RONDEAU
Air de la Garde Nationale.
Du chic
De Paris à Munich,
De Munich à Leipsick, J’inaugure les modes.
C’est moi
Qui partout fais la loi,
Car je commande en roi Aux tailleurs sans méthodes!
SouTent
Un nouveau vêlement Peut à mon agrément N’être pris par personne;
11 sufQt pour cela Que je dise: Halte-là!
Ail! remportez-moi ça,
Que dirait la baronne!
Si je veux.
Par faveur extrême.
Du tailleur combler tous les vœux.
Je porte son habit moi-même :
Le tailleur n’est pas malheureux!
Et les femmes Dont les Ames Sont de flammes,
Vous pensez Si ma grâce,
Mon audace Les terrasse A mes pieds!
Aussi
J’en ai trop. Dieu merci !
Celles qui sont ici.
Je les aime à la ronde!
Et dans mes amours vagabonds A la brune à tâtons,
-Moi, je confonds La blonde!
Hélas!
Ailleurs, portant mes pas.
Quelqu’un m’attend là-bas :
• Ah ! ma chère comtesse.
Vous seule méritez Les transports exaltés
De mes sens enchantés!
Acceptez ma tendresse! •
Aux élans Que je manifeste
Elle répond par des serments : • ■
€ Cher Saint-Godiche ! oh! reste! oh! reste!
Encore dans mes bras tremblants! »
Bref, mes belles Demoiselles Peu cruelles,
Vous voyez!
Ma victoire Est notoire,
J’ai la gloire,
1 , Admirez!
Mon chic.
En un mot, de Leipsick,
S’étend jusfju’à Mur.ich,
J'inaugure les modes!
C’est moi
Qui partout fais la loi.
Car je commande en roi Aux tailleurs sans méthodes!
(Pendant la reprise, tous les personnages accompagnent Saint-Godiche en chantant des Tra la la et en simulant de jouer l’un do la flûte, l’autre du violon, un troisième du trombone, etc.)
TOUS
Vivent les petits crevés!
SAINT-GODICHE
Vive nous! Et pour prouver que nous nous fichons qu’on nous ridiculise, blaguons-nous nous-mêmes.
COCOTENSUCRE.
C’est une preuve d’esprit !
SAINT-GODICIIE, à cheval sur une chaise.