‹ Les petits creves piece en quatre actesChapitre 21 sur 65 · SAINT-GODICHE, YERDURON, ÉGLANTINE · texte numérisé non relu

SAINT-GODICHE, YERDURON, ÉGLANTINE

YERDURON.

Eh ! bonjour donc, mon neveu 1

Air de Barbe-Bleue.

Voici ton oncl’de prévincel Son bagage est assez mince; Mais il amène céans Un vrai trésor de seize ans.

(Saint-Godiche, inqniet, tourne le dos à Verdnrcn et va voir aux -portes si personne ne pent les entendre.)

Ton accueil est fort aimable.

Mais dis-nous donc pourquoi diable Tu nous montres (bU) que ton habit n’a pas d’pans?

. Sans retard, embrassons-nous, 1 )

Se retrouver est si doux! / 1''“’ ensemble.)

* Eglantine, Yerduron, de Saint-Godiche.

SAINT-GODICHE, après s’être assuré que personne n'cconte*.

Pardon... Bonjour, mon oncle... bonjour, ma cousine, (ii les embrasse.) Ma cousine, une grande demoiselle... et comme elle est devenue jolie 1

VERDURON.

Pas vrai, qu’elle est bien plantée, mon Églantine ?

SAINT-GODICIIE.

Ravissante !

VERDURON

Pour lors, puisqu’un chacun venont voir leur Exposition, je faisons comme tous, pas vrai?

SAINT-GODICHE

Vous avez bien fait, mon oncle.

VERDURON.

-Et j’ons apporté avec moi la petiote... à seule fin qu’elle puisse la voir, leur Exposition.

SAINT-GODICIIE.

Ma cousine sera émerveillée,

ÉGLANTINE

Je le suis déjà de toutes les magnificences de Paris... que c’est grand et beau 1

SAINT-GODICHE.'

N’est-ce pas? (a part.) L’heure des courses approche, ils vont venir me chercher.

VERDURON.

Pour lors, tu dépenses gaiement les trente bons mille francs de rente que ton brave homme de père a gagnés en ha- ■ billant notre arrondissement?

SAINT-GODICHE

Plus bas, mon oncle, plus bas!

VERDURON.

Comment, plus bas? c’est de ton habit qu’il faut dire ça. Est-ce que ces trente bonnes mille livres' de rente devient quelque chose à quelqu’un ?

SAINT -GODICHE

Non, mais...

VERDURON.

A la bonne heure... (Apercerant son portrait en coslnmo breton.) Tiens, mon portrait 1.. 'c’est bien, ça, mon neveu... (il l’embrasse.)

SAINT-GODICIIE, à part.

Si on entrait, mon Dieu 1 si on entrait ! (Églantine tend la joue, Saint-Godicbe l’tobrasso.) J’aime mieux ça !

VERDURON ***.

Pour lors, j’aurais cru te chagriner en descendant à l’auberge et nous v’ià .. J’avons bien pensé, pas vrai?

* Vcrdnron, Eglantine, de Saint-Godirhe. — ** Verduron, de Saint-Godiche. Eglantine. —**• Do Saint-Godiche, Verduron, Eglantine.

SAINT-GOmCIIE.

Certainement... deux pièces vont vous être préparées au bout de l’appartement.

VERDÜRON.

Maintenant, ous qu’elle est, leur Exposition ? Est-ce dans une maison qu’est loin d’ici ?

SAINT-GODICIIE, riant malgré lui. ^

Oui, oui, c’est dans une maison située assez loin d ici.

ÉGI.ANTINE.

Si vous vouliez nous y conduire, mon cousin ?

SAlNT-GODIClIE.

C’est que... aujourd’hui... je ne m’attendais pas... un rendez-vous urgent ..

' VERDORON.

Qu’à cela<ne tienne... nous irons un autre, jour, mais avec toi... nous no te ferons pas l’affront de sortir sans toi!

SAINT-GODICHE

Vous ôtes bien bon, mon oncle, mais je ne m’en formaliserais pas I

É G LAN TI NE

Seuls, nous ne pourrions jamais nous faire comprendre ; il y a tant de voyageurs de tous les pays.

VERDURON.

Ah! le fait est que...

Air nouveau de Marius Boullard. - .

, Par ce temps d’étrangers joufflus Comme leur escarcelle.

On d’vrait créer, sans tarder plus,

La langue universelle;

J’suis pas pour un sou grammairien, ^

Mais j’coinple, sans grammaire, '•

M’ faire comprendre très-bien,

Nom d’un chient

» D’tous les peupl’s de la terre.

J’avise une élégante miss;

Bien qu’ je n’ sach’ pas la langue.

Elle va couronner d’un bis

Ma muette harangue : •

J’lui décoche un baiser galant,

EU’ sent que j’veux lui plaire...

Et m’sourit sur-le-champ.

Ça s’comprend . .

Chez chaqu’ peupl’ de la terre.

Cetl’ miss était un’ milady,

Son époux voit mon geste;

Je n’sais fichtre pas c’qu’il me dit Dans sa langue indigeste.

Mais j’ devin’ qu’il fait l’insolent;

A mon lord d’Angleterre

J’allong” un coup d’ poing, v’ian!

Ça s'comprend

D* tous les peupl’s de la terre.

SAINT-GODICHE

Allons, allons ! mon oncle, je vois que vous n’avez pas besoin d’élre piloté.

VEftDURON.

Sil... si!... Je suis trop fier de mon neveu, pour qu’on ne itie rencontre pas avec lui de dessus les boulevards. "Tu nous mèneras aussi voir les abattoirs. Oh I les abattoirs !

SAIXT-GODICHE.

Sans doute !

VERDURON.

Montre-nous un peu les chambres que tu nous donnes... Nous allons défaire nos malles, pas vrai ?

SAINT-GODICHE

Par ici, mon oncle !... (ll lai désigne une porte latérale. Au domestique qu’il a sonné.) Le chevalier de Brisouillard, le marquis de Grimassieux, le baron Coqhardi vont venir, vous les ferez attendre dans ce boudoir^. (Ouvrant la porte et laissant passer Êgiantine.) Ma chère cousine!..

(ils sortent par une porte latérale.)

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