‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 101 sur 220 · SAINT GAUDENS, MARTYR, AU DIOCÈSE DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

SAINT GAUDENS, MARTYR, AU DIOCÈSE DE TOULOUSE

La ville de Saint-Gaudens, dans la Haute-Garonne, a tiré son nom d’un jeune martyr, qui versa son sang pour Jésus-Christ en ce lieu et qui est devenu le patron de la contrée.

Saint Gaudens, dit la tradition, était berger ou pâtre, natif d'un hameau appelé les Nérous, dans le Nébouzan. Sa mère, Quiterie, était une sainte veuve qui eut grand soin de l’insiruire dans la religion catholique et de le prémunir contre l’hérésie des Ariens, très-redoutables alors : c'était au ve siècle, lorsque les Visigoths avaient établi déjà leur domination à Toulouse. Evaric, leur roi, déchaina partout sa fureur contre les catholiques et envoya son lieutenant, Malet, dans le pays des Onobusates, afin de convertir les populations à sa secte. Beaucoup de catholiques furent victimes de la persécution, mais la tradition n’a conservé que le nom de Gaudens et quelques détails de son martyre. Cet enfant, âgé seulement de treize ans, gardait son troupeau au pied du Pujament, lorsque les soldats de Malet vinrent l'arrêter et le conduire devant le tribunal de leur maitre. Les promesses ni les menaces ne purent ébranler le jeune berger et il confessa hardiment la divinité de Jésus-Christ, déclarant qu'il aimait mieux mourir que de renoncer à cette croyance. Malet entre dans une grande fureur et ordonne qu’on lui tranche la tèle ; cette sentence est aussitôt exécutée : des soldats conduisent Gaudens au lieu du supplice et il y reçoit en souriant le coup mortel. Mais Dieu manifesla par un prodige éclatant combien cette mort était précieuse à ses yeux. Dès que la tête eut roulé à terre, l'enfant la prit entre ses mains et se dirigea

rapidement vers le Mas-Saint-Pierre 1. Quant il eut franchi la moitié de la distance qui le séparait de la cité, il s'arrêta au bord du chemin et, plaçant sa tête sur. une pierre, il se reposa quelques instants 2, Cependant, comme il s’aperçut que des soldats à cheval le poursuivaient, il reprit bientôt sa course et ne s'arrêta plus que dans la ville, où les portes de l’église s’ouvrirent pour le laisser entrer et se refermèrent aussitôt derrière lui. Les soldats envoyés à sa poursuite s’efforcèrent vainement d'entrer dans la basilique ; l’un d’eux pressa fortement sa monture, qui, dressant ses pieds contre la porte de l’église, y laissa ses fers. Ils y restèrent plusieurs siècles en témoinage de ce qui venait de se passer.

Quand les Ariens se furent éloignés, les fidèles entrèrent dans l’église et y recueillirent avec un grand respect le corps du martyr, afin de le soustraire à la rage des persécuteurs.

Dès ce moment, les miracles se multiplièrent à son tombeau, et le culte de saint Gaudens devint populaire. L'église primitive, bâtie en l'honneur de saint Pierre, par saint Saturnin, l’apôtre de Toulouse au premier siècle, fit place à un oratoire en l'honneur du patron nouveau de la contrée; la ville elle-même fut renouvelée et prit le nom qu’elle garde aujourd'hui. Plus tard, une belle église romane à trois nefs remplaça l’oratoire, et elle existe encore, mais elle a perdu son beau cloitre.

Eu 1569, les protestants livrèrent aux flammes les reliques de saint Gaudens, dont il ne reste pius qu'une très-faible partie. La fête du Saint, qui se célébrait au mois de mai, époque de son martyre, se célèbre maintenant le 80 août.

La chapelle de la Caoue, bâtie sur le lieu même du martyre de saint Gaudens, fut démolie en 1794 ; de nos jours elle a été rebâtie et bénite solennellement le 9 avril 1855,

Notice due à l’obligeance du R. P. Carles, de Toulouse.

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