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DES PREMIERS MARTYROLOGES

L'origine de ces catalogues des maïtyrs se confond avec celle de l'Eglise elle-même. C'était en effet une coutume de la primitive Eglise 4 d'offrir chaque année, au jour anniversaire de la mort des martyrs, le sa- : crifice de la messe en leur honneur. La veille, on devait indiquer leurs " noms aux fidèles réunis sous les voûtes du temple, et à un certain moment du saint sacrifice il fallait les réciter de nouveau. Des catalogues spéciaux er

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où figurait la liste quotidienne des martyrs étaient done indispensables : on Le Fe

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les créa, et telle fut l’origine des martyrologes. I RÈT Quels furent les premiers types de ces catalogues ? Quels en furent jé rt premiers rédacteurs ? Le type original de tous les catalogues de martyrs est

l'ancien martyrologe romain, tel qu'il est sorti des travaux hagiographiques des premiers notaires de l’Eglise romaine. one « Pendant qu’à l'ombre du palais impérial, Josèphe (37-95), le dernier des annalistes juifs, fermait le cycle de l’Æis{oire Hébraïque », dit l'abbé Darras, « saint Clément (67-76), dans les catacombes, ouvrait celui de PÆstoire Catholique, par l'établissement de notaires régionnaires, chargés de recueillir et d'enregistrer les Actes des Martyrs. La Rome païenne se divi- : sait en quatorze régions ou quartiers, dont la délimitation avait été fixée … par Auguste. Chose remarquable ! Le premier acte des pontifes chrétiens, … en posant le pied dans cette ville où ils devaient régner un jour, fut de substituer une division nouvelle à celle que ies empereurs avaient établie. La critique moderne a souvent taxé une pareille mesure d’invraisemblable et d’apocryphe. Aujourd’hui que les sept catacombes de l’âge apostolique viennent d’être reconnues par la science de nos archéologues, on est forcé de reconnaître la rigoureuse exactitude de la tradition. Les sept catacombes, une pour deux régions ou quartiers de la ville, correspondent précisé-

à chacune d'elles, étaient, à og par Éive des a voduisaient la parole avec une rapidité incroyable, et par signes viauifs, notæ. Fort répandus chez Jes anciens, ils ne le furent pas moins

qu'il tenait même une école où il enseignait ce genre d'écriture et que “c'est avec les instruments dont ils se servaient pour ce travail que ses élèves le mirent à mort. Le plus important de leurs offices fut de recueillir — les actes des martyrs. Leur mode d'écriture, si expéditif, les mettait à même … de relever avec la plus complète exactitude, et aussi avec secret, les inter- « rogatoires des martyrs, leurs réponses, les arrêts de condamnation pro- - noncés contre eux, leurs dernières paroles et jusqu'aux plus minutieuses particularités de leurs supplices. C’est par ce moyen que nous sont parvenus les Actes que nous possédons, publiés en grande partie par Ruinart, et dont plusieurs remontent au commencement du deuxième siècle ».

Etant donnés ces actes ainsi rédigés par les notaires apostoliques, on

…—. obtint le premier catalogue des martyrs en extrayant des narrations dé- | taillées de ces documents officiels le nom seul et la qualité de leurs héros, …..… avec l'indication sommaire du lieu et de la date de leur martyre. Rien n’em-

…… pêche de croire que les notaires eux-mêmes furent les auteurs de ce tra- “ vail d'analyse. Le type des martyrologes était créé !, —. Graxé sur les tablettes de cire avec le style des notaires apostoliques, ce catalogue était simultanément immobilisé et comme stéréotypé sur la brique … ou le marbre avec le ciseau des fossoyeurs des catacombes. Ceux-ci, en effet, gravaient sur la fermeture des tomheaux des Martyrs ou des saints Confesseurs dont ils confaient les restes mortels aux entrailles de la terre, une pieuse légende désignant un nom, un jour, un titre, le plus souvent symbolisé par une palme, une colombe, un monogramme, et rédigeaient ainsi, de concert avec les notaru de la ville supérieure, le nécrologe sacré . des témoins du Christ, le premier et le plus authentique des martyrologes. As Puisque notre sujet nous y entraine, nous ne nous refuserons pas la satisfaction de dire un mot de la Rome souterraine et catacombaire. gr Gaume la décrit ainsi:

… «Représentez-vous, autour de la Rome qui brille à vos yeux, une autre . Rome de plusieurs lieues d’étendue, cachée dans les entrailles de la terre, avec ses différents quartiers désignés par des noms illustres; ses nombreux - habitants de tout âge, de tout sexe, de toute condition; ses places publiques, ” ses carrefours, ses chapelles, ses églises avec toutes leurs parties ; ses peintures, vivant tableau de la foi et des dispositions des générations dont elle t la demeure ; ses innombrables galeries étagées les unes au-dessus des utres jusqu’au nombre de quatre et même de cinq, tantôt basses et étroites, … tantôt hautes et larges ; tantôt courant en ligne droite, tantôt se courbant sur elles-mêmes, fuyant dans tous les sens, se coupant, se mêlant, comme s allées d’un immense labyrinthe ; ces galeries, ces places, ces chapelles, airées extérieurement, de distance en distance, par des ouvertures prauées à la surface du sol et illuminées intérieurement par des millions de

uvre hagiographique, qu'une Collection des anciens martyres. Loin d'être un abrégé sommaire des des Saints, c'était un ouvrage très-considérable, puisqu'il contenait non-seulement les actes des yrs, les questions et les réponses et tout ce qui avait rapport à leurs souffrances, mais qu'il donnait l'apologie d'un Le nombre. Eusèbe a été historien et non martyrologiste. — Cf. Baronius,

lampes de terre cuite ou de bronze, affectant la orme d’une n: tout, à droite et à gauche, du sol jusqu'à la naissance des voûtes, beaux iaillés horizontalement dans les parois des galeries : telle est, au qu'il est possible de le représenter par le discours, la forme de la Rome souterraine. Quant à son étendue, il suffit de dire, suivant le calcul de hommes dont la vie se passe à l explorer, que, si toutes les galeries étai mises bout à bout, elles formeraient une rue de irois cents lieues de lon gueur, bordée de six millions de tombes t ».

On donna primilivement le nom de catacombes (#14 rôu6cs, lieu prés tombeaux) à l'enceinte souterraine demi cireulaire et construite en maço nerie, où furent déposés les corps de saint Pierre et de saint Paul. Plus tard, on appliqua ce nom à tous les cimetières de Rome. | On a cru longtemps, sur la foi de quelques érudits, que les catacombes avaient été primitivement des excavations pratiquées par les païens danse but d’en extraire le sable et les autres matériaux nécessaires aux constructions de la ville. D’après cette opinion, qui s’est propagée jusqu’à nos jours, les chrétiens n’aureient fait que s’approprier ces sablonnières et carrières pour y ensevelir leurs morts et y tenir leurs assemblées pendant les persé=

examen plus attentif ei plus scientifique, dont l'initiative appartient au célèbre Père Marchi. Le système du say ant jésuite se formule ainsi : Les. catacombes n’ont rien de commun avec les arénaires (carrières de sable) de les latomies (carrières de pierre) des païens; les chrétiens tout seuls les ont creusées dans le but prémédité d’y ensevelir leurs morts et d'y pratiquer leur culte dans certaines parties plus spacieuses disposées à cet effet. Les architectes des catacombes furent les fossores, chargés en outre de tout ce qui regardait la sépulture des morts. Chaque paroisse de’ Ro chrétienne avait un collége de huit ou dix fossoyeurs. Aux yeux de La fe primitive, leur profession était si noble et si méritoire, qu'elle fut souvent” exercée par les plus grands personnages et les plus illustres matrones ?. Mais revenons à l'historique de nos martyrologes. Nous en avons attribué la Pvton PRE aux notaires romaine pa norme. le nombre des

1. Cette vaste cité des martyrs, creusée à droite et à gauche des voies romaines, et partagée ps: e Tibre en deux amies régions, aussi bien que la ville sunéieure, se Frot en cinquante quartiers,

1èbre par les Catacombes de saint Calipode, de saîint Jules, des saints rs et Martinien, et des Agathe; — la voie de Porto longe les Catacombes de saint Félix, de saint Pontien, de Généreuse ad Seztum Philippi, du pape saint Jules; — la voie d'Ostie présente la Catacombe de saint Paul et de sainte | e Luciné, de saint Timothée, des saints Félix, Adaucte et Commodilla, de saint Cyriaque et de saint Zénon ad Aquas Salvias ; — dans la région de la voie Ardéatine, sc trouvent les Catacombes de sainte PéHrO= 3 pille, de sainte Flavie Domitille, des saints Nérée et Achillée, de saint Damase et des saints Marc et.

Marcellin, de sainte Balbine et de saint Marc, pape ; — aux côtés de la célèbre voie Appienne s'ouvrent les vastes Catacombes de saint Callixte, de saint Zéphyrin, de saint Prétextat, de sainte Sotère, des saints Eusève et Marcelle; — sur les bords de la voie Latine se développent les Catacombes d'Apronien, des. saints Gordien et Epimaque, des saints Simplicien et Servilien, et de saint Tertullien ; — la voie Lavi= cane indique la place des Catacombes des saints Tiburce, Marcellin et Pierre, appelés aussi Znter das Lauros ; de sainte Hélène, des saints Claude et Nicostrate, de saint Castule et de saint Zotique ; — Ia voie Tiburtine montre avec orgueil les vastes Catacombes de saint Laurent et de sainte Cyriaque; — la voie Nomentane est bordée à droite et à gauche des Catacombes ad Nymphas, des Catacombes de sai Nicomède, de saint Alexandre, des saints Prime et Félicien, de saint Restitut, de sainte Agnès; — la. ve Salaria Nuova signale à notre attention les Catacombes de sainte Priscille, de saint Sylvestre, de. Félicité et de Pt ere des saints CRE et Darie, + Novella, d'Ostriano, de se

£t de sainte Théodose. — Cf. + trois Rome, par Mgr Gaume us 1v, pages 6-9). 2. M. l'abbé Martiguy, Diclionnaire des Antiquités chrétiennes ; gr Gaume, les Trois Rome.

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futle premier continuateur. Il y introduisit surtout les Martyrs de l'Eglise d'Orient et se servit pour ce travail d’une œuvre bagiographique spéciale composée par Eusèbe Pamphile, évèque de Césarée de Palestine (270-338), - sous ce titre : Collection des anciens martyres. Ces additions importantes de saint Jérôme firent de l’œuvre primitive des notaires apostoliques une uvre nouvelle et originale, et le martyrologe romain s’appela dès lors assez volontiers le martyrologe de saint Jérôme #3 — Des exemplaires manuscrits de ce martyrologe franchirent bientôt les murs de Rome et allèrent enrichir les différentes Eglises de la catholicité. Quelques-uns d’entre eux ne reçurent aucune addition et conservèrent leur simplicité primitive ; les autres, au contraire, en reçurent de plusieurs sortes el varièrent dans la suite. On jugea tout d'abord que ce n’était pas - assez de n’y insérer que les noms des Mar pres le théâtre et la date de leurs souffrances, et l’on raconta souvent, en quelques mots, quels tourments ils “avaient endurés. Ensuite, le nombre toujours croissant des Saints fit surajouter des Martyrs et des Confesseurs nouveaux ; et les différentes Eglises réunirent à ceux de cet ancien martyrologe leurs Martyrs particuliers dont les anniversaires se célébraient tous les ans. Mais, comme elles n’ajoutaient pas toutes également les Martyrs de toutes les autres (il leur parut, en effet, trop long et trop fatigant de faire à la fois mémoire de tous les Martyrs de toutes les Eglises), il s’ensuivit qu'il y eut presque autant d’exemplaires du martyrologe romain que d’églises, et tous différents entre eux. Avec le temps, aux variantes vinrent se joindre les altérations ; ce malheu- "eux état de choses finit par émouvoir l'Eglise romaine, et c’est alors “qu'elle entreprit ce travail de restauration d’où est sorti le martyrologe — romain que nous possédons aujourd’hui et dont nous parlerons tout à …— l'heure, quand l’ordre chronologique nous y aura amené.

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