DOCTEUR DE L'ÉGLISE ET MARTYR
Cet illustre docteur de l'Eglise florissait au commencement du 1116 siècle. Saint Jérôme dit qu'il n'avait pu savoir de quelle ville il était évêque ; mais Gélase, dans son livre des doux natures de Jésus-Christ, l'appelle métropolitain de l'Arabie, Il fut, au rapport de Photius, disciple de saint Irénée, ainsi que de Clément d'Alexandrie, et maître d'Origène. Nous apprenons d'Eusèbe et de saint Jérôme, qu’il écrivit des commentaires sur plusieurs parties de l'Ecrilure, et que ce fut son exemple qui excita depuis Origène à faire la même chose. On avait un recueil de ses homélies du temps de Théodoret, qui en cite plusieurs; on avait aussi une lettre de lui à l'impératrice Sévéra, femme de Philippe, dans laquelle il traitait du mystère de l'Incarnation et de la résurrection des morts. Dans son ouvrage contre Noët, dont il nous reste une partie zonsidérable, il prouve clairement la distinction des personnes dans la Trinité, la divinité du Fils de Dieu, la disünction des natures en Jésus-Christ ; et l’on se servit depuis de son autorité avec beaucoup d’avantage contre les Eutychiens, Il composa une chronique qui finissait à l'an 222, mais que’l’on n'a
pu encore découvrir dans aucun des manuscrits grecs que l’on connaît. Son cycle pascal, qui fixe le temps où l'on doit célébrer la fête de Pâques, pour l’espace de seize ans, en commençant à la première année d'Alexandre Sévère, est le plus ancien ouvrage que nous ayons en ce genre. Nous avons encore des fragments de ses commentaires sur l’Ecriture, et son homélie sur la Théophanie ou l'Epiphanie, dans laquelle il parle principalement du baptème de Jésus-Christ et des effets merveilleux du Sacrement de la régénération. On regrette la perte de son traité sur le jeûne du samedi ; celui qui avait pour titre : Si un chrétien doit recevoir la communion tous les jours ; ses hymnes sur l’Ecriture sainte ; ses livres de l’Origine du bien et du mal; ceux qu'il avait composés contre Marcion, contre les hérésies, etc. Il réfutait dans ce dernier ouvrage trente-deux sectes, à compter des Dosithéens jusqu’à Noët qui confondait les personnes dans la Trinité et qui dogmatisait à Smyrne en 245.
On découvrit et on publia en 1661 le livre de Z’Antechrist, composé par saint Hippolyte, et dont Eusèbe, saint Jérôme, etc., font mention. On ne peut douter que ce ne soit le même ouvrage que celui dont parle Photius. Le saint Docteur y donne, d’après Daniel et les autres Prophètes, les marques auxquelles on reconnaîtra l’Antechrist qui doit venir à la fin du monde.
Saint Jérôme appelle saint Hippolyte ur homme très-saint et très-éloquent. Saint Chrysostome et d’autres écrivains ecclésiastiques lui donnent les épithètes honorables de source de lumière, de témoin fidèle, de docteur très-saint, d'homme rempli de douceur et de charité. Théodoret le place dans la même classe que saint Irénée, et les appelle l’un et l’autre es fontaines spirituelles de l'Eglise.
Les martyrologes du vire siècle, Georges le Syncelle, Zonare et Anastase disent que saint Hippolyte fut évêque de Porto, en Italie. Mais ils ont confondu cette ville avec celle d’Aden, en Arabie, laquelle était aussi appelée anciennement le Poré romain. Il paraît au moins qu'il y avait en Arabie un évèché de ce nom. Ceux qui l'ont mis en Italie auront sans doute pris notre Saint pour celui dont parle saint Prudence.
La meilleure édition que nous ayons des œuvres de saint Hippolyte est celle que Fabricius donna à Hambourg en 1716, avec des dissertations, 2 vol. in-folic.
Extrait de Godescard.