‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 119 sur 395 · LE FOURNEAU OU LA TERRE A POTIER · texte numérisé non relu

LE FOURNEAU OU LA TERRE A POTIER

Accordez-moi une récompense, ô potier, et je ferai entendre mes chants : venez en ces lieux, Minerve ; protégez ces fourneaux de votre main puissante ; faites que les vases et les corbeilles se colorent d'une teinte brunâtre , qu'ils cuisent à point , qu'ils se vendent bien, qu'ils aient un grand débit soit au marché soil dans les rues, qu'ils rapportent beaucoup -, cl qu'ils me rapportent aussi à mol, puisque je chanlc. Mais, ô potier, si vous me refusez un salaire en me trompant, j'invoquerai contre vous tous les dieux funestes aux fourneaux : Santrîbe , Smarages , Asbrélos , Sabarlée , Omodamon , qui causent de grands dommage» aux potiers; je les

prierai d'abattre ce por tique et celte maison ; qu'en même temps tout le fourneau soil détruit au milieu de vos cris d'alarmes. Comme frémit un cheval furieux, qu'ainsi le fourneau frémisse cl que dans l'intérieur les vases fracassés soient éparpillés en éclat. Venez, fille du Soleil, enchanteresse Circé , répandez vos funestes poisons , perdez-les eux et leurs ouvrages. Venez aussi, Chiron, venez avec tous vos Centaures, ceux échappés aux bras vengeurs d'Hercule et ceux même qui ont péri; que ces travaux soient indignement brisés , que le fourneau s'écroule et qu'eux-mêmes , au milieu de gémissemens inutiles, contemplent ces tristes exploits ; moi , je me réjouirai de ce malheureux désastre. Enfin si quelque imprudent s'approche trop pour regarder ces ravages, que son visage soit la proie des flammes , afin que lous apprennent à respecter la justice!

Page 1