SCÈNE SIXIÈME
CLARICE
Qui?
Graiul'maman. Ecoute, en échange de les contidences sur la cassette en question, je vais te révélei' un secret que je viens de saisir au vol, et qui poiîrra nous profiter.
CLARir. K.
Vite, vite, parle donc vite...
LÉOX.
Tu sais qu'en général, les vieilles gens ont la manie des monologues... tout à liicure. j'étais caché là; grand'mère, me croyant parti, se mit à causer, toute seule, de toi, do moi, d'eile-mème; et, comme j'écoulais de toutes mes oreilles, j'ai entendu...
CLARICE
Tu as entendu?...
LKON.
Chutî je crains d'èlrc surpris dans mes révélations... (ii
s'approche de la chambre où vient d'entrer inudatno Delmas, et regarda par le
tron de la serrure.) Bon, cllo ost assise, elle écfit, je suis tranquille.
CLARICE *
Eh bien?
LÉON
Eh bien, je sais maintenant, grâce à elle, que lorsqu'on aime comme elle a aimé, comme nous nous aimons, surtout, et que l'on trouve à l'union désirée des obstacles insurmontables, on tranche la difiiculté par un enlèvement.
CLARICE, ouvrant do grands yeux.
Ah!:!
Oui, grand'mère elle-même s'y est décidée.
CLARICE
Elle a enlevé grand-papa ?
LEON
Oui. C'est-à-dire, je ne sais pas au juste lequel des deux
* Léou Clarice.
a enlevé l'autre. Ce qu'il y a de certain, c'est que de ce moyen in m^treiim, est résulté un mariage parfaitement assorti.
CLARICE
Parfûit cela !... Et tu dis que maman veut nous séparer?
LÉON
Dès demain elle te renvoie ^ l'école comme un enfant, et tout juste au moment où j'obtiens de mon père un sursis de quiijzc jours.
CLARICE, d'uQ ton décidé.
Je n'irai pas.
LÉON
Je l'espère bien.
CLARICE
Mon parti est pris.
LÉON
Le mien pareillement.
On nous mariera.
LÉON
Demain.
CLARICE
Aujourd'hui.
LÉON
Dans une heure.
CLARICE
Au plus tard. Allons, plus d'hésitation, plus de timidité. C'est moi qui vais parler à notre respectable aïeule... et si elle refuse. ..
LÉON
Si elle refuse I... tu m'enlèveras, ou je t'ec^èverai.
CLARICE
C'est facile, à ce qu'il paraît.