‹ Les petits Bollandistes (volume 5)Chapitre 4 sur 220 · SAINT AGAPET OÙ AGAPIT DE ROME · texte numérisé non relu

SAINT AGAPET OÙ AGAPIT DE ROME

MARTYR A PALESTRINA, DANS LES ÉTATS DE L'ÉGLISE. 214. — Pape : Saint Félix Ier, — Empereur romain : Aurélien.

Le royaume des cieux souffre violence, et si vous n@ sayez vous faire violence, vous n'y parviendrez pas. Saint Jérôme.

Né à Rome, d’une famille noble, saint Agapet avait renoncé au monde pour mener la vie ascétique, sous la conduite de Porphyrius, dans la ville de Préneste, aujourd'hui Palestrina, tout près de Rome. C'était l’époque où l’empereur Aurélien persécutait les chrétiens. Un des ministres de sa cruauté, Antiochus, donna l’ordre d’arrêter le jeune Agapet qui avait osé lui faire de justes remontrances en faveur des chrétiens. Après un long interrogatoire il le fit frapper avec des scorpions et des balles de plomb. La constance du jeune Martyr, et une prière qu’il adressa à Dieu, convertirent cinq cents païens : ils se déclarèrent chrétiens et furent exécutés immédiatement. Agapet fut renfermé dans une horrible prison où une vision céleste le fortifia ; on lui fit ensuite subir un second interrogatoire, on le frappa de verges, puis on l’étendit sur un chevalet, on lui déchira le corps avec des ongles de fer, et on le traîna dans le temple d’Apollon ; comme il refusait de sacrifier, ceux qui le conduisaient frappèrent ses membres avec des pierres, et lacérèrent tout son corps avec des cordes de fer. Il serait trop long d’énumérer tous les supplices dont les bourreaux tourmentèrent son corps innocent; il endura plusieurs fois le chevalet, la prison, les charbons ardents sur la tête, la flagellation, une épaisse fumée au-dessus de laquelle on le suspendit la tête en bas, l’eau bouillante répandue sur son corps. Agapet déploya un courage héroïque, surhumain, fit aux juges et aux bourreaux des réponses admirables ; beaucoup de païens se convertirent. Amas, un de ses juges, par un juste jugement de Dieu, tomba de son siége à demi mort et peu après rendit le dernier soupir. Alors Antiochus fit exposer Agapet

aux bôtes féroces dans l’amphitéâtre : on lança sur lui deux lions, dont les yeux étincelaient de fureur; mais à la vue d’Agapet ils se calment, se couchent à ses pieds, le Ièchent doucement et lui font mille caresses, jusqu’à ce que le saint enfant leur ordonne de rentrer dans leurs loges. A la vue de ce prodige, le peuple s'écrie que le vrai Dieu est celui d’Agapet. Enfin, par l’ordre d’Antiochus, deux bourreaux le conduisent hors de la ville de Préneste, et l’ayant placé entre deux colonnes, ils lui tranchent la tête avec le glaive. Les chrétiens enlevèrent son corps et l’enterrèrent la nuit, à un kilomètre de la même ville, dans un champ où ils trouvèrent un tombeau tout neuf, qui semblait avoir été préparé par miracle pour rendre la sépulture de cet enfant martyr plus glorieuse. Sa constance, au milieu de tant de supplices, toucha un soldat qui le conduisait; il se nommait Anastase. Le martyrologe romain lui donne le titre honorable de corniculaire, c’est-àdire lieutenant du tribun militaire. Il quitta le paganisme et embrassa la religion chrétienne. Saisi au plus tôt, on le mit à mort le 20 août suivant.

Les reliques de saint Agapet se sont conservées jusqu'à présent dans la ville de Palestrina, qui est maintenant épiscopale, à l’option des premiers cardinaux; quelques ossements ont été transportés à l’abbaye bénédictine de Liesses ou Liessies, près d’'Avesnes, au diocèse actuel de Cambrai. Chélidoine, évêque de Besançon, rapporta de Rome, en 445, le chef de ce saint Martyr, et le déposa dans l’église de Saint-Etienne. Il est aujourd’hui dans celle de Saint-Jean, où Hugues I‘ le transféra vers le milieu du xr° siècle. Le martyrologe romain fait mention de lui, ainsi que ceux de Bède, d'Usuard, d’Adon. Baronius en parle aussi dans ses Votes et dans ses Annales.

Nous avons presque entièrement refait le récit de ce martyre, inexact dans le Père Giry, à l’aide des Bollandistes,

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