I,ES PETITS CREVE
MANDARINE
C’esl coa<me moi... Vois-tu, ma chère... nous nous sommes mis le doigt dans l’œil... Nous avons cru que l’Exposition jetterait sous nos pas dos nababs à remuer à la pelle, ei disposés à nous conduire à la mairie... et, ma foi, jusqu’à présent...
COCüTENSUCRE.
Nous sommes volées, quoi! Ah! sans ce maudit règlement...
MANDARINE
Bah! tu songerais?...
COCOTENSUCRE.
Dame! Saint-Godiche était bien hôte, mais il était si bon enfant!...
MANDARINE
Bah! confidence pour confidence, croirais-tu qu’il y a des moments où je regrette ce misérable Grimassictix?
COCOTENSUCRE.
Parbleu ! c’est humiliant ! Ils nous ont oublié avec une facilité...
MANDARINE
C’est vrai! les lâches!
' COCOTENSUCRE.
Et mon Saint-Godiche, à moi, ne s’est-il pas coiffé, pour le bon motif, d’une petite .sainte Nitouche, sa cousine? ^
MANDARINE
Pas possible!
COCOTENSUCRE.
C’est comme j’ai l'iionneur de le le dire... Heureusement qu’il a un rival... et je te délie de deviner quel est ce rival !
MANDARINE
En effet... je ne...
Grimassieux, ma chère, ton Grimassieux!
MANDARINE
Mon Grimassieux !
COCOTENSUCRE.
Lui-môme ! Il a vu la petite chez Saint-Godiche, et il cherche à la lui souffler...
MANDARINE
Ah ! le gredin!
COCOTENSUCRE.
Non!... ah! les gredins!...
MANDARINE
Ah! les hommes! les hommes!
COCOTENSUCRE, avec fièvre.
Tiens, vois-tu, si je n’élais muselée par cet idiot de règlement... si jonc me retenais, je... oui, malgré mon dépit, je volerais vers Saint-Godiche... ou plutôt, non, pour ne pas en-
freindre les statuts, je l’enverrais vers lui, toi! et je te char- {;erais de lui dire...
MANDARINE
Quoi donc?
COCOTENSUCRIC.
Ain de la Grande Duchesse de Gérolslein.
Ail! disdui combien on languit.
Loin de lui,
Que je voudrais encore enlondre A chaque instant sa douce voiv D’autrefois;
Qu’il me trouvera toujours tendre,
Qu’il aurait tort de renoncer A faire, avant peu, ma eonqui'te.
Que, pour me plaire, il doit cesser D’aimer cette petite hèle!...
Ah! dis-lui que je veux le voir Dûs re soir.
Oh! oui, dis-lui qu’il me pardonne,
Ce sera d’un généreux coiurl Ma rigueur;
Que, pour lui, je serai très-bonne;
Oui, je injure! désormais,
Je veux lui vouer ma tendresse.
Et lui promettre que jamais
Ne s’apaisera notre ivresse !... ' ■ •
Ah ! dis-lui que je veux le voir Dès ce soir.
Que je ne serai pas cruelle.
Kl que l’attends bien ardemment Ce moment !
Dis-lui que je suis toujours belle !
MANDARINE
Oh! que j’ai envie de me venger!
COCOTENSUCRE.
Et moi, donc!...