‹ Les petits Bollandistes (volume 4)Chapitre 62 sur 229 · SAINT VAULRY OU VALERIG, ERMITE ET CONFESSEUR · texte numérisé non relu

SAINT VAULRY OU VALERIG, ERMITE ET CONFESSEUR

draie où elles font partie du trésor de l’église. — Les 16 et 17 octobre 4865, l'archevêque de Rouen, cardinal de Bonnechose, après s’être fait précéder par deux magnifiques châsses que l’église métropolitaine de Rouen offrait à l’église de Braisne, vint recevoir solennellement la portion des reliques de saint Yved ou Evode dont l’évêque de Soissons et le curé de Braisne consentaient à se dessaisir, c’est-à-dire un os iliaque, un fémur entier, les deux tiers d’un humérus et deux fragments du crâne. — L'église de Braisne garde encore de saint Yved un fragment d'humérus, un fémur entier, un os iliaque entier, deux morceaux du crâne et cinq osselets des mains et des pieds.

Acta Sanctorum; Notes fournies par M. Henri Congnet, doyen du chapitre de la cathédrale de Soissons.

SAINT VAULRY OÙ VALERIC,

ERMITE ET CONFESSEUR DANS LE LIMOUSIN 520. — Pape : Boniface V. — Roi de France : Clotaire IL.

Eremilæ pérfectio est exutam mentem a cunctis habere terrenis, eamque unire cum Christo.

La perfection du solitaire consiste à détacher so cœur et son esprit de toutes les choses de la terra pour s'unir de toutes ses forces à Dieu.

Joan. Cass., collat. x1x abbat. Joan.

Saint Vaulry ou Valeric naquit vers l’an 530, dans la province de Reims, de parents nobles et chrétiens, qui prirent les plus grands soins de son éducation. Valeric montra de bonne heure de quoi il serait capable et fit de rapides progrès dans la science et la vertu ; dès son bas âge on l’eût pris pour un vieillard tant il était sage, grave et prudent dans ses paroles et dans ses actions. Aussi Dieu se plut-il à récompenser alors sa pureté, sa douceur, sa piété par le don des miracles. Valeric, craignant le péché de vaine gloire, songea à quitter son pays et résolut d’aller honorer les reliques de saint Martial dans la ville de Limoges (vers 565). Arrivé au sépulcre du grand Apôtre, il y passa de longs jours dans l’oraison, les veilles et le jeûne, le suppliant de lui faire connaître la volonté de Dieu sur lui. Les chanoines de Limoges, ravis de sa piété, lui offrirent une solitude à dix lieues environ au nord de cette cité, en un endroit où fut bâtie depuis l’église de Saint- Julien, martyr, et qui a donné naissance à la ville de Saint-Vauryt.

Cest là qu’il se fit construire une cellule au pied du mont Bernage, anciennement Benoarge, cellule dans laquelle il passa toute sa vie dans la prière, l’oraison, le jeûne, les veilles et tous les autres exercices de la pénitence. Plus d’une fois il eut à subir les terribles assauts du démon qui tentait de le décourager et lui représentait les avantages et les honneurs qu'il aurait eus dans le monde s’il y était resté, et cela sans avoir à craindre pour son salut. Valeric redoublait alors ses prières et ses mortifications.

Mais Dieu ne pouvait laisser tant de vertus sans récompense, ni cacher au monde une si brillante lumière. Bientôt les malades et les infirmes de toute sorte vinrent en foule à la cellule de saint Valerie ; aux uns il rendait

1. Saint-Vaury compte 2800 habitants, et appartient au département de la Creuse, à l'arrondissement &e Guéret, {1 est chef-lieu de canton,

a santé du corps, aux autres il prodiguait les avis et les consolations dont leur esprit et leur cœur avaient besoin, et tous s’en retournaient louant et glorifiant Dieu qui est admirable dans ses Saints. C’est ainsi que Valerie passa sur la terre en faisant le bien, et arriva à une extrème vieillesse. Il s’endormit dans la paix du Seigneur, le 40 de janvier, vers l’an 620. Tous les malades qui étaient présents à sa mort furent guéris par son intercession. Il fut enseveli dans l’église de Saint-Julien, martyr, qu’il avait si souvent et si religieusement visitée, et où il continue ses miracles en faveur de ceux qui viennent l’invoquer.

La solitude de saint Valeric est toujours un lieu de pèlerinage; on y vénère une grotte où il allait souvent prier, et qu’on appelle Berceau de Saint- Valeric. M. Siryeix, curé-doyen de Saint-Vaulry, y a planté une croix. Nulle gloire n’est comparable à celle que Dieu donne à ses Saints, mêmeen ce monde. Bien des siècles se sont écoulés depuis le passage de saint Valeric dans nos contrées, et sa mémoire y est toujours aussi vivante : /r memoria æterna erit justus. Les châsses précieuses qui contenaient les reliques de notre Bienheureux échappèrent au vandalisme et à la profanation des Révolutionnaires par les soins du docteur J.-B. Loriol, ancien prieur des pénitents blancs. L'église de Saint-Vaulry possède aussi une statue sans aucun mérite artistique, et précieuse seulement par le Saint qu’elle essaie de représenter. Elle fut cachée au domaine de La Valette; et tous racontent encore que le terrible orage qui, à cette époque, ravagea ces contrées sur une étendue de vingt-cinq lieues, respecta le seul domaine de La Valette.

La fête de saint Valeric se célèbre avec beaucoup de pompe, le 8 juillet et le dimanche suivant. D’après un ancien usage, on carillonne quand le saint Thaumaturge a accordé quelque faveur signalée, autrement on sonne à la volée. Cet usage vient, dit-on, de ce que les cloches sonnèrent d’ellesmêmes au moment de la mort de notre Saint,

Annales hagiologiques de M. Ch. Barthélemy.

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