VIERGE ET MARTYRE
La bienheureuse Marguerite naquit à Louvain (Belgique) au commencement du xxr1e siècle, de parents pauvres, mais vertueux. Dès son enfance, répondant aux soins de sa mère, elle manifesta des sentiments auxquels elle resta fidèle jusqu’à la fin de sa vie. Quand elle fut en âge de travailler, elle entra au service d'un de ses parents, nommé Amand, qui était aubergiste, et, par charité chrétienne, donnait souvent l'hospitalité à de pauvres pèlerins qui n'avaient pas le moyen de payer leur gite. Marguerite profita à cette école de vertus. Elle remplissait avec la plus exacte fidélité tous les devoirs de sa charge, se faisait un plaisir de prodiguer ses soins aux membres souffrants de Jésus-Christ, et n'était jamais plus heureuse que quand elle avait exercé en leur faveur quelque acte de charité. Elle fit de bonne heure vœu de chasteté perpétuelle, et comme elle évitait scrupuleusement tout ce qui aurait pu porter la moindre atteinte à la fleur de son innocence, elle fut surnommée Za fière Marguerite.
Cependant Amand et sa femme avaient depuis longtemps formé le projet de se retirer dans un monastère. Pour réaliser leur dessein, ils vendirent leurs biens, et Marguerite, désormais sans place, se résolut à prendre le voile dans un couvent de l'Ordre de Saint-Basile. La veille du jour où Amand et son épouse devaient quitter leur maison, des voleurs, déguisés en pèlerins, se présentèrent pour coucheret furent bien accueillis; mais, pendant que Marguerite était allée chercher du vin dans un vase qui se voit encore à Louvain, ces brigands assassinèrent ceux qui venaient de les accueillir avec la plus parfaite charité. Quand Marguerite rentra, elle fut arrêtée et trainée hors la ville. Les voleurs, après l'avoir maltraitée, se demandaient ce qu'ils feraient d'elle ; l’un d'eux, plus compatissant que ses compagnons, offrit pour la sauver de la prendre pour sa femme, Marguerite préféra la mort ; elle fut à l'instant même poignardée, et son corps fut jeté dans la Dyle (2 septembre 1225).
Dieu, voulant faire connaitre combien la vie de Marguerite lui avait été agréable, permit que son corps flottât sur les eaux. Une lumière céleste l’environnait, et on entendait dans les airs des chants harmonieux. Le bruit de ce fait miraculeux se répandit rapidement par la ville; le Chapitre de Saint-Pierre vint processionnellement chercher le corps de la Bienheureuse, le placa dans une châsse en bois garnie de fer et le déposa dans une chapelle, devant le chœur. Au xvrre siècle, l& dévotion des fidèles pour la Bienheureuse ayant pris une grande extension, la châsse fut dorée. On éleva un autel au-dessus duquel où plaça un tableau peint par Van Haegen d’Alost, représentant le martyre de la servante de Dieu. Les fidèles viennent constamment implorer Le secours de son intercession auprès de Dieu et de nombreux miracles n'ont cessé de récompenser leur pieus confiance.
Acta Sanctorum et Godescurd.