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SCÈNE VIII Les Mêues, BLanniner et LéoNce

BLANDINET (entrant et à son fils). Je te dis qu'ils ont raison + : ils ne doivent pas payer les portes et fenêtres !

Léonce. Mais, mon père, c'est l'usage...

BLanniner. Je leur loue une maison . . . C'est pour qu'ils puissent entrer et sortir . . . il faut être logique !

FRANÇOIS (intervenant). Puisqu’on te dit que c’est l'usage .…

BLanDineT. Tiens! François! je ne te voyais pas...tu as fait bon voyage ?

FRançÇois. Très bon! (Z1s se donnent la main.)

BLANDINET. Et tout le monde va bien à Elbeuf?

François. Pas mal...la draperie se ranime.

BLANDINET. Allons! tant mieux !

sLÉONCE (saluant François). Eh bien! mon oncle. +. vous

ne me reconnaissez pas? (/{ passe devant son père.)

François. C'est Léonce!... mon neveu! (11 lui serre la main.)

BLanDineT. Tu ne l'as pas vu depuis deux ans.,.et il a laissé pousser ses moustaches.

François. Ah?.., tu l'as autorisé? ..

BLANDINET. A quoi!.. à laisser pousser ses moustaches ? est-ce que ça me regarde ?

François. Tu fais bon marché de ton autorité.

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BLanbiwer, Ton fils en porte bien !

François. Lui!

BLanpiner. Il me semble que . . . (Regardant Tiburce, et à part.) Tiens ! il les a coupées !

François. Et qu'est-ce que tu fais de ce grand garçon à moustaches ?

BLANDINET. Ii est avocat !

Léonos, J: suis avocat.

BLANDINET. Comme son cousin.

François. Plai ‘et.il?

Léonce. Oh! pas encore...

François. Ah çà! ils ne plaident donc pas les avocats à Paris !... à quoi t'occupes-tu ?

BLanniner. Dame!...il se promène... il va dans le monde,

TinurCE (à son père). Là... vous voyez...

François (à T'ibrrce), Chut ! n'écoute pas çn, toi !

BLanniner. Et puis il m'aide à gérer mes propriétés, Ila ma procuration.

FRançors. Ce n’est pas fatigant !

Léoncx (à part). De quoi se mêle-t-il? (Il descend à gauche.)

François. Moi, je pose en principe qu'à vingt ans in jeune homme est an homme. . . et ne doit plus rien coûter à ses parents! (4 Ziburce.) Écoute ça, toi !

TiBURCE. Oui, papa...

BLanniner, Comment! rien! avec quoi veux-tu qu’il vive?..,

FRANÇOIS (montrant Tiburce). Tu vois bien ce bonhonmelà... À vingt ans et un jour, je lui ai coupé les vivres radicalement ... je lui ai dit: “Tu es un homme... tire-toi d'affaires ” . . . et il s'en est tiré... il a pioché . . . il donne des leçons de droit... des répétitions . . . enfin il gagne de l'argent! est-ce vrai?

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Tisurcs. Oui, papa.

BLanDineT. Tu lui envoies bien quelques petites choses...

François. Cinq louis à ma fête et cinq louis au jour de l'an ... je les lui place sur ma maison, en lui tenant compte des intérêts à 10 pour 100 . . . que je replace encore.

BLanDiner, (Ça lui fait une belle jambe!

FranÇois. 11 a bien tenté la première année de me tirer quelques carottes . . . il m'écrivait des histoires romanesques pour m'attendrir . .. je ne lui répondais que deux mots: “Je la connais celle-là ! . . . à toi de tout cœur!”

BLanpiner. Et il taime!

François. Comment, s'il m'aime! (Brusquement à Tiburce.) M'aimes-tu ?

Tisurce. Oh; oui, papa!...

François. Là...tu vois!

BLan' (à part). Je crois bien! ... il lui demande ça avec une . que!

FRançoi Et le tien?... qu'est-ce qu tu lui donnes par mois ?

Léonce (à part). Il est indiscret, l'oncle d’Elbeuf !

BLanDineT. Mais dame! ... ce qu’il me demande... nous ne comptons pas ...

Léonce. Quand je n'ai plus d'argent, je le dis à mon père...

Tisurce. A la bonne heure !

François (à Tiburce). N'écoute pas ça, toi ! (Répétant la phrase de Léonce.) Quand je nai plus d'argent, je le dis à mon père ... ça doit bien aller . .. merci!

BLaxpixer. Léonce est très raisonnable . . ,

FRanÇois (montrant T'iburce). Quand ce gaillard-là est venu au monde, je lui ai ouvert un compte... le compte Tiburce Soïztu ce qu’il m’a coûté depuis sa naissance ?

BLaNDiNET. Non!

OM

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