‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 39 sur 229 · Pape : Paul Ier. — Roi de France: Pépin Ze Bref · texte numérisé non relu

Pape : Paul Ier. — Roi de France: Pépin Ze Bref

Qui ambulat in justitiüs, et loquilur veritatem, iste in excelsis habitabir.

Celui qui marche dans les sentiers de Ju justice et

qui rend hommage à la vérité, celui-là hasitera dans la gloire.

Istie, XXXTX, 15, 16.

Saint Berthaire vivait sous le règne de Pépin le Bref, roi des Français. Nous ienorons la date de sa naissance, mais les principales actions de sa vie se passèrent de l'an 755 à 764. Berthaire était orignaire d'Aquitaine, et la sainteté de sa vie lui mérita l'honneur d’être élevé au sacerdoce. Une preuve de son mérite et de sa vertu, c’est qu'il sut toujours se conserver pur au milieu des méchants parmi lesquels il était obligé de vivre. En effet, les fonctions de son ministère l’appelèrent à la cour de Waïfre, duc d'Aquitaine. Ce seigneur avait pour père le duc Hunalde, qui s’était révolté plusieurs fois contre l’autorité de Pépin. Quand Hunalde vit son fils assez fort et assez habile pour continuer la lutte, il lui transmit son duché, et, après lui avoir légué sa haine contre le roi, il se retira dans un monastère, moins pour s'y sanctifier que pour y goûter un repos facile.

Waïfre avait l'humeur belliqueuse et le caractère astucieux. Ses mœurs étaient si dépravées que sa cour est appelée une maison infâme, où Berthaire était obligé de vivre au milieu des méchants, comme autrefois Loth à Sodome. Poussé par une avarice sacrilége, Waïfre envahit les biens des monastères et les propriétés ecclésiastiques. Le roi Pépin, qui s'était constitué le défenseur de l'Eglise, le força à rentrer dans le devoir. Il marcha contre lui, à la tête de son armée, et, après plusieurs combats, le défit complétement., Waïfre, obligé de fuir vers la Saintonge, fut tué par ses propres soldats, et l’Aquitaine fut définitivement réunie à la couronne de France, en 768.

Tel était l’homme à la cour duquel Berthaire était forcé de vivre. Aussi sa vertu austère portait ombrage aux courtisans de Waïfre, parce qu’elle était une accusation continuelle contre leurs œuvres iniques, dont le Saint gémissait tous les jours. 11 semble, dit l'historien de sa vie, qu’il n’y avait point de place pour la sainteté dans ces lieux, où régnaient un pouvoir rebelle, un gouvernement parjure, une justice corrompue; où les chefs militaires étaient sans cesse révoltés contre le roi, et l’armée contre l’ordre établi de Dieu ; où les projets les plus iniques avaient pour résultat des actes plus iniques encore. Cest pourtant au milieu de tous ces débordements du vice que Berthaire vécut saintement, et qu’il put dire, comme le Prophète : « Seigneur, tous les flots de l’abîme ont passé sur moi ».

Page 1