XXIX JOUR D’AOUT
MARTYROLOGE ROMAIN
La Décollation de saint Jean-Baptiste, à qui Hérode fit trancher la tête vers la fête de Pâques. On en fait la solennité en ce jour, parce que c’est celui où son vénérable chef fut trouvé pour la seconde fois. Il à été transféré à Rome, où il est honoré avec une singulière dévotion par tout le peuple, dans l’église de Saint-Sylvestre, au Champ-de-Mars 1. 31. — A Rome, sur le mont Aventin, la naissance au ciel de sainte SABINE, martyre, qui fut frappée du glaive, sous l’empereur Adrien, et remporta la palme du martyre. 419. — Encore à Rome, sainte Candide, vierge et martyre, dont Pascal Ier, pape, transféra le corps dans l’église de Saiate-Praxède. — À Antioche, en Syrie, la naissance au ciel des saints martyrs Nicéas et Paul. — A Constantinople, les saints martyrs Hypace, évêque d'Asie, et André, prêtre, qui souffrirent pour le culte des saintes images, sous l'empereur Léon l'Isaurien ; ils eurent la barbe enduite de poix, puis brûlée, et la peau de la tête arrachée ; enfin ils furent égorgés. vire s. — A Pérouse, saint Euthyme, romain, qui, fuyant la persécution de Dioclétien, se retira dans cette ville avec sa femme et son fils Crescent, et y mourut en paix dans Notre-Seigneur. Vers 309. — A Metz, saint ADELPHE, évêque et confesseur. Ve 8. — À Paris, le décès de saint MERRY ou MÉDÉRIC, prêtre. Vers 100. — En Angleterre, saint Sebba 2, roi. 691. — À Smyrne, ville de la Turquie d'Asie, la naissance au ciel de sainte Basille 8, — Au diocèse de Troyes, sainte Savine ou Sabine, vierge, illustre par ses vertus et ses miracles #, 313.
MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ
À Paris, saint Frou ou Frodulphe, solitaire, disciple de saint Merry ou Médéric, cité au martyrologe romain de ce jour. Il mourut à Barjon, près de Grancey (Côte-d'Or, arrondissement de Dijon), le 22 avril, jour sous lequel il est nommé au martyrologe de France. virie s. — Au diocèse d’Autun, saint Merry, cité au martyrologe romain de ce jour. — A Louvain, ville de Belgique, dans la province du Brabant méridional, sainte Vérone, vierge, de la famille royale de France. Elle était fille de Louis le Germanique (876), troisième fils de Louis le Débonnaire. Quand son père fut mort, elle distribua tous ses biens aux pauvres et fonda un monastère où elle prit l'habit religieux. Elle mourut à Mayence où l’on conserve des vêtements qui lui ont appartenu. Coblentz possède aussi
1. Nous avons parlé de la décollation de saint Jean-Baptiste dans sa vie que nous avons donnée au 91 juin.
2. Sebba, appelé aussi Sebbi et Sebbe, était fils de Seward, et commença à régner sur les Saxons orientaux en 664. S'il fut par la sagesse et la douceur de son gouvernement le père de son peuple, il en fut aussi le modèle par ses vertus. Après un règne de trente ans, aussi brillant qu'heureux, il remit la couronne à ses deux fils Sigeard et Senfrid, et prit l'habit monastique ; sa femme imita son exemple et prit le voile de religieuse. Sebba mourut à Londres deux ans après sa retraite. Bède assure que sa sainteté fut attestée par plusieurs miracles; son corps fut déposé dans l'église Saint-Paul, et son tombeau y & subsisté jusqu'au grand incendie de 1666. — Godescard et Acta Sanctorum.
8. D'autres martyrologes l'appellent Basilisse et la font mourir et honorer à Sirmium (aujourd'hui Sir mich ou Mitrowitz), ancienne capitale de la Pannonie.
4, Nous avons donné sa vie au 29 janvier, tome 11, page 112.
de ses reliques. On voit, à une lieue environ de Louvain, une chapelle dédiée sous son vocable c'est là qu'elle fut ensevelie ; près de l’oratoire est une fontaine qu'on nomme fontaine de Sainte- Vérone. Vers 870. — Dans le Limousin, le vénérable Jean Audebert, religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur. Il naquit à Belloc, au diocèse de Limoges (1660), et ft profession à Saint-Junien de Noaille fNobiliacum), au diocèse de Poitiers (11 novembre 1620). Il fut un des premiers supérieurs qui gouvernèrent l’abbaye de Saint-Denys, après que la Réforme de la Congrégation de Saint-Maur y eut été introduite. I] en était à la tête, en qualité de grand prieur, lorsqu'A fut nommé abbé d'Argenteuil, au diocèse de Versailles (1 novembre 1646). Nommé prieur de Saint-Germain des Prés en 1656, il fut élevé, en 4660, à la dignité de général des Bénédictins, poste important qu'il occupa pendant douze ans. Après avoir été une des gloires les plus pures de l'Ordre de Saint-Benoît, Jean Audebert mourut simple religieux, à Saint-Germain des Prés, à Paris, âgé de soixante-quinze ans. 1675. — Au diocèse d'Aulun, anniversaire de la consécration de l’église Saint-Pierre de Châlon-sur-Saône. Les proportions de cette église, à la construction de laquelle on employa plus de cent mille livres, sont belles et élégantes ; la figure de la croix latine y est largement dessinée, et l'abside est spacieuse comme dans toutes les églises destinées à recevoir un chœur nombreux. Les pilastres, d'ordre corinthien, supportent un entablement à plates-bandes ; au dessus s'élève un second étage de pilastres pius simples, unis par le cintre roman. Sur quatre piliers élancés surgit un dôme gracieux, ni trop exigu, ni trop lourd. Les fenètres sont élevées à cent pieds au-dessus du pavé, et leur jour, qui semble être pris dans le ciel, fait ressortir admirablement toutes les beautés du temple. On remarque dans le chœur de belles stalles provenant de l'abbaye de Mayzières, ainsi que les statues en pierre des quatre grands Docteurs de l’Eglise latine : Saint Augustin, saint Ambroise, saint Jérôme et saint Grégoire. Deux autres statues placées à l'entrée de l’abside représentent saint Pierre et saint Benoit. Le frontispice porte deux dates, 570 et 1709 : la première est celle de la fondation de l’abbaye primitive, la seconde celle de la construction de l'église actuelle. -— A Vienne, au diocèse de Grenoble, Notre-Dame de l'Isle, sur la paroisse Saint-Maurice. Ce sanctuaire de Marie est en grande vénération parmi tous les habitants.
MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX
Martyrologe des Chanoïnes Réguliers. — La fèle de la Décollation de saint Jean-Baptiste, à qui Hérode fit trancher la tête vers la fète de Pâques. On en fait la solennité en ce jour, parce que c'est celui où son vénérable chef fut trouvé pour la seconde fois. Ii a été transféré à Rome, où il est honoré avec une singulière dévotion par tout le peuple, dans l’éslise Saint-Sylvestre, au Champ-de-Mars, 31.
ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES
À Tunis, chef-lieu de l'Etat de ce nom, en Affique, le bienheureux Antoine de Rivoli (Antonius Ripolanus), martyr, de l'Ordre des Frères Prècheurs. Voulant un jour passer de la Sicile à Naples, il fut enlevé par des pirales, chargé de fers, et emmené à Tunis, avec les autres chrétiens qui s'élaient trouvés sur le vaisseau (9 août 1468). Les captifs furent emprisonnés : Antoine ne put supporter cette humiliation, et, pour être délivré de ses chaînes, il renia en présence du sultan le nom glorieux de Jésus-Christ et la sainte foi catholique. I fit ensuite l'apologie de la religion de Mahomet et commenca à traduire le Coran de l'arabe enitalien ; mais, comme il n’y trouva qu'un tissu incohérent de fables absurdes, il rentra peu à peu en lui-même et reconnut son erreur et l'énormilé de son péché. Il se rendit alors au palais du dey, lui déclara qu'il était chrétien et qu'il se repentait amèrement de son apostasie. Furieux, le dey le fit enfermer dans un sombre cachot : quelques jours après on l'en tira pour le décapiter. Son corps fut ensuite jeté dans les flammes : mais elles le respectèrent. Les chrétiens s’en emparèrent et l’ensevelirent dans l’église de Tunis, ainsi qu'il l'avait demandé avant de mourir. 1410. — À Rome, avec sante Sabine, citée au martyrologe romain de ce jour, sainte Sérapie ou Séraphie, vierge et martyre, gouvernante de sainte Sabine. Arrètée comme chrétienne pendant les persécutions qui ensanglantèrent l'Eglise au 11e siècle le juge la livra à de jeunes libertins qui voulurent lui ravir son honneur ; la vierge lerrassa ces infàmes et ils roulèrent sans vie à ses pieds. Le juge, la croyant suspecte de magie, lui fit brûler les côtés ; elle fut ensuile battue de verges et eut la tête tranchée. Son corps repose dans l’église Sainte-Sabine de Rome. Elle est citée au martyrologe romain du 3 septembre. Vers 426. — En Palestine, la naissance au ciel de neuf cents bienheureux Martyrs, cités par le martyrologe de saint Jérôme. — À Bagnarea (Balneum Regis), au diocèse de Sarsina, dans la province de Forli (ltalie) saint Albérique, solitaire. On voit encore aujourd’hui, sur le terriloire de cette ville, un endroit qu’on nomme encore la Celle de Suint-Albérique, et qui est habité par des solitaires. Sa fête ne er na de mo Ed 2 us FL
jour, saint Félix, martyr; et les
saintes Foricie ou Forige, Adausie ou Adavise, Gemelline et leurs compagnes, martyres. — Aux environs de Cracovie (Carrodunum), ville d'Autriche, dans le royaume de Galicie, Notre-Dame de Clermont, où se trouve une image de la sainte Vierge peinte par saint Luc, envoyée à l'impératrice d'Orient, sainte Pulchérie (399-453), et mise par elle dans l’église de Notre-Dame des Cuides, à Constantinople, d'où elle fut tirée par Léon, duc de Russie, et, depuis, par le duc d’Apolie-: comme il voulait la transporter dans cette ville (1380), il ne put la remuer dès qu’il fut arrivé sur la montagne de Clermont ; on bâtit alors une église en cet endroit et on y déposa l'image de Ja sainte Vierge. 1383,