SCÈNE VII SUZETTE, PLACIDE
PLACIDE
Comment, c’est vous Suzette?...
SUZETTE
Mon petit Placide! Par quel hasard êtes-vous ici, vous avez donc congé?
PLACIDE
Oui, Suzette, congé aujourd'hui, congé demain, congé tous les jours!... je ne suis plus dans le? gabelles!... ah! fi donc! c’était bon autrefois, mais à présent que je suis adopté par M. Trapolin.
SUZETTE
M. Trapolin, mais c’est chez lui que je viens.
, PLACIDE
Dans quelle intention, mademoiselle?...
SUZETTE, montrant scs cartons.
Je lui apporte ce qu’il a acheté hier... il se fournit chez nous... pour son magasin de Lyon... et vous dites que c’est grâce à lui...
PLACIDE
Que je vais vivre de mes rentes... uon, de ses rentes... oui, ma petite Suzette
SUZETTE
Mais comment ça se fait-il... contez-moi vile ça?...
PLACIDE
Ah! c’est bisn facile... vous saurez donc que lorsque je suis venu au monde, j’ai eu un père, j’étais trop jeune pour m’en souvenir, mais on me l’a affirmé. Or, ce père a épousé une femme qui s’est mariée avec Ni. Trapolin... c’est ce qui fait que M. Trapolin n’est pa3 mon père, ni sa femme non plus, ce qui explique parfaitement leur désir de nous avoir pour enfants, Martial et moi... moi et Martial... vous avez compris, n’est-ce pas?
SUZETTE
Pas du tout.
PLACIDE
C’est pourtant bien clair... enfin, M. Trapolin nous emmène avec lui à Lyon... et voilà !
SUZETTE
A Lyon... vous partez donc?
Mais oui, ce soir même !...
SUZETTE
Mais oui, et vous me dites ça tianquillement... eh! bien et moi! monsieur, et vos serments?
PLACIDE
Arrêtez, Suzetfe, vous êtes sur la voie d’un blasphème. Vous oublier, moi, et le pourrais-je, me serait-il possible de ne plus penser à cet heureux dimanche où je vous vis pour ia première fois... vous en souvenez-vous bien... vous, oh! ditesl Moi depuis ce jour, je n’ai cessé de vous adorer! aussi vais-je aujourd’hui même, avouer notre amour à mon père numéro deux.
SUZETTE
Monsieur Trapolin! ah I il me connaît bien, allez. Quand il vient au magasin c’est toujours par moi qu’il se fait servir... mes camarades m’ont même souvent plaisantée là-dessus.
PLACIDE
Ah! s’il vous connaît, je ne crains plus rien... mais nous devons partir ce soir, il n’y a pas de temps à perdre. Il ne peut tarder à rentrer, vous devriez rester ici.
SUZETTE
Ouil mais comment faire?
PLACIDE
Entrez dans cette chambre, je viendrai vous avertir quand il sera temps de vous montrer.
SUZETTE
C’est convenu.
LES PETITS DU PItEMIER
PLACIDE
0 ma chère Suzelte, allons-nous être heureux!...