SCÈNE VIII
Les Mêmes, moins ÊGLANTINE, dans le kiosque.
BRISOUILLARD.
Enfin, a-t-il qualité pour prévenir cette petite contre la passion que je pourrais lui inspirer?
COQHARDI.
Est-il son frère?
DE LA BRANCHE
Son fiancé seulement?
BRISOUILLARD.
11 se pose en Don Quichotte sous prétexte que la petite est cousine de Saint-Godiche.
COQHARDI.
Avec ça que Saint-Godiclie s’occupe bien d’elle; il est sur le point de se battre pour une autre femme.
BRISOUILLARD et GRIMASSIEUX.
Comment?
DE LA BRANCHE
Ouil oui! le général... le général... Dégénérai Anals a entendu dire que Saint-Godiche se vantaitd’êtro dans les bonnes grâces de la chanteuse, et qu’il avait laissé croire des choses... La vérité est que notre ami ne connaît même pas Anals.
COQHARDI.
Le général a juré d’infliger une correction à Saint-Godiche et il doit lui envoyer ses témoins aujourd’hui même.
Vous le voyez, nous aurions bien tort de nous gêner.
COQHARDI *.
M’est avis que vous avez tort tous les deux... (a Brisonillard.) Toi.d’eflaroucher une blanclie colombe. ..(a Orimassieux.jToi, de veiller sur une vertu qui ne t’est pas confiée.
* Grim., Bris., Coq., de L.t Br.
0HTMAS8IEUX,
Possible! mais depuis que ce crevé de Brisouillard est devenu garçon, il ne pense plus qu’à effeuiller des marguerites.
» Atït du Chapeau delà Marguerite.
Il faut à monsieur des rosières De dix-huil ans ou de dix-neuf.
11 lui faut des jeunes premières Au front candide, au cœur tout neuf.
On va lui servir, au plus vite I Une paysanne portant I '
Encore son chapeau d'enfant.
Sot fitffe, )
Comme il est coiffé | (hts ensemble).
Ou chapeau de la Marguerite ! 1
BRISOUILLARD.
Même air.
De mon orgueil et de ma morgue En vous moquant, vous me rasez Avec un refrain qui, sur l’orgue.
Horripile les plus blasés.
Ça m'est égal ! cet air m’invite -i A revenir avec ardeur 1
A la fillette encore en fleur.
(Imitant le joueur d’oritae.) Sot fieffé!
Oui, je suis coiffé Du chapeau de la Marguerite.
ENSEMBLE
Sot fieffé.
Oui, je suis j Comme il est
Du chapeau de la Marguerite 1
COQHARDI *.
Et il n’est déjà pus si bélo, aussi voilà ce que je propose : laissons la jeune fille libre d’agir à sa guise et luttons tous d’élégance et de persuasion. Comme noS aïeux, les preux chevaliers, livrons-nous à un tournoi. Que diable 1 la donzelle n’est pas habituée, danslepays perdu qu’elle habite, à trouverdes tournures comme les nôtres, .et si son petit cœur ne se livre pas bientôt à un tic tac effréné et ne se prononce en faveur de l’un de nous, je ne suis plus le brillaiit Coqhardi des salons.
* Grim., Coq.. Bris., do La Br.