‹ Les Petits Poèmes grecsChapitre 164 sur 395 · PIN · texte numérisé non relu

PIN

toi» l'estime de l'or donl il» regardent la possession comme le plus précieux de tous les biens. C'est en ton honneur, puissante/reinc, que les vaisseaux combattent surja plaine liquide , et que les coursiers excitent les applaudissemens en faisant voler les chars dans l'arène.

II s'est acquis une gloire immortelle, celui qui dans nos combats a yu son front ceint de nombreuses couronnes, récompenses des triomphes que lui ont obtenus la vitesse de ses pieds, la vigueur de son bras. La force est un don que l'homme ne doit qu'à la bienveillance des dieux ; mais il est deux avantages donl nous pouvons tous jouir et qui seuls font épanouir et fécondent la fleur de notre vie : fortune et sagesse , vous avez tout si vous possédez ces deux biens. N'aspirez donc point à devenir un Jupiter; mortel, contentez-vous de ce qui convient aux mortels.

Deux fois, ô Phjlacidas ! les jeux de l'Isthme ont couronné la valeur ; IN'éméc l'a vu ainsi que Ion frère Pj théas remporter la victoire au pancrace... Cependant mon cœur ne serait pas satisfait si je n'associais dans mes chants le nom des Éacides à vos noms glorieux ; ce sera encore en votre faveur, 0 fils de Lampon ! que je viendrai à la suite des Grâces dans Éginc , siège de la justice et des lois. Si les héros que celle illustre cité a produits ont constamment fait de la gloire, présent des dieux , le but de leurs efforts et de leurs vœux, pourquoi porterait-on envie aux chants que je leur adresse , comme la récompense de leurs nobles travaux? La renommée fut de tout temps le prix après lequel ont soupiré les plus vaillans guerriers. Que leurs vertus aienl été chantées au son des flûtes et des lyres, ils ont été satisfaits; objets de vénération pour tous les mortels, ils ont fourni par la volonté de Jupiter une abondante matière aux louanges des sages.

C'est ainsi qu'aux pompeuses solennités de l'Elolie, on se platt à nommer les valeureux enrans d'OEnée; à Thèbes, Jolas habile à conduire les coursiers reçoit un public hommage; Perséc est honoré à Argos; Castor et Pollux entendent célébrer leur valeur sur les bords de l'Eurotas ; dansOEnone, on exallc la magnanimité d'Eaque et de ses fils qui deux fois saccagèrent la cité de Troie , d'abord avec Hercule , ensuite sous la conduite des fiers Atrides.

Maintenant, 0 ma Muse! élance ton char au-

dessus delà terre-, dis- moi sous quels coups succombèrent et Cycnus et Hector et l'intrépide Memnon, chef des Ethiopiens ; quel héros, sur les rives du Caïcus , perça de son javelot le vaillant Télèphe : rappelle-moi ces grands hommes à qui loules les bouches publient qu Êginc donna le jour.

Depuis longtemps celle cité fameuse s'est élevée par ses vertus, comme une tour qui | porte son faite dans les nues ; aussi esl-elle souvent le but vers lequel ma Muse, juste dispensatrice de la gloire, a mille traits à lancer. Salaminc, berceau d'Ajax, sauvée par ses flottes , ne fut-elle pas témoin de la bravoure de ses peuples, dans ce terrible combat où une multitude aussi serrée qu'une pluie orageuse tomba sous leurs coups comme les feuilles sous les coups de la grêle.

Toutefois, 6 ma Muse, que les louanges soient réservées et circonspectes -, car c'est du puissant matlre de toutes choses, c'est de Jupiter que viennent également aux mortels et leurs biens et leurs maux. Mais les victoires des athlètes et leurs combats, ma lyre peut les célébrer sans crainte; les chants des poètes sont, pour le triomphateur, aussi délicieux que le miel. Pourra-l-il se présenter dans l'arène el ! se flatter de l'espoir d'une couronne , l'athlète : qui connatt la famille des Cléoniens ? Non : les | travaux des héros qu'elle a produits ne sont point enveloppés de ténèbres-, et les Irésors qu'a prodigués leur générosité ont mis pour jamais leurs espérances à l'abri des revers dans nos combats.

C'est à Pythéa8 , en finissant , que j'adresse mes louanges ; c'est lui qui , en matlre habile , parmi tant de robustes athlètes, a exercé les membres de Philacidas et a développé en son disciple celte vigueur et celle égalilé d'âme garans de la victoire. Apporte donc, ô ma Muse! la couronne et les bandelettes destinées I au vainqueur; et fais voler vers lui cet hymne que tu viens de m'inspirer en son honneur.

Page 1