SAINT FÉLIX ET SAINT ADAUCTE, MARTYRS A ROME
Plusieurs personnes eurent révélation de sa mort au moment même où elle expira ; plusieurs connurent aussi, par la même voie, la gloire qu’elle possédait dans le ciel ; son visage parut si beau après son trépas, qu’on fut longtemps sans croire qu’elle fût morte. On l’enterra dans le couvent des Pères Dominicains, avec toute la pompe et la magnificence que méritait cette illustre Servante de Dieu. L’archevêque de Lima officia ; les membres du chapitre portèrent son corps une partie du chemin, les magistrats et les principaux de la ville le portèrént ensuite ; et les supérieurs des maisons religieuses le reçurent des mains de ceux-ci pour le porter jusque dans l'église. Les miracles qui se firent, par le moyen de ce saint corps, à la vue de tout le peuple, y attirèrent un si grand concours de monde, qu’on fut deux jours sans le pouvoir enterrer. L’ardeur du peuple à lui couper ses habits fut aussi si opiniâtre, qu’on lui en donna de nouveaux jusqu’à six fois.
Comme les miracles continuaient tous les jours de plus en plus au tombeau de la bienheureuse Rose, le pape Urbain VIII députa, en l’année 1630, des commissaires apostoliques sur les lieux, pour en informer juridiquement. Cent quatre-vingts témoins se présentèrent devant eux, et déposèrent, dans les formes accoutumées, ce qu'ils en avaient vu.
On trouve dans ces dépositions une infinité de conversions surprenantes d'hommes et de femmes de toutes conditions, qui s'étaient faites par les mérites de cette Epouse de Jésus-Christ dans tout le royaume du Pérou. On y trouve que, par son intercession, Madeleine Tortez et Antoine Bran, morts et enterrés, avaient été ressuscités; qu’Elisabeth Durand, qui avait un bras sec et aride, avait été guérie miraculeusement par le seul attouchement de ses reliques; qu’une grâce pareille avait été accordée à une négresse, en touchant seulement son habit; et que même la simple poudre de son tombeau avait guéri, comme elle guérit encore tous les jours, une infinité de personnes affligées de toutes sortes de maladies, de fièvres, de catarrhes, d’hydropisies, d’esquinancies et de maux d'estomac, et qu’elle est très-favorable aux femmes dont la grossesse touche à son terme. Elle fut béatifiée en 1668 par le pape Clément IX. L'année suivante, le même Pontife lui donna le titre de patronne principale du Pérou, et fit écrire son nom dans le martyrologe. Le pape Clément X a mis cette illustre vierge au Catalogue des Saints, en 1671, et l'Eglise en solennise la fête le 30 août.
Sainte Rose est patronne de Lima ; on la représente tenant un grappin qui traverse par sa tige et supporte par ses becs une ville que la mer entoure. Spes cvitatis, lit-on quelquefois au dessous,
Plusieurs auteurs ont écrit sa vie ; la plus ample et la plus exacte est celle du R. P. Feuillet, religieux
de l'Ordre de Saint-Dominique de la Congrégation de Saint-Louis. Nous l'avons suivie dans cet abrégé. — Cf. Vie de sainte Rose de Lima, par le P. Léonard Hansen, et l'Année dominicaine.