‹ Les petits oiseaux [microforme]Chapitre 5 sur 68 · SCÈNE II HeNRIETTE, LéoNce, BL:NDINET, puis Josepx · texte numérisé non relu

SCÈNE II HeNRIETTE, LéoNce, BL:NDINET, puis Josepx

HENRIETTE (à son mari). Eh bien! est-ce fait ?

BLANDINET. Est-ce fait? est-ce fait ? si tu crois que cela va comme ça... (Dépliant son papier.) J'ai rédigé un petit brouillon . ..

Léonce. Oh! que de ratures !

BLANDINET. Oui... J'ai cherché à adoucir (Zisant.) “Monsieur”... (S’arrétunt.) Monsieur ..à des gens dont on reçoit l'argent depuis vingt ans!

Hexri£rre. Mets: “Cher Monsieur”...

BLANDINET. Ah! oui!...(Prenant un crayon) Je vais l'écrire tout de suite, parce que je l’oublierais. (Écrivant.) “Cher Monsieur”... (Lisant) ‘Cher Monsieur. . . croyez bien que c’est le cœur navré que je prends la plume pour vous écrire”...

Hexrigrre. Très bien!

BLANDINET. Ce n’est pas un peu sec?

Léonce. Mais non!

BLANDINET (lisant). ‘Mais des raisons dont vous apprécierez la valeur quand je vous les aurai fait connaître m’obligent à prendre une grave détermination”...

Léonce. Parfait!

HENRIETT:. Après?

BLANDINET. Voilà! ... j'en suis resté là...

HenRieTTE et Léonce. Comment?

BLANDINET. Dame! je leur annonce des raisons et je n’en ai pas à leur donner... Ah! si j'en avais! mais je n’en ai pas!... ma maison est ce qu’elle était quand je la leur ai louée ... je ne lai pas agrandie . . . je ne l'ai pas embellie. . . au contraire . .. les plafonds sont noirs, les serrures crient ... mais ce serait à eux à me demander de la diminution! Il faut être logique !

HEnRIeTTE. Sans doute, mon ami ... mais puisque tout augmente,

BLANDINET (s'animant). Non! c'est cruel, c'est odieux, c'est méchant ce que vous voulez me faire faire là !

Léonce. Mon père !

HenrierTe. Voyons ...voyons ... ne parlons plus de cela ... et viens te mettre à table...

= NX LA

Bcanniwer. Non... je n'ai pas faim... Quand on a une pareille lettre à écrire . . .

Hewuerre. Eh bien! tu l'écriras plus tard, pour le terme

prochain.

BLaNDINET (enchanté). C'est cela . . . ça me donnera le temps de chercher des raisons ... de bonnes ...s'ilyena! (Ils s'asseyent à table.) Ah! ça va mieux! (4 Zéonce.) Passe-moi des radis . .. A propos, tu sais que mon frère

François arrive aujourd’hui d’Elbeuf ?

Henrierre. J'ai fait préparer sa chambre.

Léonce. Je suis bien sûr que mon oncle augmente ses locataires, lui !

BLANDINET. S'il a des raisons, il fait bien ... Quand j'ai des raisons, je suis très-ferme . . . je suis même un peu Turc...

Hexrierte. Toi!

Léowce (riant). Ce pauvre père !

BLANDINET. Témoin Williams, notre ancien cocher ...

Hexrierre. Il se grisait tous les jours.

Léonce. Il nous versait trois fois par semaine.

BLANDINET. Aussi, je l'ai mis à la porte assez vertement !

Henrierre. C'est-à-dire que c’est moi qui l'y ai mis...

Branniner. Cest toi... oui! mais je t'ai dit: “Je ne veux plus le voir! ... Qu'il partel”... et tu t'es chargée de la question de détail . ..

Léowce. Et vous, vous lui avez fait remettre cent francs par Joseph, au moment de partir . ..

Branpiver. Joseph est un bavard! ... (4 Léonce.) Donne-moi à boire.

Léonce (lui versant à boire). Dites donc, mon père, hier à la Bourse, il courait de mauvais bruits sur votre banquier, Mousieur Turneps . . . On le dit malade...

BLanDiNET. Ah! le pauvre homme! ... j'irai lui porter ma carte.

Léonce Non!... malade... dans ses affaires !

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BLANDINET. Vraiment?... Ah! ça me fait beaucoup de peine ...

Léonce. D'autant plus que vous avez chez lui trois cent mille francs en compte courant.

BLanDineT. C'est vrai!

Léoxce. Et si vous vouliez m autoriser à les retirer !...

BLannineT. Oh!... comme ça! tout de suite? .. ça pourrait le blesser !

Léonce. Cependant ...

BcanDineT. Il faudrait lui reprendre ça tout doucement ... sans avoir l'air . . . par cinq cents francs.

Léonce (à part). Ça n’en finira pas! ...

BLANDINET. À propos, on m'a dit que M. Mizabran, mon bottier, était venu ce matin.

Henrigrre. Oui, il doit repasser . . . Encore un de tes locataires . . . qui te paye en phrases! (Joseph entre avec un plateau sur lequel se trouvent le café et les tasses.)

Bcanpiner. C’est un père de famille . . . et après tout il ne me doit que six termes! ... (Joseph retire les assietles et place devant chaque personne les tasses à café, puis le sucrier.)

Léonce. Six termes !

BLANDINET. Oui,... mais il me donne des acomptes ..,

La semaine dernière, il m'a encore apporté trois paires de bottes.

Henrierre. Que tu ne lui avais pas commandées . . . BLanDiNer. Cest vrai!... il a eu la délicatesse de me les faire de lui-même. (Joseph sort.) - Hexrigrre. Ce qui fait qu'en ce moment, tu as soixante paires de bottes neuves dans ton armoire ...

BLanDiNeT. Que veux-tu? je n’use pas...et puis c'est votre faute... si vous vous faisiez chausser par lui, il s’acquitterait plus vite...ll ne demande qu'à travailler, cet

homme !

ABAVEUILI NOIlVONQA

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Léoncx. Merci ... il vous moule un pied d’éléphant ! (Joseph rentre tenant un carafon d'eau-de-vie qu’il place sur la table.)

BLaNDiner. Oui, mais c’est solide . . . et ça ne blesse pas,

Josepx. Monsieur...

BLANDINET, Quoi?

Joserx. Il y a là M. Mizabran . .. Il dit qu'il vient pour son terme ..,

Hexrierre et LÉONCE (étonnés). Tiens!

BLaNDiNET. Là!... vous voyez, il m'apporte de l'argent +. (4 Joseph.) Faites-le entrer . . . (4 Henriette et à Léonce.) Il ne faut pas comme ça se presser de juger les gens... (Mizabran puraît. Joseph sort, emportant le plateuu et les assiettes.) ;

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