SAINT AMATEUR OÙ ROC-AMADOUR
SOLITAIRE DANS LE QUERCY, AU DIOCÈSE DE GAHORS (1° siècle).
Selon une tradition fort ancienne, confirmée par l'autorité du pape Martin V (Bulle de 1427) et les récentes découvertes hagiographiques qui ont immortalisé le nom de M. l'abbé Damourette, saint Amateur est le même personnage que Zachée, dont il est parlé dans l'Evangile, et que l’on croit être l'époux de sainte Véronique. Débarqué sur le sol des Gaules avec ses saints amis, Lagare, Marthe et Marie, Zachée les quitta pour chercher au loin une solitude où il püt s'établir. Il la trouva dans le labyrinthe de rochers qui, au milieu du Quercy (Lot), élèvent leurs fronts sourcilleux au-dessus du ravin étroit et profondément creusé par les eaux torrentueuses du Lauzon. Cette vallée, qui porte aujourd’hui le nom de Roc-Amadour, s’appelait alors le Val-Ténébreux, et était peuplée de bêtes féroces. Ce sévère et grandiose paysage, qui fait penser à la Thébaïde, ne pouvait manquer de plaire à un homme qu’occupaient de hautes et austères pensées; il éleva de ses mains une humble cellule sur l’un des points culminants de la montagne, et creusa dans le roc, au niveau de l'aire des aigles, un oratoire en l'honneur de la Mère de Dieu. Les peuples des belles vallées de Figeac et de Saint-Céré saluèrent le pieux ermite du nom d'Amator rupis (Amateur de la roche); plus tard ce nom se changea en celui d'Amadour ou de Roc-Amadour, plus conforme au génie du dialecte méridional.
La petite statue de la Vierge, qu'avait façonnée Zachée, fit des miracles nombreux en faveur des fidèles qui venaient l’invoquer dans son sanctuaire de rochers : ce pèlerinage, dix-huit fois séculaire, est encore aujourd’hui un des plus célèbres de la France : nous en parlerons en son lieu
Zachée fut enseveli d’abord dans le vestibule de la chapelle de Notre-Dame de Roc-Amadour qu’il avait fondée, et y demeura caché jusqu’en 1166. À cette époque, un habitant du pays se trouvant à l'extrémité ordonna à sa famille, peut-être par une inspiration divine, d’ensevelir sa dépouille terrestre à l'entrée de l’oratoire. À peine eut-on creusé la terre, que le corps du bienheureux Amateur fut retrouvé entier, placé à l’église, près de l'autel, et montré à la dévotion des pèlerins. Alors il se fit dans ce lieu des miracles si nombreux et si inouïs, par la puissance de la très-sainte Vierge, que le roi Henri II, qui se trouvait à Castelnau de Bretenoux (Lot), vint luiméme pour y satisfaire à sa dévotion.
Ces restes précieux demeurèrent sans corruption pendant plusieurs siècles, de telle sorte que Von disait en proverbe : Cect est entier comme le corps de saint Amadour; ou bien : 11 est en chair el en os comme saint Amadour. En 1562, les Huguenots s'étant emparés de la ville, pillèrent la chapelle et livrèrent aux flammes ces bienheureuses reliques; le feu les respecta; alors le capitaine Bessonie prit un marteau de forgeron pour les briser, ajoutant à cette action impie des paroles plus impies encore. Le père Odo de Gissey assure avoir parlé à un homme témoin de cet horrible spectacle, et qui déposa qu’alors on voyait encore sur la face du Saint les poils de la barbe. Cependant on parvint à arracher aux flammes une partie de ces précieuses reliques. Le même auteur avait vu lui-méme un bras du Bienheureux avec une partie de sa main; on y remarquait un doigt brisé, où paraissait du sang aussi vermeil qu’il pourrait être dans un corps fraichement entamé.
Les restes du bienheureux Amadour furent de nouveau attaqués et profanés en 1793. Maintenant il ne reste plus que deux reliquaires, dans l’un desquels on voit des ossements à demi con-
sumés par le feu, et mêlés avec une poussière semblable à une cendre noire ; dans l'autre, on apercoit plusieurs ossements que le feu n’a pas même endommagés ; le taffetas qui environnait le foie est encore empreint de marques songlantes, et le foie lui-même, loin de s'être corrompu, à conservé l’élasticité d’une chair vivante. Ainsi saint Amadour, vainqueur de l’enfer pendant sa vie, l’a encore vaincu après sa mort.
Il y à une relique du Saint à Davenescourt, chez les Dames de Saint-Maur.
Propre de Cahors : Année Dominicaine, tome 1v; Notre-Dame de Roc-Amadour, par M. Caillau, cha noine du Mans.
XXVIF JOUR D'AOÛT
MARTYROLOGE ROMAIN
A Rome, la déposition de saint Josebn, confesseur illustre par l'innocence de sa vie et par 3es miracles ; qui, pour instruire la jeunesse dans la piété et dans les lettres, fonda l'Ordre des Pauvres Cleres Réguliers de la Mère de Dieu des Ecoles pies. 1648. — A Capoue, dans la Campanie, la naissance au ciel de saint Rufe, évêque et martyr; il était de famille patricienne et fut baptisé avec toute sa maison par saint Apollinaire, disciple de saint Pierre. Vers la fin du 1er s. — Au même lieu, les saints martyrs Rufe et Carpophore, qui souffrirent sous Dioclétien et Maximien 1. — A Tomes, dans le Pont, les saints martyrs Marcellin, tribun ; Mannée, sa femme, et leurs enfants, Jean, Sérapion et Pierre. Vers 303. — A Lentini, en Sicile, sainte Euthalie, vierge, qui, parce qu’elle était chrétienne, fut tuée d’un coup d’épée par son frère Sermilien, et s’envola vers son céleste Epoux. Vers 256. — Le même jour, le martyre de sainte Anthuse la Jeune, qui fut noyée dans un puits pour la foi chrétienne. — A Bergame, saint Narne, baptisé par saint Barnabé, qui ensuite l'ordonna premier évêque de cette ville ?. Vers 75. — A Arles, saint CÉSAIRE, évêque, homme d'une sainteté et d’une piété admirables. 542. — À Autun, saint SYAGRE, évêque et confesseur. 600. — A Pavie, saint Jean, évêque 5. 813. — A Lérida, dans l'Espagne Tarragopaise, saint Lycère, évèque. — Dans la Thébaïde, saint PÉMEN ou PASTEUR, anachorète. 454, — À San-Severino, dans la Marche d’Ancône, sainte Marguerite, veuve. 1395.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
En Lorraine, la bienheureuse MARGUERITE DE BAVIÈRE, duchesse de Lorraine. 4434, — Aux diocèses de Saint-Flour et du Puy, saint Césaire le Grand, archevèque de ce siége et confesseur,
cité au martyrologe romain de ce jour. — A Sens, saint EBBES ou EBBON, vingt-neuvième évêque de ce siége et confesseur. 740. — A Saint-Lizier (Ariége), au diocèse de Pamiers, saint Licar
ou Lizier (appelé aussi Sizier, Lézer, Liger, Léger, Glicère, Licère), évêque régionnaire du Conserans (petite province de la Gascogne qui fait aujourd’hui partie du département de l’Ariége). Nous avons donné sa notice au 7 août, jour de sa première fète. Plus solennelle, celle du 27 août est du rite de première classe, avec oclave. 548. — À Châlon-sur-Saône, translation des reliques
1. Leurs corps furent découverts en 1712 sous un autel de l’église métropolitaine de Capoue. En 1719 on les enferma religieusement dans des châsses d'argent que l'on déposa en grand honneur dans la chapelle du Trésor. — Le Père Sollier, dans les Acta Sanctorum.
2. Son corps fut déposé d'abord dans l'Oratoire de Saint-Pierre de Bergame; de Ilà il fut transféré dans l'église de Saint-Alexandre; quand celle-ci fut détruite (1561), le corps saint alla enrichir la basilique de Saint-Vincent. Cette dernière fut plus tard dédiée sous le vocable de saint Alexandre : et le tom— beau du maître-autel de cette église, devenue dès lors cathédrale, hérita de ce précieux trésor. — Le Père Sollier, dans les Acta Sanctorum.
8. Après avoir gouverné douze ans l'Eglise de Pavie, et l'avoir illustrée par sa science et sa vertu, il s'epdormit doucement dans le Seigneur et fut enseveli dans le sanctuaire de l'église métropolitaine, sous le Maiirc-autel. — Le Père Sollier, dans les Acta Sanctorum.
de saint Loup, vulgairement saint Leu, évêque de ce siége et confesseur. Son décès est marqué au martyrologe de France du 27 janvier, et nous avons donné sa légende au 19 février, jour où on l’honore dans l'Eglise d'Autun. 610. — A Soissons, les saints Timothée et Apollinaire, martyrs, cités au martyrologe romain du 23 août, jour sous lequel nous avons donné leur notice. 111° 8. — A Toulouse, mémoire de saint VIDIAN DE MARTRES, martyr. Sous Charlemagne. — À Montpellier, saint Sévère, fondateur et premier abbé du monastère d'Agde (Agatha), et dont nous avons parlé au 21 août, jour où l'Eglise de Rodez célèbre sa fête. v° s. — À Rodez, la sainte mort du vénérable P. Gilbert Nicolaï, plus connu sous le nom de Gabriel-Marie, religieux cordelier, confesseur de la reine sainte Jeanne de Valois, et son coopérateur dans la fondation de l'Ordre de l’Anno»ciade ou des Dix-Vertus de la très-sainte Vierge (1506). Le corps de ce pieux serviteur de Dieu ct de Marie fut enseveli dans le couvent des Annonciades de Rodez. On dit que l’on voyait souvent sur son tombeau des clartés merveilleuses, et qu’on y entendait les concerts d’une céleste harmonie 1. 4525 ou 1532. — Dans l’ancien monastère bénédictin de Saint-Pierre d'Hasnon (Hasmonien:e monasterium), au diocèse de Cambrai, entre les villes de Marchiennes et de Saint-Amand-les-Eau. le bienheureux Liéhert II, abbé et confesseur. Il succéda au bienheureux Rolland, qui s'était évalement distingué par une éminente vertu. L’odeur de sainteté qu'on respirait auprès de lui le faisait appeler le modèle de la vie religieuse. 4091. — Au diocèse de Bourges, translation des reliques de saint Sulpice le Pieux ou le Déhonnaire, archevêque de ce siége et confesseur, et dunt nous avons donné Ja vie au 47 janvier. Le 27 août est le jour qui a été choisi pour la solennité de la fête de saint Sulpice par les paroisses du diocèse de Nevers placées sous le patronage du saint archevêque de Bourges. Ce sont celles de Saint-Sulpice-le-Châtel, Fours, Entrains, Marcy, Saincaize, La Coloncelle, Planchez, Authion, Varennes-lès-Nevers et Cigogne. 644. — À Quézac (Cantal, arrondissement d’Aurillac, canton de Maurs), au diocèse de Saint-Flour, Notre-Dame de Quézac, pèlerinage qui remonte au-delà du xive siècle. S’il tomba forcément pendant la Révolution de 93, il se releva promptement lorsque la liberté fut rendue à la France. Cet heureux sanctuaire possède non-seulement une image miraculeuse de la sainte Vierge, mais encore une parcelle du manteau de la Mère de Dieu, de la vraie Croix, de la Crèche de Notre-Seigneur, un fragment d’un vêtement de saint François de Sales, des os de saint Roch, de saint Pierre, de saint Julien et d’autres Saints. Des miracles nombreux s'opèrent tous les ans dans cette chapelle,
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe de l'Ordre des Chanoïnes réguliers. — La Vigile de notre père saint Augustin. — Chez les Chanoines de Vienne, saint Grégoire d’Utrecht, confesseur, disciple du bienheureux Boniface, martyr, dans l’Institut des Clercs Réguliers, et son successeur dans l’épiscopat d'Utrechi. 11 convertit les Saxons à la foi de Jésus-Christ. 776.
Martyrologe de l'Ordre des Cisterciens. — L'Octave de notre père le bienheureux Bernard, abbé et docteur de l'Eglise universelle 2. 4153.
Martyrologe de l'Ordre des Déchaussés de la Sainte-Trinité. — De même que chez les Cisterciens.
Martyrologe de l'Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel. — La Transverbération du Cœur de sainte Thérèse, vierge, de l'Ordre des Carmélites 8, 1582. — De plus, saint Joseph Casalanz, confesseur, fondateur de la Congrégation des Pauvres de la Mère de Dieu, et dont la fête se célèbre le 3 septembre. 1648.
Martyrologe des Ermites de Saint-Augustin. — De même que chez les Chanoïnes réguliers.
Martyrologe de l'Ordre des Carmes Déchaussés. — La Transverbération du Cœur de sainte Thérèse, vierge, notre Mère. — À Rome, le décès de saint Joseph, confesseur, illustre par l’innocence de sa vie et ses miracles. Pour élever la jeunesse dans la piété et les lettres, il fonda l'Ordre des Clercs Réguliers des Pauvres de la Mère de Dieu des Ecoles pies. Sa fête se célèbre le 3 septembre; dans les Etats de l’Eglise elle se fait le 6 du même mois, et de mème en Etrurie, 1648,
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
A Constance, ville du grand-duché de Bade, sur le Rhin, saint Guebhard Il, appelé aussi Gébhard, Gébard et Gébehard, évêque de ce siége et confesseur. Il était le plus jeune fils du pieux Huozo, comte de Bregentz, et naquit le 7 août 949 à Pfannenberg, près de Bregentz. Il
1. 11 ne reste plus aujourd’hui qu'un souvenir du couvent des Annonciades de Rodez; les bâtiments eux-mêmes onf été renversés ; seulement la Providence n'a pas permis que cette terre fût à jamais profanée : il y a encore là une maison de Dieu : on y a élevé un superbe édifice destiné aux élèves du sanctuaire.
2. Nous avons donné sa vie au 20 août, — 3. Nous donnerons sa vie au 15 octobre,
étudia les lettres chez les Chanoïnes. de Constance qui, voyant ses progrès et ses vertus, le reçurent bientôt dans leurs rangs. À la mort de l'évêque Germenolphe ou Gaminolf (979), qui succéda immédiatement à saint Conrad, Guebhard monta sur le siége épiscopal de Constance. 1] employa son patrimoine à la fondation du monastère de Peterhausen, près de Constance et du pont du Rhin : Grégoire V le dédia et le plaça sous la protection spéciale du Saint-Siége. Les empereurs d'Allemagne et d’autres seigneurs accordèrent à ce monastère de nombreuses donations et de grands priviléges. Le pieux évèque y plaça des moines de Meinradszell ou Marie-l’Ermitage qui jouissait alors d’une grande réputation de sainteté. Guebhard prouva encore sa libéralité par des donations nombreuses et considérables qu'il fit particulièrement à plusieurs églises du Schwartzwald, et, après avoir siégé environ seize ans, il s’endormit dans le Seigneur. 995 ou 996. — En Ecosse, saint Malrube, ermite et martyr. Il était uniquement occupé des pratiques de la pénitence et de l'exercice de la contemplation, lorsque les incursions des Norwégiens, encore plongés dans les ténèbres de l’idolätrie, le firent sortir de son désert. Son but était d'aller consoler ses compatriotes dans leur malheur, et d’adoucir, s’il était possible, la fureur des barbares. Par zèle pour leur salut, il se mit à leur prêcher l'Evangile ; mais la mort fut la récompense de sa charité. Les Norwégiens le massacrèrent dans la province de Mernis, Il ne faut pas le confondre avec un autre Saint du même nom qui est honoré le 21 avril. 4040. — Chez les Grecs, mémoire de l’eunuque de la reine Candace, baptisé par le diacre saint Philippe. 34 ou 35.—En Egypte (à Tomes, d’après le martyrologe romain), avec les saints martyrs Marcellin, Mannée, Jean, Sérapion et Pierre, cités au martyrologe romain de ce jour, les saints Chiron, Ammon, Sérapion, Jean, Babilas, Mélèce, Athéogène, Ariston, Feste, Viclor, Suzanne, Zoïle, Domnin, Memnon, martyrs. 303. — A Constantinople, les saints Olle et Etienne, martyrs. — A Potenza, ville du royaume d'Italie, dans la Basilicate, les saints martyrs Félix, Aronce et Sabinien, dont les reliques furent portées (760) dans la basilique de Sainte-Sophie de Bénévent. Sous Maximien. — A Antioche, sainte Emérile, martyre. — Au même lieu, les saints Sébaste et Alexandre, martyrs. — Au comté de Somerset, en Angleterre, saint Décuman, ermite et martyr. — À Sion (Octodurum, Sedunum), en Valais, saint Théodore II, évèque de ce siége et confesseur, un des fondateurs du monastère de Bénédictins et d'Auguslins d’Agaune ou Saint-Maurice en Valais. Vers 516. — Au mont Senario, au diocèse de Florence, le bienheureux Jean Manetto, confesseur, l’un des sept fondateurs de l'Ordre des Servites de la Bienheureuse Vierge Marie. Il est cité au martyrologe romain du 20 août. 1268.