‹ Les petits oiseaux; comédie en trois actes. Par MM. Eugène Labiche et Delacour [pseud.] With English notesChapitre 41 sur 52 · SCENE XUL Les MâsiEs, Aubertin, Léonce · texte numérisé non relu

SCENE XUL Les MâsiEs, Aubertin, Léonce

AuBERTiN {entrant avec Laure et voyant Blandinet dam les bras de son frère). Voyons ! ne te désole pas ! tout peut se réparer!

LÉONCE et Henriette. M. Aubertin !

Aubertin {tirant un papier de sa poche, à Blandinet). Tiens ! signe-moi ça !

Blandinet. Quoi ?

Aubertin. Un acte d'association *

Blani)INet. Encore! {Lui sautant au cou,) Âh! Gusta\ e ! {A part, pleurant et s'esmyant les yeux at€t les actes (ï association.) Et j'ai dit qu'il ne reviendrait pas! Ah ! il faut croire aux amis !

AcBERTiN. Maintenant, voici Laure qui attend que tu Teuilles bien demander sa main . . .

Blandinet. Oh ! ça ne se peut plus ! Léonce n'a pas de dot . . .

AuBERTiN. Pardon, il en a une ... il a pour dot les cinquante mille francs que tu voulais me prêter . . .

Blandinet {vivement). Ne parlons pas de ça!

AuBERTiN. Parlons-en au contraire ! je les lui constitue comme apport !

Blandinet {à part). Mon Dieu ! que les hommes sont bons !

Laure. D'ailleurs, je me trouve assez riche pour deua ... et s'il le faut, je me priverai . . .

Blandinet. Te priver ! pauvre petite ! {A part.) Mon Dieu ! que les femmes sont bonnes !

AuBERTLN. Et puis tout n'est peut-être pas désespéré, M. Tumeps, ton banquier, vient d'être an'êté à la frontière de Belgique . . .

LÉONCE. M. Tumeps . . .

Blandinet. Tu sais ... les trois cent mille francs ? . . .

LÉONCE. Mais ils ne sont plus chez lui . . . muni de votre procuration, je les ai retirés avant-hier ... ils sont à la Banque !

Tous. Ah !

Blandinet. Est-il possible! je suis ... je suis riche! Mizabran ! je vous rendrai vos deux termes!

MizABRAN. Ça ne presse pas . . . demain.

Blandinet {à Joseph). Joseph ! je double vos gages ! (A sa femme.) Tu auras des diamantâ ! {A Léonce^ Un cabriolet !

AuBERTiN. Eh bien ! tu es content !

Blandinet. Oh ! oui ! {Le regardant.) Cestr à-dire, non!

Tous. Pourquoi donc ?

Blandinet. Ah 1 pourquoi ! parce que j'ai fait une chose . . . que je ne vous dirai jamais ! Ah ! Gustave 1 mon vie'/x Gustave, je suis un gueux! ... un misérable ! j'ai

douté de l'amitié, de ma femme, de mon bottier ... or ange!

MiZABiîAN (se rapprochant). Oh ! monsieur . . .

Bl AND INET. Pas VOUS . . . ma femme ! de Monsieur Brébant.

François. A propos ! j'ai mangé des crevettes, je m'en souviens !

Blandinet. Là ! c'est bien fait ! enfin, j'étais devenu méchant, soupçonneux. (A Z^aure.) Je ne croyais plus à nos petits oiseaux !

Laure. Oh ! comme vous deviez être malheureux !

Blandinet. Oh ! oui ! mais je suis corrigé maintenant . . . Aussi qu'on vienne me demander un service ! qu'on vienne m'empninter de l'argent ... et on verra !

François (bas et vivement). Chut ! Tiburce i

Blandinet. C'est bien pour lui que je dis ça, ce brave garçon ! voyez-vous, mes enfants, j'ai bien réfléchi, je connais le monde à présent . . . depuis cinq minutes ! Eh bien ! en supposant qu'il y ait quelques hommes qui ne soient pas complètement parfaits . . . c'est une supposition ! pour être heureux, il faut savoir faire deux choses . . .

François. Ouvrir les yeux et fermer les serrures . . .

Blandikst. Non ! . . . fermer les yeux ... et ouvrix les maios.

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