LA COMPAGNIE ALGÉRIENNE
En 1866, une société à la fois industrielle et financière se forma sous la dénomination de Société générale Algérienne. Malgré la faveur officielle et l’appui du gouvernement impérial, au début de sa fondation, elle n’eut que des déboires. Elle disposait d’un capital social de 100 millions qu’elle devait employer à de grands travaux publics et industriels et aussi à des essais de colonisation. En outre, elle devait faire à l'État l’avance d’une somme égale et reçut, en compensation, 100,000 hectares pour y établir des exploitations agricoles. Les pertes nombreuses furent suivies, en décembre 187?, d’une liquidation.
La Compagnie Algérienne lui succéda. Tout en restant propriétaire d'un vaste domaine de 96,000 hectares qu'elle continue à exploiter, elle tend, de plus en plus, à réduire son action à des opérations de banque et d'escompte faites et dirigées avec habi-
leté et prévoyance. L’avance de 87 millions qui avait été faite à l’État par la Société générale Algérienne, entre 1866 et 1877, a été remboursé pour le capital restant dû, en vertu de la loi du 28 décembre 1892. L’État a réalisé, grâce à ce remboursement, une économie annuelle de 931,000 francs.
Le grand domaine. — Les terrains que possède la Compagnie Algérienne proviennent principalement de la vente faite par l'État à la Société générale Algérienne, aux termes de la convention du 18 mai 1865, moyennant une rente de l franc par hectare payable pendant 50 années. La plus grande partie de ce domaine est située dans la province de Constantine, aux environs de Bône et surtout dans le massif de l’Oued-Zenati (73,000
hectares). Cette vaste région, à une altitude moyenne de 700 mètres, se décompose de la manière suivante :
40,000 hectares labourables, dont 20,000 conviendraient à la culture de la vigne ; 30,000 hectares en pâturages, et 3,000 en broussailles. Les principaux centres ou villages créés par la Compagnie sont Aïn-Abid, Aïn-Regada et l’Oued - Zenati, tous placés sur la ligne du chemin de fer du Kroub à Guelma. Des agents y résident ; quatre autres agences sont placées à l’Oued-Besbès, à Bordj-Sabath, à El-Haria et à Sellaoua.
Les transactions (ventes et locations) sont faites de gré à gré. La Compagnie Algérienne possède en outre, dans les environs d’Alger, des terrains à bâtir qu’elle met en vente :
Premier groupe : Télemly et boulevard Bon-Accueil (19 francs le mètre carré).
Deuxième groupe : le Hamma (16 francs le mètre carré). Troisième groupe : boulevard Bru (de 7 à 12 francs). Quatrième groupe : terrains de Birmandreïs (de 2 à 3 francs). Le bilan, au 31 décembre 1898, témoigne d’un accroissement sensible dans les opérations de cette banque :
A l’actif, les Caisses et Banques s’élèvent à 2,498,083 fr. 46 c. en augmentation de 734,786 fr. 62 c. sur l’exercice précédent. Les Effets en portefeuille représentent un chiffre de 42,662,353 fr. 93 c. en augmentation de 4,524,546 fr. 57 c. Il y avait, en outre, au 31 décembre, pour 7,516,131 fr. 70 c. de valeurs en circulation avec l’endos ou la garantie de la Compagnie, soit 3,276,693 fr. 83 c. de plus qu’au 31 décembre 1897.
De pins, les bénéfices nets se sont élevés à 1,453,201 francs, sur lesquels on a attribué aux actionnaires : 1° 750,000 francs comme paiement de l’intérêt à 5%; 2° 300,000 francs à titre de dividende. Le capital de la Compagnie est de 15 millions.