DU MARTYROLOGE ROMAIN MODERNE
Comme nous l’avons déjà insinué, l'Eglise romaine, qui est une, devait souffrir de la diversité des Martyrologes, qui sont une partie intégrante de ses livres liturgiques. Le pape Grégoire XIIT (1572-1585), le même qui se rendit si célèbre par la réforme du calendrier Julien, conçut l’idée de faire rédiger un martyrologe-type qui serait adopté uniformément par-toutes les Eglises de la catholicité. C’est de cette idée heureuse et féconde qu’est sorti le martyrologe romain moderne.
I] fut rédigé par sept commissaires choisis par le Pape, savoir : 4° Silvio Antoniano, chanoine de Saint-Pierre, depuis cardinal du titre de Saint- Sauveur du Laus, mort le 46 août 4603, inhumé à Sainte-Marie de la Vallicelle ; 2 Robert Bellarmin, jésuite, ordonné prêtre à Gand par Jansénius, depuis cardinal de Sainte-Marie in Vid, puis archevêque de Capoue, mort à Rome le 17 septembre 1621, inhumé au Gésu ; 3° Louis de Torres, né à Rome, depuis archevêque de Montréal en Sicile, et cardinal du titre de Saint-Pancrace ; 4° César Baronius, prêtre de l’Oratoire à Saint-Jérôme de la Charité, depuis cardinal du titre de Saint-Nérée, mort le 30 juin 4607, à l’âge de soixante-neuf ans, inhumé à la Vallicelle ; 5° Jean-Baptiste Blandini, chanoine de Saint-Pierre ; 6° Michel Ghislerio, théatin ; 7° Barthélemy Gavantus, barnabite.
Ils prirent pour base de leur travail le martyrologe d’Usuard et ceux de ses quatre augmentateurs modernes : Belin de Padoue, Maurolycus, Molanus et Galesini. Quand ils eurent examiné ces martyrologes, ils rejetèrent Maurolycus et Galesini pour la plus grande partie, et s’arrêtèrent à Belin
et à Molanus, à Belin pour servir de canevas, à Molanus pour admettre la
plupart de ses additions. Ils conclurent ensuite, à la réquisition de Baronius, d'ajouter encore, non-seulement les Saintes du Ménologe dont le culte était établi chez les Grecs avant leur schisme, mais encore plusieurs autres qui n'avaient jamais eu de culte nulle part, ni par des églises ou autels de leur nom, ni par aucun office, tels que divers solitaires de l'Italie mentionnés dans les dialogues de saint Grégoire, quelques évêques d'Orient,
célèbres par leurs travaux pour l'Eglise catholique, des parents de saint
Basile, de saint Grégoire de Nazianze et de quelques autres Saints, et
d’autres personnages auxquels ils crurent pouvoir choisir des jours