enviât à la terre un homme si parfait, et que le Seigneur voulût se hâter de récompenser une âme tout à la fois si innocente et si pénitente. Le saint religieux apprit à ses frères qu'il allait bientôt les quitter. En effet, le 10 avril 14695, il rendit son esprit à son Créateur, dans le lieu et au temps qu’il avait prédits; il n’était âgé que de trente-trois ans. Dieu, qui lui avait accordé le don des miracles pendant sa vie mortelle, permit qu’il s’en opérât plusieurs à son tombeau. On travailla bientôt au procès de sa béatification, et le pape Pie VI le mit solennellement au rang des bienheureux le 24 mai 1779. Enfin il fut canonisé le 8 juin 4862, avec les vingt-six martyrs du Japon ‘.
On le représente priant devant un autel où le saint Sacrement est exposé. Cela rappelle la grande dévotion qu’il professait, dès son enfance, envers l’Eucharistie.
Nous avons emprunté cette biographie aux continuateurs de Godescard, édit. Lefort.
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