SCÈNE IV
Blandinet, puis François, puis Joseph.
La scène reste un moment vide.
Blandinet (sort de sa chambre, à droite, !"■ plan, et entre a pas lents). Je suis triste . . .j'ai mal dormi . . . nous arrivons rue du Contrat-Social, 15 bis ... vilaine rue... vilaine maison . . . vilaine allée . . . j'étais ému . . . L'infortuné Simonet? . . . dis-je au concierge avec attendrissement . . . Au cinquième, la porte à gauche ! . . . ça m'étonne, la lettre disait : au septième, l'échelle à droite . . . n'importe ? . . . lious montons ... la clef était sur la porte ... je la tourne Bans bruit . . . avec la discréticn de la charité qui pénèim
chez la misère . . . nous eutrons et nous trouvons qoi ? . .
mon ancien cocher . . . Wilhams ! celui que ma femme . . . (se reprenant) celui que j'ai chassé si rudement ! il était attablé avec un groom anglais et six bouteilles vides . . . pas le moindre père aveugle ...J'avoue que ça m'a un p<îu cassé les bras-'^ ... il y a des gens qui vous corrigeraieni du plaisir de faire le bien ! Mon frère François triomphait, il rayonnait . . . mais qu'est-ce que cela prouve ? . . . que je suis tombé sur un coquin ... Il y a des oiseaux qui donnent des coups de bec . . . c8 n'est pas une raison pour abandonner les autres . . .
François (entrant, il est habillé). Eh bien ! monsieui le philanthrope !
Blaxdixet. Quoi ?
François (riant). Au septième . . . l'échelle à droite . . .
Blandinet. Je te prie de me laisser tranquille . . . j'ai payé le dîner ... tu n'as rien à dire . . .
François. Il était très-bon !
Blandinet. Je crois bien, quarante-sept francs cmquante centimes ; voici la carte. (// la tire de son gilet.) Potage à la reine, deux francs ; crevettes, trois francs.
François. Comment ! crevettes ? ... je n'ai pas mangé de crevettes ! . . .
Blandinet. Ah ! tu crois . . . moi non plus . . .
François. On ne nous en a pas même servi . . . Ah ! ils vont bien les restaurateurs ! . . .
Blandinet. Comment ! tu vas supposer ... H y a un monsieur à côté de nous qui en a mangé . . . c'est une erreur voilà tout !
François. C'est possible ! mais à ta place, avant de payer je vérifierais les additions. (Montrant le sxœrier et le carafon cHeau-de-vie qui sont sur le buffet.) Et de plus, je serrerais mon sucre et mon eau-de-vie . . . ces choses-là s'évaporent facilement.
Blandinet. Allons, il va soupçonner Joseph maintenant, un brave garçon qui est chez moi depuis dix ans . . .
François. Mon ami, je suis du côté de ceux qu'on n'attrape pas . , . Adieu, je déjeune chez mon fils. (77 sort.)
Blandinet (seul). Joseph ! ... un garçon sûr . . . auquel je confiei-tiis . . . (// s'est appi-oché mncliinclemerd du sucn'e? et en compte les mo'ciaux.) 4, 6, 7, 8 ... et un petit . . j«
LF8 PETITS OISEAUX. S7
mauge le petit ... ça m'embrouillei ait . . . {Il le cn\qtie.) L'eau-de-vie, maintenant . . . {Prenant le carafon.) Ce n'est pas par méfiance . . . C'est pour confondre mon frère!... Comment marquer ? . . . Ah ! avec mon mouchoir. {Mesurant.) Vraiment j'en suis honteux. Ça vient jusque-là ... Je vais faire uii nœud . . . {Il fait un nœud à son movr choir. £hitre Mizabran avec une paire de bottes.)