‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 36 sur 220 · SAINT HADOUIN :, ÉVÉQUE DU MANS · texte numérisé non relu

SAINT HADOUIN :, ÉVÉQUE DU MANS

Hadouin, issu d’un sang illustre, appartenait en mème temps, par son origine, à la race gauloise et à celle des Francs. Sa vertu et ses talents, unis à sa haute naissance, le firent choisir pour gouverner l'Eglise du Mans après la mort de saint Bertrand. Clotaire IL confirma volontiers cette élection, et Hadouin ne tarda pas à prendre possession de son siége, en sorte que la vacance ne fut pas longue. Dix-huit ou vingt mois après son ordination, l’an 625, il se trouva au premier concile de Reims, où l’on fit vingt-cinq canons ou règlements touchant la discipline.

Hadouin s’appliqua de toutes ses forces à faire fleurir la piété dans son diocèse. Ayant reconnu que la science et l’étude doivent être l'apanage du clergé, il se montra jaloux de maintenir cette gloire dans son Eglise. Pour conserver à la postérité les grands exemples des vertus qui avaient brillé dans l’Eglise du Mans, il fit écrire par un clerc de son diocèse la vie de saint Domnole. Les légendes et les vies des Saints étaient le goût dominant de cette époque, qui fut le siècle des Saints. Hadouin, en s'appliquant à les recueillir, marchait dans une voie où d’autres chefs des Eglises gauloises se distinguaient également. On peut donc croire que c’est à son zèle qu'est due la conservation d’un grand nombre d'histoires des pieux personnages qui ont rendu l'Eglise du Mans illustre entre toutes les autres.

Le saint Evêque fit construire une basilique et un monastère, en l'honneur de la sainte Vierge, dans un lieu nommé Aurion, aujourd’hui Evron. Il fit venir des moines des abbayes de Saint-Vincent, et de Saint-Pierre et Saint-Paul du Mans, et les établit dans ce cloitre consacré à la Mère de Dieu, pour y faire le service divin, sous la Règle de Saint-Benoit. Par son testament, en date du 6 février 642, il fit des dons magnifiques à son monastère de Notre-Dame d’Evron, et donna toute sa fortune à l’Eglise-mère et aux monastères de son diocèse.

1. Alias : Hadoin, Chadouin, Hardouin, Audoin, et en latin : Hadouindus, Chadænus, Caduindus, Hardouinus, Hadwinus, Clodænus.

Un concile ayant été tenu à Chälons-sur-Marne en 644, il s'y fit représenter par l’abbé Chagnoaldus. Le diocèse du Mans ayant été, pendant plusieurs années, le théâtre des hostilités des Francs et des Bretons (632-636), eut beaucoup à souffrir de cette guerre où l’on pillait les églises et les monastères. Hadouin signala à cette occasion tout le zèle dont il était animé. Il répara autant qu'il était en lui tant de ruines; mais il s'appliqua surtout à la restauration des monastères, et il a mérité pour ce fait les plus beaux éloges de la part des historiens. Dans les dernières années de sa vie, une grande famine désola la Gaule (en 651), et bientôt on vit se joindre à ce fléau une maladie contagieuse dont les effets furent terribles.

Saint Hadouin mourut vers l’an 654, le douzième jour avant les calendes de septembre, jour où sa mémoire est honorée dans l'Eglise du Mans. Il fut enterré, selon son désir, dans la basilique de Saint-Victorius. Saint-Aldric, deux cent cinquante ans plus tard, découvrit le corps de saint Hadouin encore entier, frais et vermeil et le transféra dans la cathédrale. Les ornements pontificaux dans lesquels on l'avait enseveli, étaient encore entiers et sans corruption.

Tiré de l'Histoire de l'Eglise du Mans, par Dom Piolin.

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